Lien vers ce message 24 Janvier 2015, 22:30
Publié le 24-01-2015
Par RFI


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Les stigmates des violences liées au projet de loi électorale qui ont secoué la RDC cette semaine.
REUTERS/Rey Byhre


En RDC, le Sénat a amendé la loi électorale. Ce projet polémique à l’origine des violences de cette semaine, est maintenant débarrassé du préalable du recensement avant la présidentielle. Ce dispositif initial faisait craindre à l’opposition et à la rue un report de la présidentielle. Les sénateurs disent avoir entendu les protestations. Reste que ce projet de loi modifié doit maintenant obtenir l’aval des députés qui gardent le dernier mot.

Cris de joie à l’université de Kinshasa, mais aussi dans d’autres quartiers de la capitale. La loi électorale amendée a provoqué un immense soulagement vendredi. Retransmis en direct à la télévision et la radio des milliers de Congolais ont pu suivre l’engagement pris par le président du Sénat Léon Kengo : le recensement ne serait pas un préalable à la tenue des élections.

Le sénateur du parti d'opposition Mouvement de libération du Congo (MLC), Jacques Djoli, membre de la commission de sénateur qui a travaillé sur le texte de loi électorale, explique les changements prévus : « II ne faut pas attendre une opération spéciale d’identification nationale ou de recensement pour organiser les élections. La Céni [la Commission électorale] doit travailler avec les données dont elle dispose à ce moment-là. Et dans tous les cas, l’actualisation ne doit pas toucher aux prescrits, aux délais et aux impératifs de la Constitution, à la matière électorale ou des autres lois électorales. Voilà un peu l’option prise par le Sénat. »

D'ailleurs, la population sait aussi que rien n'est encore gagné. La loi amendée est entre les mains d’une commission paritaire composée de sénateurs et de députés qui vont devoir s’entendre sur une formulation finale. A ce propos, Jacques Djoli fait part de son souhait d'un consensus : « Nous espérons que l’Assemblée va nous suivre pour qu’on puisse trouver un consensus national et faire cesser toute réclamation légitime qui s’oppose à ce moment-ci. »

La bataille pas encore gagnée

L’opération n’a rien d’évident tant les enjeux sont importants. Du côté de la majorité, on insiste pour que l’identification de la population congolaise en âge de voter soit complète avant les élections. Pour les autres, il faut à tout prix éviter que cet aspect puisse bloquer le processus électoral.

Fred Bauma, un des militants de Lutte pour le changement (Lucha), un mouvement de jeunes basé à Goma, avoue rester vigilant : « C’est une petite victoire dans la lutte qui avait été entamée par la population, mais les gens restent mobilisés et attendent la dernière décision pour pouvoir complètement s’apaiser ou bien se mobiliser davantage. »

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Fred Bauma, souligne la difficulté qui attend les parlementaires : « Les membres de l’Assemblée nationale, contrairement aux sénateurs, sont connus pour suivre à la lettre les exigences de leurs autorités morales, des partis politiques. Donc on sait que ça va être une longue lutte pour les sénateurs et quelques députés qui sont contre cette loi-là. C’est pourquoi des gens demandent aux politiciens et à tout le monde, à la communauté internationale, de continuer à faire pression sur les députés et les sénateurs pour que les députés, malgré les pressions, puissent voter une loi qui correspond aux vœux de la population. »

Si la commission paritaire échoue à se mettre d’accord, c’est à l’Assemblée nationale que reviendra le dernier mot. Le président du Parlement, Aubin Minaku, s’est jusqu’à présent montré peu enclin à modifier cette loi électorale. Et ce même après la visite de six ambassadeurs de la communauté internationale. Sur Twitter, vendredi, il a par exemple déclaré : « Il n'y aura pas de Burkina Faso à Kinshasa, arrêtez de rêver ». Avant d’ajouter : « L'opposition ne fera pas imposer son rythme aux institutions. »

 

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