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Par Renaud Toffier Publié le 27/10/2014 à 19:27

Au moins quatre femmes ont été aspergées d'acide ces dernières semaines, provoquant une peur généralisée dans le pays. Les autorités promettent aux coupables «la punition la plus dure».

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Les attaques ont été rapides, inattendues. Ces dernières semaines à Ispahan, des femmes conduisant leur voiture ont été aspergées d'acide par des agresseurs circulant à scooter. La ville a connu une psychose généralisée qui s'est vite propagée à l'ensemble du pays. Si le président Hassan Rohani est intervenu ce lundi, beaucoup de questions restent sans réponse.

Le nombre d'attaques est une première zone d'ombre. Le chef de la police d'Ispahan en a confirmé quatre, mais des rapports non officiels en ont répertorié onze. D'après des médias locaux, une femme est décédée le 20 octobre. Une manifestation de soutien s'est tenue deux jours plus tard, et un collectif d'artistes iraniens a riposté à sa façon en postant une vidéo où ils arrêtent des femmes dans la rue, non pour les agresser, mais pour leur offrir une rose.

La psychose qui s'est emparée de la ville tient autant à l'insécurité ressentie qu'à l'inconnu qui entoure le mobile des agresseurs. D'après des rumeurs, insistantes, relayées sur les réseaux sociaux, les victimes ne respectaient pas le port du hijab, soit l'obligation de se couvrir les cheveux et la nuque. Une des nombreuses autres hypothèses évoque un déséquilibré qui aurait perdu son fils dans un accident de voiture conduite par une femme.
Le hijab, source de conflits politiques et sociétaux

Si la dernière agression recensée date du 15 octobre, les autorités iraniennes n'ont toujours pas identifié le ou les auteurs. Le piétinement de l'enquête a obligé le président Hassan Rohani à réagir ce lundi. «La punition la plus dure attend ceux qui ont commis ces crimes» a-t-il assuré lors du conseil des ministres. «Il s'agit d'un acte inhumain, illégal, violent et contraire à l'islam» a renchéri le numéro deux du pouvoir judiciaire, chargé du dossier.

Une condamnation attendue, car beaucoup voient dans cette série d'agressions un lien avec un projet de loi en cours dans la République islamique. Intitulé «soutien à ceux qui font la promotion de la vertu et combattent le vice», il encourage entre autres les citoyens à veiller à ce que les femmes portent bien le hijab. Inspiré par les puissantes autorités religieuses du pays, le texte subit depuis longtemps la vive opposition du président Rohani.

Le code vestimentaire est un sujet clivant en Iran. En mai dernier, des milliers de manifestants avaient protesté contre le relâchement des mœurs concernant le hijab, obligatoire depuis la révolution de 1979. En octobre 2013, quelques mois après son élection, le président Rohani, considéré comme modéré, avait demandé à la police de faire preuve de clémence concernant les obligations vestimentaires.

LeFigaro
 

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