Lien vers ce message 02 Juillet 2014, 18:18
Le président russe Vladimir Poutine estime que les problèmes des banques françaises aux États-Unis sont un moyen pour Washington de faire pression afin que Paris renonce à livrer des navires de guerre Mistral à la Russie.

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/07/01/PHOc7ad8f3e-014e-11e4-b899-773ce7854b6c-805x453.jpgVladimir Poutine en défenseur de l'indépendance de la France? Le président russe a estimé mardi que les problèmes des banques françaises aux États-Unis résultaient de pressions américaines pour que Paris renonce à livrer des navires de guerre Mistral à la Russie. «Nous sommes au courant de la pression que nos partenaires américains exercent sur la France pour qu'elle renonce à la livraison des Mistral en Russie», et qu'on lui a fait comprendre que si elle y renonçait «les sanctions sur les banques seraient levées ou réduites». «Comment peut-on qualifier cela autrement que de chantage?», a-t-il demandé dans un discours de politique étrangère. «Ce qu'on fait en ce moment aux banques françaises, cela ne provoque que de l'indignation en Europe et chez nous aussi», a-t-il insisté.
La livraison, prévue à l'automne, de deux navires de guerre de type Mistral, suscite des tensions entre Paris et ses alliés. Le président américain Barack Obama avait encore exprimé début juin son «inquiétude» sur le maintien de tels contrats au moment où la Russie «a violé la loi internationale» en rattachant à son territoire la péninsule ukrainienne de Crimée. Début juin, Vladimir Poutine avait mis la France en garde contre une annulation du contrat en soulignant que si la France décidait de l'annuler, Moscou exigerait des dédommagements, et que cela pourrait mettre en danger l'ensemble de la coopération militaire entre la France et la Russie. Depuis, la France a assuré qu'elle remplirait le contrat et 400 marins russes sont arrivés lundi à Saint-Nazaire, port français où sont fabriqués ces navires, pour se familiariser avec leur fonctionnement.
L'Europe «otage d'approches idéologiques et à courte vue»

Ce mardi, le président russe faisait clairement référence à la banque française BNP Paribas, qui a reconnu la veille avoir réalisé des opérations en dollars avec des pays sous embargo économique des États-Unis, Cuba, l'Iran et le Soudan, et accepté de régler une amende record de 8,9 milliards de dollars pour échapper à des poursuites pénales. Outre BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole risquent également d'être mises à l'amende par les autorités américaines.
«De plus en plus de responsables politiques et économiques européens comprennent qu'on veut tout simplement utiliser l'Europe dans l'intérêt d'une partie tierce, qu'elle devient l'otage d'approches idéologiques et à courte vue», a par ailleurs déclaré Vladimir Poutine. Pour lui, «il s'agit de fissurer l'alliance entre l'Europe et les États-Unis», estime Dmitri Trenine, de l'antenne russe du Centre Carnegie. Sur cet axe, le président russe a ainsi choisi de miser sur la France, traditionnellement plus distante du leader américain au sein de l'Otan, et qui s'est retrouvée en position délicate après avoir conclu avec le Kremlin ce contrat sur les Mistral.

LeFigaro
 

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