Lien vers ce message 30 Juin 2014, 7:59
Depuis vingt ans, les métastases du génocide rwandais empoisonnent le Congo : dans la foulée de l’Opération Turquoise, en juillet août 1994, c’est une véritable armée de soldats et de miliciens qui, après avoir exterminé les Tutsis du Rwanda, se sont transportés dans la province frontalière du Kivu.

http://u.jimdo.com/www27/o/sab82ff30b53993fb/img/ib4f12e26edd8ea71/1298903613/std/image.jpgLeur présence a provoqué deux guerres, menées directement par le Rwanda, suscité la création de plusieurs groupes armés (dont le dernier en date, vaincu en novembre dernier était le M23) des groupes dont l’une des vocations, outre le pillage des ressources, était aussi de surveiller la frontière pour empêcher les infiltrations des rebelles hutus des FDLR (Forces armées pour la libération du Rwanda). La présence de ces hommes empreints de l’idéologie du génocide (quel que soit leur âge…) s’est aussi traduite par des violences sexuelles d’une cruauté sans précédent dont des dizaines de milliers de femmes congolaises ont été victimes, une violence qui a fini par se répandre dans le milieu comme une épidémie…
http://www.convergencepourlemergenceducongo.org/wp-content/uploads/2014/04/souffrir-sur-sa-terre-300x200.jpgDepuis des années, tous s’accordent pour reconnaître que la présence des FDLR est le principal défi à la paix dans la région et depuis novembre dernier, leur mise hors d’état de nuire est présentée comme le premier objectif d’une Monusco renforcée, venant en appui des forces congolaises.
Mais au lieu d’affronter le problème avec des moyens appropriés, on assiste à bien des manœuvres dilatoires : alors que Kigali considérait la lutte contre les FDLR comme une priorité, les premières offensives contre les groupes armés ont visé les rebelles d’origine ougandaise dans le Nord du pays et aujourd’hui, tout est mis en œuvre pour convaincre ces groupes d’accepter d’être désarmés pacifiquement.
Comme ces hommes au lourd passé refusent d’être rapatriés au Rwanda où la justice les attend et où le dialogue politique exigé par leurs chefs est refusé, c’est le cantonnement au Congo qui est envisagé. Temporaire, sous haute surveillance, assurent les autorités qui jurent que d’autres provinces du Congo et des pays tiers seront sollicités pour accueillir définitivement ces indésirables. Comment les croire ? Qui, au Congo, ignore la menace que ces gens représentent ? Qui, dans les pays voisins, peut souhaiter les voir s’installer à proximité des populations locales ? Et comment imaginer que ces hommes habitués aux régions montagneuses du Rwanda ou du Kivu, dotées de ressources minières abondantes et faciles à extraire, surtout quand on n’hésite pas à faire usage de la force, accepteront jamais de refaire leur vie dans des zones désertiques ou tropicales?
http://www.convergencepourlemergenceducongo.org/wp-content/uploads/2014/04/orphelin.jpgLa seule solution durable, c’est de ramener ces gens, de gré ou de force, dans leur pays d’origine, le Rwanda, qui en a déjà accueilli bien d’autres, les a réinsérés, parfois même les a laissés repartir au Congo et doit être définitivement privé d’arguments pour intervenir encore et toujours dans le pays voisin.
Certes, des réfugiés doivent avoir le droit de choisir entre le rapatriement ou l’exil dans un pays tiers. Mais après tant de crimes, peut-on encore parler de réfugiés au sens strict? Et comment croire que ces cantonnements provisoires au Kivu ne deviendront pas définitifs pour les plus récalcitrants ? Dans ce cas, la population fera les frais, une fois de plus, d’une solution trouvée au bénéfice du pays voisin. Aurait on l’idée d’installer Marc Dutroux, au terme de sa peine, dans le pensionnat des Dames de Marie ? Il n’y a qu’au Congo que de telles injures aux victimes sont envisageables.

Source: Le Carnet de Colette Braeckman
 

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