Lien vers ce message 13 Février 2015, 21:42
Publié le 13-02-2015
Par RFI


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Une rue de Monrovia, la capitale du Liberia.
Erik Hershman/WIkimedia Commons


La prostitution est déjà un métier à risque en temps normal. Mais durant une épidémie d'un virus hautement contagieux par contact, elle devient une profession extrêmement dangereuse. Au Liberia, l'arrivée d'Ebola a terrorisé les prostituées qui ont déserté les rues le soir. Mais avec la forte baisse du nombre de malades, elles sortent à nouveau.

Quartier Sinkhor, à Monrovia. Dans une ruelle sombre, Patience attend son prochain client. Jean, baskets, de longs cheveux bouclés tombent de sa casquette. Elle a 21 ans et arpente le trottoir depuis un an. Très réservée, elle accepte de se confier : « Quand Ebola était fort, j'avais peur, je restais à la maison, raconte-t-elle. C'était trop risqué, je craignais qu'un homme me touche et me contamine. Mais je suis revenue parce que je n'avais plus d'argent. Maintenant, l'épidémie est moins forte. Je me sens libre d'être avec n'importe qui. »

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Veronica a 21 ans et déjà cinq ans de métier. Longue robe de soirée et cheveux courts, elle accepte de monter dans une voiture pour raconter son histoire. Méfiante, elle demande si c'est un piège. Puis consent à parler de ses méthodes : « Quand je croise quelqu'un, je demande s'il connaît mon travail, explique-t-elle. Puis je précise s'il veut une séance courte ou une nuit entière à 50 dollars. Je préfère aller dans un hôtel parce que certains hommes t'emmènent chez eux et soudain t'accusent de vol pour ne pas payer. Alors que dans un hôtel, je peux alerter le manager, et même appeler la police ! »

Mais avec l'arrivée d'Ebola, Veronica a dû renoncer et quitter la rue : « Avant août, l'épidémie était modérée, indique-t-elle. J'avais peur, mais que pouvais-je faire ? C'est comme ça que je gagnais ma vie. Puis en août, ils ont appliqué le couvre-feu. J'ai dû tout arrêter. Je suis partie en brousse faire des petits boulots. Je suis revenue en novembre quand le nombre de cas a baissé. Ebola est toujours là. Alors j'évite les clients quand j'ai un doute. De toute façon quand tu as Ebola, tu es tellement faible que tu ne peux rien faire. »

Soudain, Veronica repart. Il est bientôt minuit. Il lui reste quelques minutes pour trouver un client avant le début du couvre-feu.
 

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