Lien vers ce message 05 Mars 2017, 22:34
RDC - ETIENNE TSHISEKEDI WA MULUMBA
MODESTE TEMOIGNAGE SUR SA VIE POLITIQUE, SA MORT ET SON HERITAGE.

RDC - ETIENNE TSHISEKEDI WA MULUMBA - Témoignage sur sa vie sa mort et son héritageLa nouvelle du décès du Président Etienne Tshisekedi, ce mercredi 01/02/2017 vers 17 h 20’ à la Clinique Elisabeth, en Belgique où il s’était rendu une semaine avant pour un check-up de routine, semble-t-il, a fait l’effet d’une bombe en R.D Congo et, particulièrement, à Kinshasa.
Hommes et femmes de tous âges qui espéraient, grâce à son combat politique de plus de trente ans, dans une carrière politique dès l’indépendance de la RDC il y a cinquante-six ans et demi, voir enfin le Congo retrouver sa dignité et le peuple recouvrer ses droits sur son territoire, fondaient en larmes. Ils sentaient un vide immense autour d’eux et voyaient, en quelque sorte, les horizons se boucher devant eux, à cette période charnière de la vie politique du pays : l’a-t-elle jamais été avec une telle intensité, le peuple qui a vu tant de turpitudes plus que jamais impliqué dans son destin !

« Nzambe ozali wapi ? », s’écriait, en pleurs, un jeune homme d’une vingtaine d’années, assis par terre et dos contre un arbre.
En apprenant cette nouvelle, un Major de Police, en faction, s’est exclamé de son côté : « Non, cette nouvelle, si elle s’avère réelle, est la plus mauvaise nouvelle de ma vie. Nous attendions de lui l’amélioration de nos conditions salariales. Maintenant, on est foutu ».
Il s’évidente ainsi que consciemment ou inconsciemment, le peuple congolais vivait sous l’ombre d’un père tutélaire, avait besoin d’un protecteur contre un néo-colonialisme outrageant qui avait et a mis en place une dictature militaire féroce qui n’a fait que changer de porte-étendard (Mobutu, Kabila et Kanambe), laquelle dictature a, depuis cinquante et un ans, servi les intérêts économiques exclusifs d’un Occident affairiste, boulimique et insatiable, en muselant et en abrutissant le peuple congolais, réduit à chanter et danser pour tout premier venu qui suscitait un peu d’espoir, quitte à voir la faction de la classe politique au pouvoir, récupérer la situation pour faire de ce premier-venu un héros national.



C’est ici, croyons-nous, le lieu d’ouvrir une parenthèse aussitôt refermée, pour rappeler la réponse de feu Omar Bongo du Gabon, à la question qui lui demandait où il aimerait renaître après sa mort. « Au Zaïre ». « Pourquoi ? ». « Parce que dans ce pays-là, tout premier-venu peut devenir roi ». En d’autres termes, le Zaïre est un pays des sous-hommes qui ne connaissent ni la valeur de leur pays, ni l’impact sur le monde envieux des ressources stratégiques dont recèle leur sous-sol.
Terrible défi que les Congolaises et Congolais, désormais vaccinés par Etienne Tshisekedi, auront à relever.

Elle est étonnante et surprenante la réaction du pouvoir en place :

    A l’annonce de la nouvelle de ce décès, Kinoises et Kinois se mirent en route, malgré une forte pluie sur Kinshasa ce soir-là, convergeant vers la Permanence de l’UDPS, la résidence du Président Tshisekedi et celle de son fils Félix, présent à Kinshasa. Selon des témoignages concordants, la Police, nerfs tendus, on ne sait pourquoi, s’est amenée sur ces lieux et a jeté des grenades lacrymogènes, laissant derrière elle enfants et femmes évanouis.
    Le jour suivant, on a senti un flottement dans les réseaux sociaux. C’est comme si le Pouvoir oscillait entre fermer les réseaux sociaux et en restreindre l’utilisation.
    Plus dramatique est la rumeur selon laquelle certains paranoïaques chez les fous du roi auraient fêté au champagne cette nouvelle. C’est à se demander si, simplement sur le plan humain, les cerveaux de telles personnes fonctionnent. A moins qu’ils aient un ADN d’assassins ?

Il y a un débat dans la population congolaise autour de décès.

Pour les uns, il s’agit d’une mort naturelle. Pour d’autres, il s’agit d’une mort suspecte. Car l’embolie pulmonaire évoquée comme cause du décès, ne procède pas de la génération spontanée. Elle aurait pu se manifester avant son départ de Kinshasa ou être détectée dès les premiers examens faits en Europe et qui n’ont pas révélé telle anomalie. Quoi qu’il en soit, les uns et les autres ont raison.

