Lien vers ce message 02 Juillet 2014, 18:50
L'armée assure avoir démantelé une cellule de renseignement liée à la secte islamiste Boko Haram, qui a revendiqué l'enlèvement de plus de 200 jeunes filles en avril dernier.

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/07/01/PHOecba8a16-013f-11e4-b899-773ce7854b6c-805x453.jpgLe suspect aurait «participé activement» à l'enlèvement des lycéennes nigériannes par la secte islamiste Boko Haram. le 14 avril dernier. Les autorités du Nigeria ont affirmé lundi soir avoir démantelé une «cellule de renseignement» dirigée par un homme d'affaires, espion présumé à la botte des islamistes.
Identifié comme s'appelant Babuji Ya'ari, l'homme était officiellement membre d'un groupe d'autodéfense pro-gouvernemental, communément désigné par le nom de Force supplétive civile d'intervention (Civilian JTF). Mais cette couverture lui aurait en fait permis de dissimuler depuis 2011 son rôle à la tête d'un réseau de renseignement travaillant pour Boko Haram, a fait savoir dans un communiqué le porte-parole des armées, Chris Olukolade. Selon ce dernier, le suspect aurait ainsi aidé la secte à préparer plusieurs attentats, dont l'assassinat d'un chef traditionnel, l'émir de Gwoza, le 30 mai dernier dans l'Etat de Borno (nord-est). Mais aussi le rapt des jeunes filles, il y a trois mois à Chibok, dans l'est du pays.
L'arrestation de Babuji Ya'ari aurait facilité l'interpellation de deux autres membres de cette «cellule». Deux femmes. L'une est accusée d'avoir coordonné le financement d'opérations menées par Boko Haram. Arrêtée alors qu'elle tentait de s'enfuir, elle a révélé lors de ses aveux qu'au moins 10.000 Nairas nigérians (environ 45 euros) étaient versés à chaque agent en fonction de l'ampleur de sa tâche, indique le communiqué de Chris Olukolade retranscrit par le journal nigérian The Vanguard. Une autre suspecte interpellée remplissait les fonctions d'armurière et d'espionne pour le compte du groupe islamiste armé.
Des informations à confirmer

De sources officielles, sur les 276 écolières enlevées, 57 ont été retrouvées, et 219 sont toujours portées disparues. Les informations délivrées lundi soir par l'armée méritent toutefois confirmation de source indépendante. Car les autorités, très critiquées pour leur gestion de l'enquête depuis l'enlèvement des jeunes filles, sont sous pression. Et la mobilisation internationale en soutien aux lycéennes, relayée sur les réseaux sociaux, n'a fait qu'accroître cette pression. Il y a un mois déjà, le chef de l'armée de l'Air nigériane, Alex Badeh, assurait savoir où se trouvaient les jeunes femmes, sans en dire davantage pour ne pas les mettre en danger. «Personne ne doit venir nous dire que l'armée nigériane ne sait pas ce qu'elle fait. Nous savons ce que nous faisons. Nous ne pouvons pas nous lancer comme ça» et prendre le risque «de tuer nos filles alors que nous souhaitons les libérer», avait-il lancé devant la foule. Depuis, plus aucune nouvelle.
Alors que le silence demeure sur le sort des jeunes filles, les islamistes de Boko Haram, accusés d'avoir tué plus de 1.500 personnes rien qu'en 2014, continuent de s'en prendre à la population. Une attaque d'églises attribuée à la secte dimanche dernier près de Chibok a fait, de source officielle, 54 morts. Une bombe a également explosé ce mardi sur un marché de Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, faisant au moins 20 morts.
Le président François Hollande s'est entretenu mardi au téléphone avec son homologue nigérian Goodluck Jonathan, lui exprimant la «solidarité de la France» après cette série d'«actes ignobles» perpétrés dans son pays. «Les présidents ont fait le point sur les actions menées conjointement pour localiser les jeunes filles enlevées. (…) Une cellule régionale de fusion de renseignements a ainsi été mise en place et permettra à terme de rendre plus efficaces la riposte internationale contre Boko Haram et notamment la recherche des jeunes filles prises en otage», ajoute la présidence française dans un communiqué.

LeFigaro
 

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