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Par Delphine Minoui Publié le 17/10/2014 à 17:36

Les djihadistes disposeraient de plusieurs appareils saisis sur des aéroports militaires syriens.

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La nouvelle rebondit par ricochet sur ce vaste champ ocre qui fait face à Kobané. «Des avions conduits par Daech! Il ne manquait plus que ça pour nous anéantir!», lâche Shokri, un ouvrier kurde réfugié en Turquie depuis deux jours. Assis en tailleur, à moins d'un kilomètre de sa ville encerclée par l'État islamique, il se repasse, avec une dizaine de compagnons d'infortune, le cellulaire porteur du message envoyé par un ami: «Daech a fait voler trois avions vers Alep. Nous sommes damnés.» Le matin même, la nouvelle est partie de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon cette ONG proche de l'opposition syrienne, considérée comme la source d'information la plus fiable sur ce pays déserté par les médias, «l'État islamique dispose de trois avions, vraisemblablement de type MIG 21 et MIG 23, capables de voler». Ces appareils auraient été saisis sur les aéroports militaires syriens désormais sous contrôle de l'EI dans les provinces d'Alep et de Raqqa. Pour les faire voler, les djihadistes de Daech peuvent, précise-t-elle, compter sur l'expertise d'ex-officiers de l'ex-armée irakienne, dissoute par les Américains après la chute de Saddam Hussein en 2003.

Les avions auraient même été vus en train de raser le ciel aux alentours de l'aérodrome militaire syrien d'al-Jarrah, dans la province d'Alep. «Des gens les ont vus voler. Ils ont décollé à de nombreuses reprises de cet aérodrome, ont survolé les parages et y sont revenus», avance Rami Abdelrahman, le directeur de l'OSDH.
Risques d'attaques

Les soldats du «califat» de l'État islamique, qui ont imposé leur loi sur des pans entiers du territoire syrien et irakien, contrôlent trois aéroports syriens depuis le début de l'année. Outre Tabqa et al-Jarrah, ils ont mis la main sur celui de Boukamal, dans l'est du pays, et chercheraient à s'emparer de celui de Koueiris, près d'Alep. L'OSDH n'est cependant pas en mesure de vérifier si les djihadistes possèdent des missiles pour mener des attaques par avion.

Interrogé par la presse, un porte-parole de l'armée américaine a dit ne pas être au courant «d'opérations aériennes menées (par l'EI) en Syrie ou ailleurs». «Nous gardons l'œil sur les activités de l'EI en Syrie et en Irak et nous continuerons à mener des frappes contre leurs équipements, infrastructures, combattants et centres de gravité», a précisé le colonel Patrick Ryder.

Dans le doute, les habitants de Kobané en appellent à l'aide de la coalition internationale. «Jeudi, Daech a continué à bombarder la ville, malgré les frappes de la coalition. En trois heures, on a pu recenser 60 tirs de mortiers. Alors, je n'ose même pas imaginer ce qu'ils seraient capables de faire s'ils nous attaquaient du ciel», s'alarme Memo Ello, un habitant de Kobané. Contacté par téléphone, cet enseignant de 21 ans poursuit, inquiet: «La coalition internationale doit nous aider à faire la lumière sur les réelles capacités militaires de Daech.»

LeFigaro
 

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