En effet, en tant qu’humain, le Président Tshisekedi devait un jour ou l’autre, rencontrer la mort physique sur son chemin. Notre désarroi à tous devant la mort physique est un indice que nous nous sentons appelés à vivre éternellement. Et notre comptage des années terrestres va de 0 à +∞ (de zéro à + l’infini). Mais apparemment, le comptage de Dieu qui a, devant ses yeux, le nombre des années à passer sur terre par chaque homme, va de +∞ à zéro. Et quand le curseur-compteur des années est à zéro, l’homme traverse, par la mort, la frontière entre la vie d’en-deçà et celle de l’au-delà.
En ce sens, les débatteurs soutenant une mort naturelle ont raison, car la mort naturelle est un phénomène lié à une nature humaine contingente et éphémère.

Mais,, de l’autre côté, la vie du Président Tshisekedi s’est déroulée dans le contexte, comme dit ci-dessus, d’un néo-colonialisme outrageant dans lequel étaient et sont permanentes des interférences extérieures négatives, visant l’abrutissement du peuple congolais, le noyautage et la noyade du Congo. On se souviendra des stratégies du Pentagone rapportées par un certain Rothschild, dans lesquelles étaient évoqués trois scénarios de pourrissement du Congo, afin de rendre irréversible la balkanisation du pays. Et ce pourrissement devait être tel qu’aucun homme politique, si bien intentionné et compétent soit-il, ne pouvait y mettre fin. On peut comprendre pourquoi, tant que ce pourrissement de la situation n’avait pas atteint son seuil critique d’irréversibilité et que le peuple ne semblait pas s’opposer à son abrutissement, mais au contraire semblait le favoriser par son apathie, à un éveilleur des consciences ferme, constant, cohérent, visionnaire, ayant intériorisé l’esprit des sacrifices, comme Tshisekedi, la route du pouvoir en RDC resterait fermée, n’en déplaise au peuple congolais.


Pareilles stratégies chez l’homme blanc ne procèdent ni de la génération spontanée, ni des émotions, mais d’un calcul analytique froid, qui rejette toute considération morale.

Ainsi, ci-dessous, quelques causes des stratégies montées pour noyauter l’indépendance de l’Afrique :
    En octobre – novembre – décembre 1953, dans le Match à Paris, un certain Cartier publia sa thèse soutenant que l’Europe n’étant qu’une presqu’île de dix millions de kilomètres carrés, ne peut subsister sans l’Afrique. Dès lors, la vocation de l’Européen est d’envahir l’Afrique et s’y maintenir, même s’il faut recourir à la guerre.
    En avril 1954, à Dien-Bien-Phu au Vietnam, la France perd sa guerre coloniale d’Indochine, battue à plate couture par le Vietcong. En 1957, François Mitterrand se leva et appela les Européens à quitter l’Asie qui ne voulait plus d’eux pour se replier sur l’Afrique et s’y maintenir. (En Afrique colonisée, qui pouvait les en chasser ?).
    Pour venger la défaite des Français en Indochine, les Etats-Unis d’Amérique, ne tirant aucune leçon de leur défaite devant Mao Tsé-Toung en 1949 sur la Chine Continentale pour fuir et se réfugier avec le Général Tchang Kaï-Chek sur l’île de Formose, affrontèrent le Vietcong. Vingt ans plus tard, soit en 1975, le Vietcong leur infligea une défaite militaire historique.
    Pour l’Asie, la question coloniale et néo-coloniale sembla réglée.

LE PARTAGE DU MONDE ENTRE LES GRANDES PUISSANCES

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Jacques Chirac

Il semble que Jacques Chirac s’était prononcé au cours des dernières années dans le même sens que Mitterrand en 1957.

Dès 1957, l’Amérique latine aux mains des Colonels vit le jour sur instigation des Etats-Unis d’Amérique en application de la déclaration du Président Monroe en 1823 : « L’Amérique aux Américains ». Officieusement, les colonels au pouvoir permettraient aux Etats-Unis d’exploiter les ressources de cette région, coudées franches. Mais cela finit par engendrer des guérilleros.

Dès 1963, l’Afrique fut confiée aux caporaux et sergents dans une cascade de coups d’Etat militaires.
Motif : Ayant constaté peu après l’indépendance que l’indépendance politique sans contenu économique est une coquille vide, les premiers dirigeants africains réclamèrent la restitution des instruments économiques de leurs pays se trouvant dans les anciennes métropoles. Au Congo, ce dossier porta l’appellation de « Contentieux belgo-congolais ».

