Lien vers ce message 21 Novembre 2014, 0:03
Par Assma Maad | Le 18 novembre 2014

Plus de 1000 femmes ont manifesté lundi à Nairobi après la diffusion d’une vidéo montrant une femme se faire violemment déshabiller par un groupe d'hommes qui trouvaient sa tenue indécente. En vain. Quelques heures après, une autre Kenyane a subi le même sort.

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Des centaines de Kenyanes ont manifesté à Nairobi pour dénoncer les agressions envers les femmes.
Photo Simon Maina / AFP


La vidéo est insoutenable. Cernée par des hommes, une femme vêtue d’un débardeur rose et d’une minijupe noire est attaquée de toutes parts. Tentant en vain de repousser ses assaillants, elle est déshabillée de force par des chauffeurs qui lui reprochent de porter une jupe trop serrée et trop courte. Diffusée en ligne, la vidéo a mis en émoi les réseaux sociaux. Le hashtag #MydressMychoice (ma robe, mon choix) est devenu le lieu de toutes les colères sur Twitter. Chez les hommes comme chez les femmes. « En tant que père, fils, frère ou petit ami, je ne veux pas que cela arrive à ma fille, ma mère, ma sœur ou ma petite amie », s’est exprimé un internaute. « Nous ne disons pas aux hommes comment ils doivent s’habiller. Pourquoi veulent-ils dicter aux femmes la façon dont elles doivent se vêtir ? À moins qu’ils estiment que nous sommes inférieures », s’est interrogée une jeune femme.



Mais cette mobilisation n’a pas plu à tout le monde. Un hashtag #NudityIsNotMyChoice (la nudité n’est pas mon choix) a été créé en riposte. Ce mot-clé aurait été lancé par un blogueur influent, Robert Alai. Suivi par 138.000 abonnés, il accuse notamment les médias occidentaux de propagande sur son compte Twitter.

http://fr.africatime.com/sites/default/files/styles/une_pays/public/photo-articles/2014/nov/mydressmychoiceok.png?itok=zRUGEScgInterrogé par France Info, il affirme ne pas prôner la violence, mais lutter pour la décence vestimentaire. « Si je veux marcher nu dans la rue, la rue a le droit d'avoir une opinion sur ma façon de m'habiller. Chez moi, pas de souci mais pas dans la rue. » Il affirme même avoir reçu des menaces « de se faire déshabiller à son tour » par des Kenyanes.

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Depuis la publication de la vidéo, les autorités tentent de désamorcer les tensions. Les services du procureur général ont affirmé que la vidéo de l'agression serait examinée « dans le but d'identifier, d'appréhender et de poursuivre immédiatement en justice les auteurs de cet incident odieux ». Une déclaration insuffisante pour les femmes qui ont manifesté lundi pour protester contre ces actes barbares et revendiquer leur droit à se vêtir comme bon leur semble. « La violence touche les femmes, les hommes, les garçons, les filles, et si elle continue à se répandre, elle nous privera de relations saines », a déclaré l'une des organisatrices de la marche, Ruth Knaust. « Ma robe, mon choix » faisait partie des slogans écrits sur les pancartes des manifestants. La plupart d'entre eux étaient des femmes, dont beaucoup portaient des vêtements ajustés. Des hommes ont aussi pris part à la manifestation.

(Avec AFP)

LeFigaro
 

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