Lien vers ce message 04 Juillet 2014, 20:53
« Mettre fin aux crimes sexuels contre les civils, méthode de guerre dans la République démocratique du Congo ».
Cet appel est l’une des principales clauses de la déclaration signalant la nécessité de l’institution d’un tribunal pénal international pour les crimes dans ce pas signée récemment par 52 femmes politiciennes et ombudswomen. http://cdn.ruvr.ru/2013/08/24/1200341784/16h_01148852.jpgIl convient de mentionner parmi les signataires du document les ex-ministres du gouvernement français Rama Yade et Roselyne Bachelot, Ingrid Betancourt, candidate au poste de président de Colombie en 2002 qui a été pendant six ans otage des partisans colombiens dans la jungle sud-américaine. La déclaration initiée par l’avocate congolaise Me Hamuly Rély a été adressée, entre autres, au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, ax présidents français et américain François Hollande et Barack Obama et au chef de la Commission de l’UA Nkosazana Dlamini-Zuma. Après le massacre et le génocide ethnique au Rwanda, voisin de la République démocratique du Congo à la fin du 20ème siècle l’ONU a institué le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Son mandat expire en 2014 et il a fait, de l’avis général, un grand apport à l’établissement de l’ordre dans ce pays.
« Pourquoi la République démocratique du Congo a besoin d’un tel Tribunal ? Pour reprendre l’expression employée dans le préambule à la déclaration, s’il est décliné, « ce serait une discrimination à l'égard de la femme congolaise, un déni de justice internationale ainsi qu'un encouragement à commettre le « génocide » ou « fémicide » ? La chef du département international de la Fédération internationale des droits de l'homme Karine Bonneau a dit à ce sujet par téléphone à notre correspondant ….
Ces derniers temps, d’après les données du Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU, les crimes sexuels contre les femmes et les jeunes filles ont pris une ampleur sans précédent au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo. 705 viols y compris de 288 enfants et de 43 hommes ont été enregistrés dans la province depuis janvier. Près de la moitié des crimes ont été commis par les personnes armées. 105 faits ont été révélés pendant une période analogue de 2012. Ce ne sont que les statistiques officielles. Les femmes violées n’ont pas le plus souvent de possibilité de s’adresser aux organes de l’ordre. Un commentaire de l’ombudswoman congolaise Justine Masika Bihamba, coordinatrice de l’ONG fondée avec sa participation« La Synergie des femmes contre les violences sexuelles ». Les extraits de sa vaste interview accordée à la journaliste Denise Epote à la chaîne de télévision TF5 ont été diffusés sur Youtube.com
Justine Masika raconte que la présence d’un contingent de plusieurs milliers de casques bleus de l’ONU dans la province ne renforce pas, loin s’en faut, la sécurité des femmes. Les responsables du contingent sont loin, en Europe, et les chefs locaux ne prêtent pas attention aux avertissements. Selon Justine Masika, parfois les casques bleus attaquent et violent eux aussi les femmes. Les soldats de l’armée gouvernementale en font de même. La communauté mondiale a envoyé les forces de sécurité au Kivu mais elles luttent contre les conséquences de la situation qui s’est créée au lieu d’éliminer les causes de l’arbitraire qui règne dans la province, de la violence à l’égard des habitants locaux.

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