La réponse conforme aux recommandations de l’étude faite par un Institut américain de sociologie : il fallait chasser du pouvoir par coups d’Etat militaires tous les premiers dirigeants africains, dits désormais ingrats à l’égard du pouvoir colonial qui les avait laissés occuper les postes d’Etat que, semble-t-il, ils ne méritaient pas. Les universitaires furent écartés de la fonction présidentielle et ne purent servir que comme techniciens du niveau ministériel. La fonction présidentielle devenait ainsi la chasse gardée des occidentaux, de sorte que la France posta des troupes combattantes en Afrique française pour empêcher des coups d’Etat contre les « soi-disant amis de la France » parachutés présidents de leurs Etats. Ces troupes sont toujours là. Voilà la France, pays de démocratie : Ainsi, le scrutin présidentiel en Afrique perdait toute sa signification.

Ce sont les militaires que, donc, privilégia cette étude américaine qui posait ainsi vers 1962 déjà, les bases théoriques du néo-colonialisme. Ils furent privilégiés non pour leurs beaux yeux, mais pour :
  • leur bas niveau de formation à cette époque-là ;
  • leur docilité à l’homme blanc comme le prescrivait le règlement militaire de l’époque, donc, manipulables et corruptibles ;
  • leur capacité, moyennant corruption en argent et en longévité du pouvoir, d’imposer dictature, parti unique, musellement et abrutissement du peuple en vue d’une politique de pillages non contestée.

En RDC, l’application de ces trois critères liés ou de l’un ou l’autre des trois explique les choix opérés par le néo-colonialisme occidental pour la fonction présidentielle de Mobutu à Kanambe, alias Joseph Kabila, leurs analyses ayant mis en lumière les points forts et les points faibles de chacun d’entre eux.

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Etienne Tshisekedi 1er docteur en droit de l'Universite de Lovanium actuelle UNIKIN

En 1978, en apprenant que le Directeur de Miba Kin était un ancien de l’Université de Liège et un ancien de Bandal, le signataire de ce modeste essai alla le visiter un dimanche.
Ce même dimanche-là, vers 11h, le Président Tshisekedi, alors député national à cette époque, arriva aussi à la Mibakin. Au cours de la conversation qui s’engagea, le Directeur de Miba Kin lui posa la question de savoir ce qui, à ses yeux, constituait le plus gros problème du pays. Et voici, en substance, sa réponse : « Ce qui, au Zaïre, constitue le plus gros problème, c’est le choix par l’Etranger, des dirigeants du pays, sans aucun rerspect de la volonté du peuple souverain ».
Qui dirait mieux ? C’est là le fond du problème.

En effet :

La plus grande qualité de l’homme blanc chez lui, c’est l’organisation qui est à la base même de son développement dans tous les domaines. Il sait d’où il vient, où il en est et où il va. Avec quels moyens humains, techniques et financiers. Pour quels résultats au finish.

Son plus grand tort est de désorganiser des pays tiers à dominer.
C’est ainsi que, dans le contexte de ses contacts avec l’Afrique, dans la période précoloniale, coloniale et néocoloniale aujourd’hui, avec les Cartier, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, et tous ceux qui adhèrent à l’idéologie de la domination du monde, outre le racisme manifesté contre la race noire par les plus enragés d’entre eux, en Occident on a compris que pour dominer et maîtriser cette Afrique enviée, il fallait impérativement s’attaquer au principe de l’autorité et détruire celle-ci ou, tout au moins, la galvauder totalement en en faisant une étiquette de parade, mais vide de sens.

En Afrique précoloniale, ils ont donné de l’alcool et des jouets brillants à nos chefs afin de faciliter la traite négrière.

En Afrique coloniale, ils ont ridiculisé nos rois en en faisant de simples chefs et des « capita » porteurs des bagages des premiers colons sur des pistes de brousse furent faits chefs médaillés en lieu et place des chefs ancestraux traditionnels ou en parallèle à ceux-ci. Ils devinrent ainsi des complices de l’homme blanc dans l’oppression en vue de la domination de l’homme noir ainsi que de l’appropriation de ses terres pour des ranchs ou des domaines agricoles des entreprises coloniales. On créa ainsi des conflits de pouvoir qui ne sont pas prêts de s’éteindre aujourd’hui.

