Lien vers ce message 30 Janvier 2015, 15:29
Publié le 29-01-2015 REUTERS/Tiksa Negeri
Par RFI


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Ouverture du 22e Sommet de l’UA, à Addis Abeba, Ethiopie, le 30 janvier 2014.


Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a réuni ce jeudi 29 janvier, à Addis Abeba, en Ethiopie, une quinzaine de chefs d’Etat parmi lesquels le Sud-Africain Jacob Zuma, le Tchadien Idriss Deby, le Nigérien Mahamadou Issoufou ou encore le Guinéen Alpha Condé. Au menu des discussions, figurent Ebola, Boko Haram et le Soudan du Sud. C’est le président Alpha Condé qui a été le premier à prendre la parole, en tant que président en exercice de ce conseil, pour évoquer la lutte contre Ebola, un sujet qui lui tient à cœur.

Pour la lutte contre le virus Ebola, Alpha Condé a présenté plusieurs défis à relever en mettant l’accent sur une meilleure coordination des efforts, une gestion plus rigoureuse des moyens et un développement des infrastructures sanitaires. Mais il a aussi lancé un nouvel appel à la communauté internationale.

« En raison de l’impact négatif sur l’économie des trois pays éprouvés, le soutien de l’Union africaine et la communauté internationale est vivement sollicité pour l’annulation de leur dette extérieure conformément à l’appel conjoint lancé par l’Union africaine et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique », a déclaré le président Alpha Condé.

La présidente de la Commission de l’union africaine s’est exprimée lors de la session publique, avant le huis clos des chefs d’Etat. Nkosazana Dlamini-Zuma a appelé à plus de solidarité.

« Je voudrais réitérer le soutien de l’Union africaine aux pays affectés et rendre hommage aux dirigeants de ces pays pour leurs efforts afin de mettre fin à cette épidémie. Nous rendons hommage au personnel médical qui travaille dans ces pays mais aussi aux jeunes volontaires - hommes et femmes - originaires de tout le continent qui ont rejoint les missions de l’Union africaine et des organisations sous-régionales au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone. Nous les saluons comme une manifestation de l’esprit panafricaniste et de solidarité. Mais nous appelons aussi, avec insistance, les pays membres de rouvrir leurs frontières, de ne pas stigmatiser ces pays et leurs populations et que les liaisons aériennes internationales reprennent. Mais nous avons espoir ; nous sommes à un tournant. Comme l’a dit l’un des participants à une précédente réunion sur Ebola, l’an dernier, Ebola était à nos trousses et aujourd’hui c’est nous qui pourchassons Ebola », a déclaré la présidente de la Commission de l'Union africaine.

Lutte contre Boko Haram

La lutte contre Boko Haram est le deuxième sujet traité. « Il faut agir », a dit le président guinéen au Conseil.

« L’heure est à la détermination et à la mobilisation des efforts de l’ensemble des pays membres de l’Union africaine. L’Union africaine a donc l’obligation d’appuyer, sans réserve, toute initiative visant à éliminer la secte Boko Haram », a appelé Alpha Condé.

L’initiative sur la table est celle de la force multinationale de la commission du bassin du Lac Tchad. Comment appuyer cette force ? C’est ce que les chefs d’Etat devraient examiner à huis clos.

Le Nigéria est souvent pointé du doigt pour son manque de coopération avec ses voisins ou encore pour l’inefficacité de son armée. Interrogé par RFI, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Aminu Bashir Wali, s’exprime sur ce point.

« Nous remercions la communauté internationale pour le soutien qu’elle nous apporte pour faire face au défi que représente Boko Haram. Les pays de la commission du bassin du lac Tchad se sont mis d’accord sur un nouveau mécanisme appelé la force internationale conjointe. C’est ce qui va être discuté durant ce sommet. Et puis, la même initiative devrait être amenée devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour qu’on puisse vraiment avoir une force conjointe pour lutter contre Boko Haram dans la sous-région. Ce n’est pas que l’armée nigériane ne se bat pas. Elle le fait. Mais quand il s’agit de combattre dans le cadre d’une guerre conventionnelle, c’est une chose. Mais la guérilla - la lutte contre le terrorisme – c’en est une autre. Donc les forces armées conventionnelles ne sont pas particulièrement adaptées pour faire face à ce type de conflit. Aussi, nous devons les former à nouveau pour qu’elles soient capables de faire face à ce type de combat particulier qu’elles n’avaient jamais connu auparavant. Mais l’armée nigériane est capable de faire face et de vaincre Boko Haram », a déclaré le ministre nigérian des Affaires étrangères, Aminu Bashir Wali.

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Le dernier gros dossier concerne la situation au Soudan du Sud qui se détériore. Le rapport d’enquête de l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, sur les violations des droits de l’homme sera examiné, alors que les deux frères ennemis - Salva Kiir et Riek Machar - ont encore échoué, ce jeudi 29 janvier, à se mettre d’accord, malgré trois heures de discussions dans un grand hôtel d’Addis Abeba.
 

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