Lien vers ce message 26 Novembre 2014, 1:48
Publié le 25-11-2014

Par RFI


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Capture d'écran de la vidéo de Boko Haram dans laquelle Aboubakar Shekau, le chef du groupe islamiste, exclut toute négociation avec le gouvernement nigérian en vue d'un cessez-le-feu.
AFP PHOTO / BOKO HARAM


Au Nigeria, de nouvelles critiques acerbes fusent sur le comportement de l'armée face à la secte islamiste Boko Haram. Cette fois-ci, elles viennent du sultan de Sokoto, le chef des musulmans nigérians. Dans un communiqué, ce chef religieux a accusé les militaires de fuir lâchement contre Boko Haram et de terroriser la population civile dans le nord-est du pays. Muhammad Sa'ad Abubakar est le deuxième dignitaire musulman du nord à critiquer l'armée nigériane en dix jours.

Dans son communiqué, le sultan de Sokoto a accusé les soldats nigérians de prendre leurs jambes à leur cou, d'abandonner leur base, leurs armes, leurs munitions et leur équipement militaire à l'approche des insurgés : « Les forces de l'armée nigériane ne refont surface qu'après la fin des attaques meutrières, a lancé Muhammad Sa'ad Abubakar, et elles terrorisent davantage des populations déjà terrorisées en installant des barrages routiers et en fouillant les maisons. »

Ces critiques sont d'autant plus marquantes qu'il y a dix jours, un autre leader musulman du nord, l'émir de Kano Sanusi Lamido Sanusi, avait lui aussi critiqué l'armée. Lors du prêche du vendredi, il avait appelé les fidèles à ne pas attendre l'arrivée des soldats car, disait-il, « le carnage aura été commis avant leur venue ».

Les chefs religieux prennent rarement position sur la scène publique au Nigeria, et ces deux séries de critiques tombent particulièrement mal pour le président nigérian. Goodluck Jonathan est en effet d'ores et déjà en campagne pour sa réélection en février prochain, et la situation du nord est l'un des points sombres de son bilan.

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La lutte contre Boko Haram était d'ailleurs au centre d'une courte visite que Goodluck Jonathan a effectuée lundi 24 novembre à Ndjamena. Le président nigérian a eu une séance de travail avec son homologue tchadien Idriss Déby Itno. Les deux présidents en ont appellé aux autres pays de la sous-région pour qu'ils mutualisent leurs efforts dans la lutte contre l'insécurité. Cette visite est rendue un peu plus d'un mois après l'annonce par le Tchad d'un accord de cessez-le-feu entre Abuja et les islamistes. Accord qui depuis a été démenti par le chef des insurgés Abubakar Shekau.

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Manifestation pour la libération des lycéennes enlevées à Chibok, à Abuja, le 3 novembre.
REUTERS/Afolabi Sotunde
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 26 Novembre 2014, 1:55  
 

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