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Par Anne-Laure Frémont Publié le 17/10/2014 à 18:09

Alors que la confusion régnait vendredi autour de l'éventuelle libération des 219 jeunes filles enlevées par Boko Haram à la mi-avril, le Tchad, en tant que pays médiateur, a confirmé ce samedi la conclusion d'un accord entre le Nigéria et le groupe islamiste armé.

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Après 24 heures d'incertitude, la libération des 219 jeunes filles enlevées mi-avril par le groupe islamiste armé Boko Haram pourrait bien se concrétiser rapidement. Dans un communiqué publié samedi, le ministère des affaires étrangères tchadien a déclaré que le cessez-le-feu prévoyait bien la libération des lycéennes en échange «de certains partisans de ce groupe détenus dans les prisons nigérianes». Le Tchad, pays qui affirme avoir joué un rôle de médiateur entre le Nigéria et Boko Haram, confirme ainsi les déclarations de la présidence et de l'armée nigériannes, pourtant contestées vendredi par les services de sécurité du pays. «Les modalités de ces libérations seront convenues entre les deux parties et la médiation tchadienne», conclut le document. Parallèlement, la présidence nigériane a réaffirmé à l'agence de presse Reuters son espoir de voir libérer les 200 otages d'ici mardi, sans préciser le lieu de leur libération.

Prudence autour de l'annonce

La veille, la confusion régnait autour de leur libération. Alors que les services du président nigérian Goodluck Jonathan et l'armée annonçaient qu'un accord de cessez-le feu avait été conclu entre les autorités et Boko Haram, le porte-parole des services de sécurité affirmait qu'aucun accord n'avait encore été conclu, mais que l'on s'en rapprochait «de plus en plus».

Toutes ces annonces doivent toutefois être prises avec beaucoup de précautions: d'une part, parce que des islamistes du groupe armé auraient tué plusieurs personnes vendredi et samedi après l'annonce de la «trêve». D'autre part, parce que Danladi Ahmadu, l'homme qui a pris part au dialogue du côté des islamistes et qui se présente comme le secrétaire général de Boko Haram semble être un illustre inconnu. «Je n'ai jamais entendu parler de ce Monsieur, et si Boko Haram voulait déclarer un cessez-le-feu, cela viendrait de leur chef, Abubakar Shekau», estime ainsi Shehu Sani, un spécialiste de la secte islamiste cité par l'AFP. Difficile de savoir qui cet homme représente vraiment, Boko Haram étant aujourd'hui une organisation éclatée en différentes factions qui ne sont pas forcément coordonnées.

Pas de détails sur les conditions d'une libération

L'annonce intervient par ailleurs au moment où Goodluck Jonathan s'apprête à annoncer qu'il veut briguer l'an prochain un nouveau mandat présidentiel, et l'on sait à quel point sa gestion de l'affaire des lycéennes a été critiquée dans le pays. Si l'intermédiaire de Boko Haram a déclaré que les jeunes filles étaient en bonne santé, il n'a cependant pas évoqué les conditions dans lesquelles elles pourraient être libérées, indique The Punch. Enfin, cette annonce de cessez-le-feu survient alors qu'ailleurs, le groupe armé poursuit effectivement sa campagne de violences.

«Boko Haram a annoncé que les jeunes filles allaient être libérées. Nous avons des informations qui laissent penser que ça pourrait venir dans les heures ou dans les jours qui suivent», a pour sa part déclaré le président François Hollande, après avoir laissé entendre dans un premier temps - et un peu vite - que la libération était déjà effective. Washington a refusé de confirmer.

L'enlèvement le 14 avril dernier de plus de 250 lycéennes et la diffusion d'une vidéo d'Abubakar Shekau menaçant de les traiter comme des «esclaves», avaient engendré le lancement d'une campagne mondiale de soutien, «Bring Back our Girls». Depuis, les familles des jeunes filles sont allées de déceptions en déceptions, même si certaines lycéennes ont réussi à fuir leurs ravisseurs. En mai dernier, le chef de l'armée de l'Air assurait savoir où se trouvaient les jeunes femmes, mais avait refusé d'en dire davantage. Le leader de Boko Haram avait ensuite proposé d'échanger les lycéennes contre des islamistes détenus dans les prisons d'Etat, mais le chef de l'Etat nigérian avait refusé.



LeFigaro
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 21 Octobre 2014, 2:38  
 

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