Lien vers ce message 01 Janvier 2015, 8:48
31 janvier 2014

(c) Belga


Depuis son retour au pays en 2003, l’ascension de Moïse Katumbi a été fulgurante. Dopée par un cocktail détonnant mêlant foot, médias et business.

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Dans "L’irrésistible ascension de Moïse Katumbi", documentaire nominé aux Magritte du cinéma ce samedi 1er février à Bruxelles, Thierry Michel dépeint un homme tout en contraste. Dynamique, accessible, beau parleur et «assez riche pour ne pas piller sa province», Katumbi mise sur le social et promet la lune au peuple katangais… auquel il ne manque jamais de distribuer des billets de cent dollars lors de ses bains de foule. Mais il est également présenté comme un populiste incapable de tenir toutes les promesses qu’il profère sur le terrain.

Tel un Berlusconi africain, Moïse Katumbi contrôlerait aujourd’hui sept chaînes de télévision. Un témoin interrogé par nos confrères de MO* explique que, chaque matin, les journalistes se rendent chez son attaché de presse «qui leur raconte comment va se dérouler la journée du gouverneur afin qu’ils puissent la faire passer au mieux à l’écran»…

L’«étoile filante du Katanga» – c’est ainsi que Katumbi se présente sur son site officiel – est aussi le président, depuis 1997, du très populaire TP Mazembe. Un des meilleurs clubs de football africains. «Toutes les grandes entreprises sponsorisent l’équipe […] Cela a pour effet de renforcer les corrélations entre la politique et le monde des affaires. Les syndicats ont le sentiment d’être piégés entre l’Etat et les entreprises minières avec lesquelles il a partie liée», constate MO* qui a récemment enquêté en RDC sur le «système Katumbi».

Chez le gouverneur du Katanga, la frontière entre affaires et politique reste floue. Il affirme avoir cédé ses différentes sociétés à sa famille lors de son élection, mais il tirerait toujours les ficelles en coulisses. L’homme est en tout cas un véritable self-made man à l’américaine. A 17 ans à peine, le jeune Moïse crée sa première société, active dans la pêche. Depuis la fin des années 1980, il multiplie les activités commerciales, œuvrant tour à tour dans l’agro-alimentaire, le secteur minier ou les transports.

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En 1997, il est contraint à l’exil – en Zambie puis en Afrique du Sud – quand l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), cornaquée par Laurent-Désiré Kabila, renverse Mobutu. En Zambie, Katumbi travaillera notamment dans le commerce d’émeraudes, et nouera des liens étroits avec feu le président Frederick Chiluba – lequel fut condamné en 2007 par un tribunal britannique pour avoir détourné 46 millions de dollars de fonds publics.

Après l’assassinat de Kabila en 2001, son fils Joseph prend les rênes du pays. En 2003, il donne son feu vert présidentiel pour le retour au pays de Katumbi. Qui a tout orchestré, en coulisses, pour l’obtenir. L’irrésistible ascension de Moïse peut commencer.

D.Lp (avec Q.N.)
Message édité 2 fois, dernière édition par root, 17 Décembre 2015, 5:07  
 

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