Lien vers ce message 26 Novembre 2014, 22:58
Publié le 26-11-2014

Par RFI


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Le président du Togo, Faure Gnassingbe (G) glisse son bulletin dans l'urne dans une école à Lomé lors des élections législatives togolaises de 2013..
REUTERS/Noel Kokou Tadegnon


Lors d’une visite au Ghana, le président togolais Faure Gnassingbé a annoncé à la presse que la Constitution en vigueur dans son pays serait « rigoureusement respectée ». Des propos qui risquent d’alimenter la polémique, alors que l'opposition appelle le chef de l'Etat à modifier les textes, notamment pour limiter le nombre de mandats avant la présidentielle de 2015.

Voilà quelques petites phrases qui vont provoquer de longs commentaires à Lomé. À la suite de sa rencontre avec le président ghanéen John Mahama, Faure Gnassingbé a répondu aux questions de la presse. Et il a indiqué, concernant son pays, que « la Constitution en vigueur sera(it) rigoureusement respectée ».

« Naturellement, a-t-il déclaré, l’opposition, les partis politiques peuvent avoir une opinion sur telle ou telle chose, mais je crois que ce vers quoi nous devons tous tendre, c’est la stabilité et surtout le respect des dispositions constitutionnelles. » Concernant son éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2015, Faure Gnassingbé a déclaré qu'il voulait « réserver la primeur » de la nouvelle à ses compatriotes si son parti lui faisait confiance.

Opposition choquée

Faut-il déduire de ces propos que le président togolais ferme la porte à une réforme de la Constitution ? L’opposition se dit plutôt choquée par la façon dont le chef de l’Etat se présente comme le défenseur du texte fondateur.

« Cette Constitution dont il se prévaut n’est pas celle pour laquelle le peuple a voté à plus de 99% en 1992 » a déclaré à RFI l'opposante Brigitte Adjamagbo, la secrétaire générale de la CDPA (la Convention démocratique des peuples africains) « Ce que la Constitution prévoyait dans son article 59, c’était que plus aucun Togolais ne soit en mesure de diriger le Togo pendant plus de dix ans. Cette disposition a été purement et simplement supprimée de la Constitution en 2002 sans qu’il n’y ait de discussion au sein de la classe politique, et sans même qu’il n’y ait eu un referendum. »

Nombre de mandats illimité

Pour l’opposante, « c’est trop facile, après avoir bafoué, tripatouillé cette Constitution, d’en demander le strict respect. » Le nombre de mandats du président n’est à l’heure actuelle pas limité par la Constitution togolaise, ce qui peut permettre à Faure Gnassingbé de briguer un troisième quinquennat en 2015. L’opposition, réunie au sein de la Cap 2015, demande que le texte soit revu. Elle demande également une révision du mode de scrutin.

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Après avoir rencontré samedi 22 novembre le président Faure Gnassingbé à Lomé, le chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre a déclaré que la présidentielle de 2015 n’aurait « aucun sens sans ces réformes. »
 

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