Lien vers ce message 11 Juin 2014, 15:32
La dédiabolisation du Front national a-t-elle trouvé ses limites? Auteur de propos polémiques vendredi dernier, où il promettait une «fournée» à certaines personnalités opposées au FN (dont Patrick Bruel), Jean-Marie Le Pen s'est aussitôt vu désavoué par sa fille, qui a vu dans sa déclaration une «faute politique».

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/06/10/PHO5b4566fc-f0b7-11e3-8565-c88a34b22261-805x453.jpgUne réaction peu goûtée par le président d'honneur du FN… et qui a mis en exergue la position d'équilibriste de Marine Le Pen. Comment doit-elle se positionner vis-à-vis de son père? Pour les internautes du Figaro, l'heure est venue de l'écarter.
S'il refuse le terme de «boulet», Jean-Marie Le Pen ne fait pourtant pas figure d'atout pour le FN, du moins aux yeux des commentateurs. «Il est un handicap pour sa fille», estime ainsi Cypres. Buissonnette le pantin analyse: «Jean-Marie Le Pen est pris au piège de la banalisation qu'exerce sa fille, qui détruit ce qu'il entretient depuis quarante ans.» «Marine Le Pen a placé le FN en tête d'un scrutin, ce qu'il n'a jamais réussi à faire», poursuit claude conte, qui demande: «Ne serions-nous pas face à une rivalité animée par de la jalousie?» Pour imperium, le président d'honneur du FN «met à mal la stratégie de communication et de dédiabolisation» de Marine Le Pen. Il va même jusqu'à voir là les raisons des difficultés encourues par la présidente du FN pour former un groupe au Parlement européen. Kv626n tire une conclusion sans appel: «Aujourd'hui, Jean-Marie Le Pen est le pire ennemi du FN.»
Comment Marine Le Pen doit-elle réagir? Pour roland.dargaud 1, la solution doit être radicale: «Elle doit se montrer ferme et faire comprendre à son père que l'heure de la retraite a sonné.» «En politique, il faut être prêt à tuer père et mère», estime ainsi clairobscur. À en croire Rebel, le moment est même idéal. «Elle vient de placer le FN en tête d'une élection. Elle a maintenant l'autorité indiscutable pour couper le cordon», explique-t-il. Selon mehdimai, écarter Jean-Marie Le Pen est même la seule option pour faire avancer le parti: «Si Marine Le Pen veut vraiment dédiaboliser, il faut qu'elle se démarque, et qu'elle crée un nouveau parti.» «Ce sera l'occasion d'ouvrir une nouvelle ère», complète mouche frite.

Le président d'honneur du Front national assure qu'il «prendra ses responsabilités et donnera ses instructions» lors du prochain congrès du parti, fin novembre à Lyon. Les militants y désigneront les instances du parti: un comité central, un bureau politique et un bureau exécutif.
Le fondateur du Front national âgé de 85 ans dit avoir «appris par l'AFP» que son blog vidéo ne serait plus hébergé sur le site Internet de son parti. «Je n'ai reçu aucune annonce officielle», regrette l'eurodéputé, réélu en mai. «J'attends toujours une confirmation», dit-il. Le père a tenté d'appeler sa fille pendant le week-end: «J'ai laissé un message mais je n'ai pas eu de réponse.» Il prévient: «Le blog va continuer sur mon site Internet. (…) Je m'exprime quand j'ai des choses à dires, (…) j'essaie d'être distrayant.» Il assume son discours: «Je ne sais pas parler la langue de bois ni la langue de coton.»

Interrogé sur la réaction de sa fille, Jean-Marie Le Pen se dit «touché et blessé» mais estime qu'un tel scénario peut survenir «dans toutes les organisations humaines». ajoutant: «La politique, c'est un art supérieur qui mérite des sacrifices.» Il clame être «un homme debout» et assure vouloir laisser «du temps au temps». Il est moins certain de l'avenir de sa fille: «Jusqu'à hier, je l'aurais imaginé le plus brillant possible, (…) mais on peut guérir d'une balle qu'on s'est tirée dans le pied et continuer à courir.»
Le père ne se prive pas d'adresser des piques à sa fille. «En 2002 j'ai fait 17%, en 2012 Marine Le Pen a fait 18%. Le progrès est certain mais léger», lâche-t-il. Il égratigne aussi les proches collaborateurs de la patronne du FN, un «entourage très modeste de deux ou trois personnes». «Je dérange certains, ils auraient aimé me réduire au silence», insiste l'ancien candidat à l'élection présidentielle. A qui pense-t-il? «Aux forces hostiles, à ceux qui s'imaginent ministres», explique-t-il, refusant de donner des noms.
Désormais, Jean-Marie Le Pen est bien décidé à peser autant qu'il le peut dans le parti qu'il a créé en 1972. «Jusqu'à ce que Dieu m'en donne la possibilité.»


Source: LeFigaro
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 26 Juin 2014, 14:36  
 

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