Lien vers ce message 02 Janvier 2015, 0:33
Publié le 31-12-2014
Par RFI


En octobre 2014, le Prix Sakharov 2014 a été attribué au gynécologue congolais Denis Mukwege, pour son travail à l'hôpital de Panzi, auprès des femmes, victimes de viols et autres formes de violence sexuelle, lors de conflits armés, en RDC.

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Photo Radio Okapi/Archives


L'hôpital de Panzi, celui du célèbre docteur Denis Mukwege qui a tant fait pour lutter contre les violences sexuelles dans son pays, a instauré un service minimum. Son personnel est actuellement en train de faire un sit-in devant la direction générale des impôts du Sud-Kivu. Les comptes de l'hôpital ont été saisis et on lui demande de payer des taxes sur des primes perçues par les agents.

L'hopital de Panzi est célèbre dans le monde entier pour son directeur, le docteur Denis Mukwege. Le personnel a organisé un sit-in devant la direction générale des impôts du Sud Kivu et a mis en place un service minimum au sein de l'hôpital pour gérer les cas les plus urgents.

Le docteur Neema Rukungu, coordinatrice de l'assistance médicale aux survivantes de violence sexuelle, fait partie des manifestants. Elle explique les raisons de la colère des agents de Panzi : « A l'hôpital, nous avons fermé les portes. Nous gardons tout de même un service minimum pour les urgences. La direction générale des impôts, le bureau du Sud-Kivu, a saisi les comptes de l'hôpital de Panzi et exige que nous payons des impôts sur la prime locale, alors que sur 5 000 hôpitaux de reférence, tous sont exonérés. Sauf l'hôpital de Panzi. Et c'est pourquoi nous venons devant la DGI pour qu'on nous remette l'argent de l'hôpital. Tout le personnel est là sauf les gens qui assurent le service minimum. Il y a un sentiment de révolte parce que nous travaillons dur et que nous n'avons pas de financement de l'Etat. Nous n'avons pas d'appui. Le personnel est très choqué et très révolté. »

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D'ici la fin de la semaine, l'hôpital de Panzi ne devrait plus pouvoir soigner et nourrir les quelques 500 patients déjà hospitalisés, dont la moitié le sont à la suite de violences sexuelles. La police est intervenue pour disperser les manifestants. « Les policiers nous ont tapé dessus, c'est la confusion la plus totale », vient de confier un personnel soignant à RFI.
 

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