Lien vers ce message 17 Novembre 2014, 21:06
Publié le 17-11-2014
Par RFI


Plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce dimanche 16 novembre à Rabat pour dénoncer des «entraves» aux activités de certaines organisations de droits de l'homme au Maroc.

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Des membres des organisations de défense des droits de l'Homme manifestent à Rabat, le 16 novembre.
AFP / FADEL SENNA


Les protestataires ont appelé les autorités à mettre un terme à «l'escalade des interdictions». Parmi eux, de nombreux membres de l’Association marocaine des droits humains. L’association s’estime victime d’une politique délibérée d’interdiction de ses activités.

Au Maroc, plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce dimanche devant le parlement à Rabat contre les restrictions auxquelles font face certaines organisations de droits de l'homme.

En juillet dernier, le ministre de l’Intérieur avait tenu des propos particulièrement fermes à l’encontre des associations de droits humains. Selon Mohamed Hassad, les associations servaient des agendas étrangers en accusant à tort les forces de police d’exactions et de mauvais traitements. Si aucune organisation n’avait été nommément visée par ces propos, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) décompte depuis cette date 48 interdictions de ses activités.

« Des interdictions administratives, sur un simple coup de fil»

Selon le gouvernement, aucune consigne d’interdiction n’a été donnée, et les associations peuvent se réunir tant qu’elles respectent les procédures ; mais selon l’AMDH, les entraves de ces derniers mois sont précisément d’ordre administratif.

Devant les risques d’attaques terroristes, et la création de l’organisation Etat islamique, le Maroc a pris depuis l'été dernier un tournant sécuritaire. Pour Rabat, les critiques formulées par les défenseurs des droits de l’homme affaiblissent en effet la lutte contre le terrorisme.

Abdelkhalek Benzekri, le vice-président de l’AMDH, demande des explications aux autorités: « Nous n'avons pas le droit d’organiser des manifestations, des activités de formations ou des conférences. Ces interdictions sont faites en contradiction de la loi, puisque les activités que nous faisons sont interdites souvent par simple coup de téléphone. On a écrit aux responsables. [...] Ils n’ont pas réagi.»

Un possible boycott du forum mondial des droits de l'homme

Début novembre, Human Rights Watch (HRW) a de son côté appelé les autorités
à «arrêter d'entraver arbitrairement les activités pacifiques des organisations
indépendantes de défense des droits humains».

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Cette protestation intervient à moins de 15 jours de la tenue à Marrakech du Forum mondial des droits de l’homme. L’AMDH et ses 97 sections régionales annoncent un possible boycott de la rencontre.
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 17 Novembre 2014, 21:21  
 

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