Lien vers ce message 04 Avril 2015, 23:54
Publié le 04-04-2015
Par RFI


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Dans le nord du Burundi au moins 500 personnes se sont réfugiés au Rwanda sous la pression des élections approchant.
AFP PHOTO/Carl DE SOUZA


Depuis quelques jours, des Burundais se réfugient au Rwanda. Ils affirment craindre pour leur sécurité et se disent menacés par les Imbonerakure, les membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, régulièrement accusés d'exactions sur la population. Une fuite qui semble illustrer la tension de plus en plus forte à l'approche des élections générales de juin prochain au Burundi. Pour l'instant, ces plus de 500 réfugiés sont regroupés dans des camps de transit du pays comme dans celui du Bugesera.

Par petits groupes, les réfugiés prennent possession des maisons délabrées du centre de transit. Les femmes balaient le sol avec des branchages. Les hommes calfeutrent tant bien que mal les fenêtres avec des briques et du tissu.

Toutes les personnes interrogées disent venir de la province frontalière de Kirundo et avoir traversé clandestinement la frontière suite aux menaces de membres dela ligue des jeunes du parti au pouvoir. Miburo est arrivé ce vendredi avec sa famille : « Ils me menacent parce que je ne suis membre d'aucun parti politique. Ils disent que je suis contre eux et qu'à n'importe quel moment je pourrais être tué. »

Danger ou mouvement de panique ?

Un peu plus loin, Solange Uwizeyimana, une jeune femme de 20 ans, se présente comme étant de l'ethnie twa. Elle assure que les Twa et les Tutsi sont accusés d'être des opposants. « On m'avait déjà menacé, explique-t-elle. Mais hier à la radio, j'ai entendu que des armes ont été distribuées aux Imbonerakure et aux militaires démobilisés pour torturer puis tuer ceux qui s'opposent à ce que le président Nkurunziza reste au pouvoir. »

Près d'un autre abri de fortune, Marceline Mpawenimana 55 ans, est assise à même le sol devant une marmite de maïs avec ses deux enfants : « Lorsque j'ai vu que mes voisins fuyaient. J'ai eu peur. J'ai donc décidé de fuir aussi pendant la nuit. »

Danger réel ou mouvement de panique ? Difficile à dire. En tout cas, une trentaine d'enfants non accompagnés ont été recensés par les autorités. Et ce vendredi en fin de matinée d'autres Burundais, barda sur la tête, continuaient de franchir l'entrée du centre.

 

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