Lien vers ce message 20 Octobre 2014, 20:31
Par 5 auteurs Publié le 19/10/2014 à 17:39

La faiblesse de la demande mondiale explique cette situation, alors que la production est abondante.

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C'est un paradoxe: la baisse spectaculaire du prix du pétrole, ininterrompue depuis trois mois, aurait de quoi réjouir. Au contraire, la plupart des économistes s'en inquiètent. Vendredi, dans la foulée d'une dégringolade de 28% en quatre mois, le cours du baril de brent marquait un rebond pour le deuxième jour consécutif. Il s'est hissé à 87 dollars après avoir touché 82 dollars, son plus bas niveau depuis quatre ans. Une correction «pas du tout inhabituelle», explique-t-on chez Commerzbank, cité par l'AFP. Certains investisseurs ont pu en profiter pour prendre des positions à un prix jugé bas. Pour autant, selon la terminologie des analystes, «les fondamentaux du marché restent baissiers». Pour Jean-Louis Schilansky, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), «ce décrochage très brutal du baril, après deux-trois ans de stabilité entre 100 et 110 dollars, marque les esprits parce qu'on n'avait pas assisté à un tel mouvement depuis longtemps».

Les facteurs baissiers, dominants depuis le début de l'été, sont clairement identifiés. Les craintes du printemps suscitées par l'offensive des islamistes de Daech en Irak ont été largement compensées par l'abondance de la production. Avec une extraction de près de 9 millions de barils par jour la semaine dernière (un record depuis 1985) grâce au pétrole de schiste du Dakota, les États-Unis pèsent sur le marché mondial. Ils n'exportent pas, mais, en réduisant leur dépendance, ils réduisent les débouchés des autres pays producteurs sur un marché bien approvisionné. «Il faut compter en outre avec le retour de la Libye, qui fournit environ 800.000 barils par jour», poursuit Jean-Louis Schilansky.

En outre, les pays de l'Opep, plus divisés que jamais, ne se sont pas entendus pour fermer les vannes afin de faire remonter les cours. L'Arabie saoudite préfère écouler du volume et préserver sa part de marché. Selon une lecture plus politique, Philippe Chalmin, expert ès matières premières et coordinateur du rapport annuel Cyclope, décèle «une volonté marquée de l'axe Riyad-Washington de maintenir les prix bas pour gêner les autres producteurs, l'Iran et la Russie».

Effet déflationniste

Pour absorber cette production abondante, la demande mondiale multiplie les signes de ralentissement. La semaine dernière, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a encore abaissé ses prévisions de consommation pour la Chine (deuxième consommateur mondial, encore loin des États-Unis) et l'Union européenne.

C'est bien ce freinage de la consommation, symptôme direct de l'essoufflement de la croissance, qui inquiète les économistes. D'autant que la baisse du pétrole, en elle-même, peut générer un enchaînement macroéconomique négatif. Selon les calculs de Barclays, une baisse du baril de 10 % provoque un recul des prix à la consommation de 0,1%. L'effet du prix du pétrole devrait l'emporter sur celui de la hausse du dollar face à l'euro: autrement dit, le risque de déflation en Europe va s'accentuer. Un motif suffisant, estime Barclays, pour pousser la BCE à accentuer sa politique accommodante.

Jusqu'où la glissade du baril va-t-elle se poursuivre? Les pronostics sont toujours hasardeux tant le marché pétrolier peut s'avérer volatil. Goldman Sachs, augure respecté en la matière, s'attend à une poursuite de la baisse jusqu'à la mi-2015. De leur côté, les analystes de Bank of America et BNP Paribas estiment que le cours a atteint un plancher et ne devrait guère plonger davantage.

LeFigaro
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 20 Octobre 2014, 20:31  
 

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