Lien vers ce message 02 Juillet 2014, 14:44
Les chefs de recel de violation du secret professionnel, corruption active et trafic d'influence actif ont été retenus contre l'ex-président, soupçonné d'avoir tenté d'obtenir des informations confidentielles sur une enquête le concernant. Trois autres personnes sont aussi mises en examen.

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/07/02/PHO3daffb96-01a8-11e4-a4d3-dd1bb333bf4a-805x453.jpgAprès quinze heures de garde à vue dans les locaux de l'office anti-corruption - une première pour un ancien chef de l'Etat -, Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi. Les chefs de recel de violation du secret professionnel, corruption et trafic d'influence actifs ont été retenus contre l'ex-président par les juges du pôle financier de Paris. Ces délits sont passibles de peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison. Il n'a pas été soumis à un contrôle judiciaire. Un peu plus tôt dans la soirée, trois autres personnes ont également été mises en examen par ces mêmes juges d'instruction: l'avocat de l'ancien président, Me Thierry Herzog, le haut magistrat Gilbert Azibert et un autre avocat général à la Cour de cassation, Patrick Sassoust, qui n'a toutefois pas été présenté aux juges. Pour des raisons déontologiques, Thierry Herzog ne pourra pas représenter Nicolas Sarkozy dans cette affaire, puisqu'il est également mis en cause. Mais l'ex-président sera défendu par un proche de l'avocat pénaliste, Me Pierre Haik.
Les juges d'instruction cherchent à établir si l'ancien chef de l'Etat a tenté d'obtenir des informations couvertes par le secret de l'enquête auprès de Gilbert Azibert sur une décision de justice le concernant, en échange de la promesse d'une intervention pour un poste de prestige à Monaco. La Cour de cassation devait alors se prononcer sur la saisie dans l'affaire Bettencourt des agendas de Nicolas Sarkozy, susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur d'autres dossiers. Dans le dossier Bettencourt, Nicolas Sarkozy avait été mis en examen avant de bénéficier d'un non-lieu.
A l'origine, son placement sur écoute

A l'origine de l'affaire, son placement sur écoutes en septembre 2013 dans l'enquête sur les accusations, pour l'heure non étayées, d'un financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne victorieuse de 2007. Dans ce dossier libyen, plusieurs de ses proches avaient d'abord été placés sur écoute: les anciens ministres Claude Guéant et Brice Hortefeux, mais aussi Michel Gaudin, ancien patron de la police nationale et ex-préfet de police de Paris. Ce dernier, devenu son directeur de cabinet après la défaite de 2012, entretient au printemps 2013 plusieurs conversations qui interpellent les enquêteurs. Il semble vouloir, en vain, se renseigner sur l'enquête libyenne auprès d'un responsable policier. Les juges décident de placer à son tour l'ex-président sur écoute, en particulier le téléphone qu'il utilise sous l'identité d'emprunt de Paul Bismuth pour converser avec Me Herzog. Or, des échanges entre les deux hommes peuvent laisser croire qu'ils ont cherché à obtenir des informations confidentielles auprès de Gilbert Azibert. «Ces faits ne reposent que sur des écoutes que nous contestons et dont la légalité sera fortement combattue, a estimé le conseil de Thierry Herzog, Me Paul-Albert Iweins. Nous allons nous battre.»
Ces développements judiciaires interviennent au moment où les rumeurs sur sa volonté de prendre à l'automne la tête du parti de droite UMP se font de plus en plus précises. Si quelques sarkozystes avaient dénoncé dans la journée son placement en garde à vue, aucun ténor de droite n'est monté au créneau pour le défendre. Outre les dossiers de financement libyen et de trafic d'influence présumés, le parquet de Paris a confié à des juges financiers une enquête sur le financement de la campagne de 2012 de Nicolas Sarkozy. Ses meetings semblent avoir été en grande partie financés par l'UMP afin de masquer un dépassement du plafond des dépenses de campagne autorisé par la loi.

LeFigaro
 

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