Lien vers ce message 31 Aout 2017, 11:12
L’enquête en rapport avec l’assassinat, en janvier 2017, de deux experts des Nations-Unies dans la province du Kasaï Central a abouti, selon radio Okapi, captée à Kinshasa lundi 14/08/2017 au soir, à la confirmation de leur assassinat et du lieu où s’est produit celui-ci. Mais, selon la même source, à ce stade de l’enquête, on n’a pas pu identifier les auteurs du crime, et la milice de Kamuena-Nsapu ne peut être, elle non plus, mise hors de tout soupçon, selon la même source.

RDC: Assassinat de deux experts de l'ONU drôle de conclusion

Drôle de conclusion

Elle soulève, de notre point de vue, des questions de fond que voici :
  • La première : Les Nations-Unies ont environ 19.000 hommes des forces armées et de police en RDC, depuis 1999 lesquelles ont reçu mandat de se porter au combat, en cas de nécessité, pour défendre les civils congolais. Lorsqu’on entend parler de 80 fosses communes en moins d’un an, il y a lieu de se demander à quoi servent ces Nations-Unies en RDC à accompagner le gouvernement Kabila dans le massacre des Congolais au Kivu pour faciliter la balkanisation et au Kasaï pour intimider la population ? Gouvernements à la tête desquels il a mis les Kasaïens comme pour les piéger !
  • La deuxième : Dans une région en ébullition, il est supposé que, pour raison de sécurité, les experts des Nations-Unies devaient être escortés par des éléments des Nations-Unies. Etait-ce le cas ou non ? Si non, pourquoi ne l’a-t-on pas fait ?
  • La troisième : On parle de deux policiers congolais commis à la sécurité des experts et de 4 jeunes gens de la région comme guides. Que sont devenues ces six personnes d’origine congolaise ? N’y-a-t-il eu aucun rescapé ? Et au moment de l’attaque, qu’ont fait les policiers « armés » ? Que sont devenus les policiers arrêtés à Kananga en rapport avec cette affaire et dont on disait qu’ils s’étaient évadés de prison ? A-t-on un procès-verbal de leurs déclarations ou celui-ci aussi a disparu ?
  • La quatrième : De tels experts, pour une mission aussi périlleuse, sauf légèreté incompréhensible et blâmable, devaient avoir un GPS sur eux pour permettre de les localiser. Etait-ce le cas ? Si oui, peut-on localiser les détenteurs de ces appareils à l’heure qu’il est ?
  • La cinquième : Globalement, a-t-on trouvé leurs corps ? De quelle manière ont-ils été tués : par balle ou par machette ? Le mode opératoire de leur assassinat ne peut-il pas indiquer de quel côté se trouveraient les criminels ?
  • La sixième : Qui avait intérêt à les éliminer, puisque témoins gênants : l’Etat congolais ou la milice Kamuena-Nsapu ?
  • La septième : Toute maladie a sa (ses) cause (s). Toute crise politique est une crise sociale. Elle est le symptôme d’une pathologie sociale. En ce qui concerne la crise qui a plongé le Kasaï dans une catastrophe humanitaire, quelles en sont les causes ? Comment en est-on arrivé à assassiner sommairement le chef Kamuena-Nsapu ? Quel crime avait-il commis ? Sa population appelée milice s’est-elle soulevée sans raison objective ou était-ce en application du droit de légitime défense contre un pouvoir qui terrorisait déjà le Nord-Kivu et le Bas-Congo, s’en prenant finalement au Kasaï et refusant toute décrispation politique dans le pays ?
  • La huitième : Si le pouvoir de Kabila n’a rien à se reprocher, pourquoi s’oppose-t-il obstinément à une enquête internationale indépendante ? N’y a-t-il pas là un indice de sa culpabilité ou va-t-on fermer les yeux là-dessus moyennant des enveloppes sous la table, comme ce fut le cas à l’époque de Mobutu ?
  • La neuvième : N’a-t-on pas à faire à un pouvoir qui ne fait rien pour le développement de la RDC ; qui puise dans le Trésor public pour provisionner ses comptes dans les paradis fiscaux ou pour corrompre afin d’étouffer des affaires gênantes ; qui massacre et viole des femmes sans jamais être inquiété par la soi-disant CPI (aucune enquête véritable à ce jour) ; dont l’essentiel de son activité consiste à enterrer avec pompe des musiciens qui meurent et à les décorer à titre posthume, soit à décorer des sportifs, mais à refuser un enterrement digne de son rang à Etienne Tshisekedi depuis bientôt sept mois !



La rhétorique de la communauté occidentale et africaine, complice, ne semble guère l’émouvoir. Car, « chien qui aboie ne mord pas ». C’est d’autant vrai que la route de l’opportunisme est spacieuse et beaucoup passent par là ; étroite et resserrée est celle des principes justes et peu nombreux passent par là.

RDC: Assassinat de deux experts de l'ONU drôle de conclusion

La conclusion de l’enquête, selon radio Okapi, vise-t-elle à classer le dossier actuel comme celui de l’Ambassadeur Bernard de France il y a environ 24 ans ?



MUAKA MATADI
17/08/2017
Message édité 2 fois, dernière édition par root, 31 Aout 2017, 14:43  
 

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