Lien vers ce message 13 Mai 2015, 21:54
Par Hugo Jalinière Publié le 13-05-2015 à 15h05 sciencesetavenir.fr

Une vaste étude menée sur près de 28.000 personnes dans 40 pays met en évidence un lien possible entre la préservation des capacités cognitives et une alimentation saine et équilibrée.

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Un régime sain et équilibré privilégiant fruits, légumes, noix et poissons au détriment des viandes rouges, sucres et graisses aurait un effet protecteur sur le cerveau. ©Yann Avril / Biosphoto / AFP


Bien manger pour mieux vieillir. C'est l'enseignement qu'on peut tirer d'une vaste étude parue le 6 mai 2015 dans la revue Neurology. Selon des chercheurs de l'université McMaster à Ontario (Canada), adopter une alimentation saine et équilibrée permettrait de réduire le risque de déclin cognitif lié à l'âge de 24%. Si les effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire d'un régime équilibré de poisson, fruits et légumes et limitant les apports de viande rouge et d'alcool sont déjà bien documentés, ceux sur la santé cérébrale l'étaient moins.

Un score alimentaire attribué aux 28.000 participants

Près de 28.000 hommes et femmes issus de 40 pays différents et âgés de plus de 55 ans ont été suivis pendant cinq ans. Tous présentaient un risque élevé de maladies cardiovasculaires, facteur favorisant l'apparition future d'un déclin cognitif. Leur alimentation a été scrupuleusement observée par les chercheurs qui ont établi une liste des habitudes nutritionnelles de chacun : viande rouge , poisson, fruit et légume, protéine végétale, friture, alcool, etc. C'est notamment en utilisant une échelle reconnue relative à la qualité de alimentation, l'Alternative Healthy Eating Index (AHEI), que les chercheurs ont pu établir un score alimentaire attribué à chaque participant.

Le score du AHEI établi par l'université d'Harvard est fondé sur les apports alimentaires en fruits, légumes, noix, soja, fibres, en acides gras, sur le ratio de viande blanche par rapport à la viande rouge, le ratio d’acides gras polyinsaturés par rapport aux acides gras saturés, la prise d’alcool et la consommation à long terme de multivitamines.

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Représentation pyramidale de l'Alternative Healthy Eating Index (© Harvard University).

Une piste pour réduire la prévalence des déclins cognitifs ?

Par ailleurs, au long de ces cinq années de suivi, les participants ont été soumis à des tests évaluant leurs capacités intellectuelles et leur mémoire. Une première série réalisée au début de l'étude, puis deux ans après, et une troisième à la fin du suivi. À l'issue de l'étude, 4.699 cas de déclin cognitif ont été détectés par le biais de ces tests. En répartissant ces cas selon les scores d'alimentation des participants, les chercheurs ont établi que le risque était moindre chez ceux qui mangeaient le mieux. Par exemple, les 20% de participants ayant l'alimentation jugée la plus saine avaient un risque de déclin cognitif estimé à 13,8% à cinq ans, contre 18% pour les 20% ayant les habitudes alimentaires les moins bonnes. La différence peut certes paraître minime, mais pour les chercheurs, ces résultats montrent qu'améliorer "la qualité nutritionnelle de l'alimentation représente un objectif potentiellement important en vue de réduire le nombre croissant de démences liées à l'âge" dû au vieillissement de la population. "Adopter une bonne hygiène alimentaire débute probablement précocement dans la vie et une alimentation saine peut aussi aller de pair avec l'adoption d'autres comportements sains", souligne Andrew Smyth, co-auteur de cette étude.
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 13 Mai 2015, 21:55  
 

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