Lien vers ce message 07 Mars 2015, 23:06
Publié le 07.03.2015 à 15:03 20minutes

Les Européens ont constaté à Riga leur clivage sur les lourdes sanctions économiques contre la Russie qui arrivent à échéance en juillet, sur fond de débat sur la stratégie à adopter face à Moscou.

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Un homme passe devant un bureau de change à Donetsk le 1er mars 2015 - John Macdougall AFP
© 2015 AFP


Les Européens ont constaté à Riga leur clivage sur les lourdes sanctions économiques contre la Russie qui arrivent à échéance en juillet, sur fond de débat sur la stratégie à adopter face à Moscou.

«Il y a une fragile amélioration» de la situation dans l'est de l'Ukraine déchiré par un conflit qui a fait 6.000 morts en dix mois, a constaté le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius en marge d'une réunion ministérielle de l'Union européenne à Riga vendredi et samedi.

«Mais nous ne sommes pas encore dans une phase de cessez-le-feu durable», a estimé son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier alors que des combats violent encore au quotidien la trêve signée le 12 février à Minsk.

D'autres points de ces accords de paix, comme le contrôle par Kiev de la frontière russo-ukrainienne, un retrait total des armes lourdes de la ligne de front ainsi que l'échange de tous les prisonniers, ne sont pas encore totalement respectés, selon les ministres.

Mais déjà, le débat entre Européens sur la suite à donner aux sanctions économiques, qui interdisent notamment de financer des banques et des géants de l'énergie russes dont Rosneft, a éclaté au grand jour à Riga.

«Il y a une discussion», a reconnu M. Fabius alors qu'une nouvelle réunion des ministres des Affaires étrangères est prévue le 16 mars, avant un sommet des chefs d'Etat à Bruxelles le 19 consacré notamment à la stratégie de l'UE face à la Russie, y compris en matière de sanctions.

Les «faucons», emmenés par la Grande-Bretagne, les pays baltes et la Pologne, veulent un renouvellement anticipé, dès mars, des sanctions afin de maintenir la pression sur la Russie, accusée par les Occidentaux de fournir troupes et armes aux séparatistes, ce que Moscou dément catégoriquement.

«Nous attendrons d'avoir vraiment une désescalade avant de reculer en quoi que ce soit (...) donc elles devront probablement rester en application jusqu'à la fin de l'année», a résumé le ministre belge Didier Reynders.

«Mieux vaut tôt que tard», a estimé le ministre lituanien Linas Linkevicius, l'un des rares Européens favorables à la livraison d'armes à Kiev.

-'Echiquier diplomatique'-

«D'autres disent: +ce serait un peu contradictoire de dire que Minsk est en train d'être appliqué et (malgré cela) on va les prolonger jusqu'à la fin de l'année+», a décrit M. Fabius.

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Parmi les «colombes», l'Espagne, qui estime le coût des sanctions à 21 milliards d'euros pour l'économie européenne, l'Italie, dont le Premier ministre Matteo Renzi a rendu visite à Vladimir Poutine, Chypre ou la Grèce.

Certes, «les sanctions sont un moyen de l'échiquier diplomatique», «mais si on va dans la bonne direction dans l'est de l'Ukraine, il faut aussi réfléchir à (les) renverser», a ainsi fait valoir le ministre luxembourgeois Jean Asselborn.

Ces pays souhaitent attendre juin, voire fin juillet, pour décider s'ils renouvellent ou non des mesures qui pèsent lourdement sur leurs exportations en raison des embargos décrétés par la Russie en rétorsion.

- Vote à l'unanimité -

Mais selon un diplomate à Bruxelles, comme souvent, c'est la chancelière allemande Angela Merkel qui fera pencher la balance dans un sens ou dans l'autre. Et jusqu'ici, Berlin s'est gardé de tout commentaire.

«On trouvera une solution», a assuré Laurent Fabius alors que la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini s'emploie à chaque conférence de presse à nier toute division entre Européens.

«Il y a de vraies inquiétudes sur le fait que certains pourraient vouloir jouer solo» en bloquant le vote à l'unanimité requis, s'alarmait un diplomate occidental à Bruxelles cette semaine.

Mais un autre a pointé «l'inertie» de l'UE pour prédire un prolongement jusqu'à début 2016.

«Trouver un accord à 28 pour instaurer ces sanctions a été un processus extrêmement lourd. L'UE est comme un gros paquebot, il y a toujours un délai entre le coup donné à la barre et le changement de cap», a-t-il jugé.
 

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