Lien vers ce message 27 Février 2015, 23:21
Par Loïc Chauveau sciencesetavenir.fr

La compagnie australienne Carnegie vient d’annoncer le premier raccordement mondial au réseau électrique de son système CETO d’exploitation de la houle marine.

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© Carnegie


HOULE. Dans la mythologie grecque, Ceto est une divinité marine dont le nom signifiant "gros poisson" a donné le mot cétacé. Au large de Perth, Australie, ce nom a été donné à de grosses bouées solidement accrochées au plancher océanique et dont le roulis produit de l’électricité.

L’idée, développée par la société Carnegie depuis 1999, consiste à transmettre la puissance de la houle à une pompe hydraulique, laquelle projette via des tuyaux de l’eau à forte pression vers des turbines situées à terre. On peut alors soit produire de l’électricité, soit dessaler l’eau de mer en la faisant passer par des filtres de taille nanométriques ne laissant passer que les molécules d’eau (procédé d’osmose inverse). Ceto présente le double avantage de produire 24h sur 24 et d’être très discrète, les bouées étant totalement immergées sous la surface.

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1700 heures de fonctionnement sans accroc

Les ingénieurs australiens ont donc mis quinze ans et élaboré cinq versions de Ceto pour atteindre le stade pré-industriel. Au large de Garden island, dans l’ouest de l’Australie, trois bouées de onze mètres de diamètre ont été immergées et accrochées au sol par un ancrage flexible destiné à résister à la force de la houle. Chaque "Ceto 5" développe une puissance de 240 kilowatts (kW).

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http://referentiel.nouvelobs.com/file/13742813.JPGUne bouée Ceto installée totalement immergée. © Carnegie

RACCORDEMENT. Installée en novembre, la première bouée a déjà 1700 heures de fonctionnement derrière elle. Elle a affronté des états de mer divers et notamment résisté à des vagues de 3,8 m de haut. C’est cette résistance qui a incité l’électricien local à autoriser le raccordement des trois engins à son réseau électrique. Le « Perth wave energy project » s’appuie sur un budget d’environ 30 millions d’euros.

Pour Carnegie, ces trois bouées ne constituent qu’une étape. La société vient également d’annoncer qu’elle avait réuni les fonds nécessaires pour construire une sixième version d’un mégawatt (MW) par bouée (qui sera elle aussi installée au large de Garden Island). Ces "Cito 6" plus productrices sont aussi plus résistantes et peuvent être installées plus loin en mer, là où la houle est plus forte et où les bouées ne gêneront pas les autres utilisateurs des eaux territoriales.

CYCLONE. C’est à cette puissance de 1 MW que "Ceto 6" sera commercialisé, avec comme marché prometteur, l’équipement de petites îles à la recherche de l’autonomie énergétique. L’île de la Réunion a ainsi testé cette technologie, projet expérimental mené par le constructeur naval DCNS et EDF Energies nouvelles. Mais lors du passage du cyclone Bejisa début janvier 2014, les bouées d’une puissance de 150 kW ont rompu leurs amarres et ont été emportés par la houle. Le projet est donc aujourd’hui au point mort.

Voici le principe de fonctionnement de Ceto 6 selon Carnegie :
 

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