Lien vers ce message 20 Mars 2015, 19:33
Publié le 20.03.2015 à 13:03
Faustine Vincent 20 Minutes


40% d'entre eux s'en méfient. Cette défiance touche surtout les milieux sociaux favorisés...

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Lille, le 11 octobre 2013. Vaccination contre la grippe saisonniere a l'Institut Pasteur de Lille avec le vaccin Vaxigrip das laboratoires Sanofi Pasteur MSD. - M.Libert/20 Minutes


Les vaccins sont-ils vraiment efficaces? Ne sont-ils pas dangereux? Encore minoritaire il y a dix ans, le mouvement des «anti-vaccin» a connu ces dernières années une forte progression en France, au grand dam des autorités. La méfiance de la population face aux vaccins est ainsi passée de 10% en 2005 à 40% en 2010, d'après l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé.

La vaccination obligatoire d'un enfant est conforme à la Constitution selon le Conseil constitutionnel

Comment a-t-elle pu prendre une telle ampleur? Moins puissant qu’aux Etats-Unis, où près d’un parent sur dix ne vaccine plus ses enfants, le mouvement anti-vaccin s’est développé ces dernières années en France principalement grâce au relais d’Internet et des réseaux sociaux.
Les forums de sites de santé grand public regorgent de discussions faisant état d’interrogations sur l’intérêt des vaccins. A l’image de cet internaute de Doctissimo qui «[a] décidé d'utiliser [son] ami google pour rechercher ses fichues études officielles prouvant la réelle utilité des vaccins».

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«On voit de plus en plus de parents qui arrivent en disant qu'ils ne veulent aucun vaccin ou alors seulement certains», déplore le Dr Robert Cohen, un pédiatre qui coordonne le réseau d'information sur les vaccinations Infovac. Il reconnaît toutefois que les refus complets sont pour l'instant très minoritaires. Selon Daniel Floret, président du Comité technique de la vaccination, «le taux d’immunisation des jeunes enfants se maintient à 95%, ce qui nuance la portée de ces polémiques».

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Polémique sur certains vaccins

Le soupçon s’est diffusé à la faveur des polémiques sur certains vaccins. «Les gens sont devenus réticents à cause de l'attitude des médecins qui nient en bloc les effets secondaires des vaccins et qui, comme les pouvoirs publics, sont encore souvent trop liés aux labos», avance Jacques Bessin, militant anti-vaccin et président de l’Union nationale des associations citoyennes de santé (Unacs).

Accusé de favoriser diverses maladies neurologiques, le Gardasil - qui vise à prévenir le cancer du col de l'utérus - est l’un des vaccins les plus contestés à l’heure actuelle. La mauvaise gestion de la grippe pandémique A(H1N1) de 2009 a aussi largement nourri la suspicion, en aboutissant à vacciner des millions de gens alors qu’elle s’est révélée beaucoup moins agressive qu’annoncé.

Le fait que certains vaccins soient obligatoires et d’autres seulement «recommandés» brouille également le message. Au point que des voix s’élèvent pour en finir avec l’obligation de vaccination. «Face aux rumeurs et aux craintes infondées qui circulent, il nous semble que l’obligation peut être contre-productive, en donnant à penser, à tort, que les autres vaccins sont moins importants», estime ainsi Daniel Floret.

La méfiance touche surtout les milieux favorisés

La méfiance des Français envers les vaccins est récente. Selon le sociologue Jocelyn Raude, elle remonte aux années 1990 et touche en priorité les milieux sociaux favorisés (cadres moyens, professions paramédicales), qui sont aussi plus attirés par les médecines parallèles. «Ils se posent beaucoup de questions et s’approprient des éléments de controverses sans forcément les maîtriser complètement», dit-il.

Pourtant, cette méfiance «n'est pas justifiée», selon Christian Bréchot, directeur général de l’Institut Pasteur. «Elle a permis d'éradiquer des maladies infectieuses et c’est l’un des grands facteurs explicatifs de l'allongement de l'espérance de vie». Il note qu’un «pourcentage infime de personnes peut, pour des raisons génétiques, faire un accident dû au vaccin». Mais pour lui, comme pour les autorités sanitaires, la vaccination a été et reste l'un des principaux piliers de la prévention.
 

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