Lien vers ce message 01 Juillet 2014, 12:35
Les juges ne lâcheront pas leur proie. L'ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, est arrivé tôt mardi matin au siège de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine). Il a été placé en garde à vue dans l'affaire de trafic d'influence présumé, soulevée après son placement sous écoute des mois durant. Ce qui constitue une première dans les annales judiciaires françaises. Les enquêteurs soupçonnent l'ancien chef de l'État d'avoir tenté d'obtenir illicitement, via son avocat Me Thierry Herzog, des informations couvertes par le secret de l'instruction.

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/06/30/PHObc64a4ec-0076-11e4-b43c-45fe4fe61545-805x453.jpgC'est une première: un ancien président de la République en garde à vue. Nicolas Sarkozy est arrivé mardi matin dans les locaux de police judiciaire à Nanterre. Il est interrogé par les enquêteurs de l'office anti-corruption dans une affaire de trafic d'influence présumé.

Déjà, depuis lundi, les enquêteurs de l'office anticorruption de la PJ ont placé en garde à vue Me Thierry Herzog, le propre avocat de l'ex-président, mais aussi deux hauts magistrats, Gilbert Azibert, ex-avocat général à la chambre civile de la Cour de cassation, et Patrick Sassoust, qui tient les mêmes fonctions à la chambre criminelle de cette haute juridiction.

• Que cherchent à savoir les enquêteurs?

La garde à vue de Nicolas Sarkozy s'inscrit dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 26 février dernier. Cette dernière porte sur un possible trafic d'influence et une éventuelle violation du secret de l'instruction. Les soupçons des enquêteurs s'appuient notamment sur des écoutes téléphoniques dont l'ancien chef de l'État faisait l'objet. Cette décision avait été prise en septembre 2013 dans le cadre d'une autre affaire: celle du financement de la campagne présidentielle de 2007.
Dans le présent dossier, les hommes de l'office anticorruption de la PJ cherchent à savoir si Nicolas Sarkozy a cherché, avec l'appui de son avocat, Me Thierry Herzog, à obtenir des informations auprès d'un haut magistrat dans l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, en contrepartie d'une nomination à un poste prestigieux. Une autre question se pose aux enquêteurs: le chef de l'État était-il au courant de sa mise sur écoute?

• Qui est concerné par cette procédure?

Lundi, Thierry Herzog et deux hauts magistrats étaient déjà entendus par les enquêteurs. Leurs gardes à vue ont été reconduites de 24 heures. Gilbert Azibert, avocat général de la Cour de cassation, et l'avocat de Nicolas Sarkozy avaient déjà vu leurs domiciles et leurs locaux professionnels perquisitionnés début mars. Le téléphone portable et du matériel informatique avaient été saisis chez l'avocat.
Thierry Herzog était lui aussi sur écoute mais «par ricochet», les avocats étant protégés par le secret professionnel. C'est lors de discussions téléphoniques avec son client que serait apparu le nom de «l'ami Gilbert». Les juges suspectent l'avocat général de la Cour de cassation d'avoir tenu informé Nicolas Sarkozy sur une décision de la haute juridiction. Celle-ci était appelée à se prononcer sur la saisie des agendas de l'ex-président dans l'affaire Bettencourt. En fin de carrière, le haut magistrat aurait en contrepartie espéré en tirer parti pour obtenir un poste prestigieux à Monaco.
On sait assez peu de choses sur le rôle qu'a joué Thierry Sassoust. Il est lui aussi également avocat général à la Cour de cassation. Il est affecté à la chambre criminelle, chargée du dossier Bettencourt. Selon Mediapart, il a auparavant été le subordonné de Gilbert Azibert à la cour d'appel de Bordeaux entre 2007 et 2008.

Source: LeFigaro
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 01 Juillet 2014, 12:41  
 

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