En Afrique néocoloniale, pour le cas de la R.D Congo,
La Table-Ronde économique d’avril 1960, conçue comme prolongement de la Table Ronde politique de janvier-février 1960, priva le Congo de tous ses avoirs économiques. Les quarante milliards de F.B du portefeuille qui devaient revenir au Nouvel Etat furent rapatriés en Belgique. Des lois sur les sociétés opérant au Congo furent ratifiées par le Parlement belge à quelques jours et parfois à quelques heures de la proclamation de l’Indépendance pour les garder belges. Le Nouvel Etat proclama son indépendance les caisses quasiment vides.

En cause : face à des experts belges débatteurs à la Table-Ronde économique, les jeunes congolais ne pesaient pas et ne comprenaient pratiquement rien aux dossiers à négocier. Conséquence : on leur fit signer des documents de la spoliation de leurs avoirs par la Belgique. On s’empressa de leur opposer le principe : « Nul n’est reçu à invoquer ses propres turpitudes ». Pourtant, en invoquant l’asymétrie des compétences et d’expérience, c’est par ruse qu’on les a eus. Il s’agit donc ni plus ni moins d’une convention immorale, donc non applicables, puisque de droit nulle. Mais dans les relations « dominant-dominé », qui peut tenir compte de l’immoralité des conventions internationales ?
Quant aux hommes politiques de l’époque, ils étaient préoccupés par la proclamation de l’Indépendance et leur position dans les premières Institutions publiques du pays. Et on les comprend.
Pour éviter des contestations liées aux décisions immorales de la Table-Ronde économique, l’Occident mit la main sur Mobutu, l’agent de la Sûreté belge depuis 1958 et devenu aussi membre de la CIA.
  • On créa des troubles à travers tout le pays au lendemain de l’Indépendance.
  • On viola la Loi Fondamentale et on révoqua le Premier Ministre Lumumba ;
  • On dispersa le Parlement en novembre 1960;
  • Mobutu neutralisa temporairement le Président Kasa-Vubu et prit le pouvoir pour mettre en place le gouvernement des Commissaires Généraux ;
  • En novembre 1965, il le prend pour trente-deux ans par coup d’Etat militaire. C’était la mise en application au Congo de la théorie du néocolonialisme ;
  • Le 17 mai 1997, on met sur le fauteuil présidentiel L.D Kabila dont on connaissait les points forts et les points faibles et on met à ses trousses, un joker prêt à le remplacer. Laurent-Désiré Kabila fut donc entouré des Rwandais tutsi qui venaient le porter au pouvoir chargés de l’amener à exécuter l’Accord de Lemera qu’il avait signé et qui allait amputer le Congo de 300 km² de terres au profit du Rwanda ;
    Les malentendus entre belligérants rwandais qui l’avaient porté au pouvoir et lui font aboutir le complot minutieusement préparé de son assassinat et qui ressemble à un roman sans acteurs, ceux qui croupissent en prison n’étant que des « faire-valoir » ;

RDC - ETIENNE TSHISEKEDI WA MULUMBA - Témoignage sur sa vie sa mort et son héritageComme on le voit, le contexte politique néocolonial dans lequel le Président Tshisekedi a évolué politiquement est celui où des militaires ont été préférés aux civils pour la fonction présidentielle par l’Occident.
Une fois installés au pouvoir, ces militaires jouirent d’une longévité de pouvoir exceptionnelle que l’Occident s’empressa de justifier par le concept de « Stabilité des Institutions propice au climat des Affaires ». Oui, de leurs affaires de pillage des ressources naturelles des pays tiers au profit de leurs entreprises.
Cette obstruction systématique de l’Occident à l’autorité légitime ancestrale traditionnelle ou politique de nos pays fut ainsi codifiée dans la charte de l’Impérialisme afin de lui enlever tout caractère moral qui aurait pu troubler sa conscience : « N’est pouvoir légitime dans les pays du Tiers-Monde que celui que l’Occident reconnaît comme tel et non celui que le peuple se sera choisi selon ses prérogatives démocratiques ».
Gbagbo en a été victime en Côte-d’Ivoire lorsqu’en 2010, on lui préféra Ouattarra non élu. Il est depuis six ans à la CPI, l’accusation et le Tribunal, complaisants et aux ordres des puissances occidentales, peinant à trouver des charges dans un dossier vide.
En 2006 comme en 2011, le Président Tshisekedi fut victime d’une obstruction criminelle, dans le premier cas, puisqu’il fut empêché de poser sa candidature ; dans le second, puisqu’il fut empêché de fonctionner comme Président de la République élu, félicité par le Doyen du Corps diplomatique, en compagnie de l’ambassadeur de Russie et de Roger Meece, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies. Mais la reconduction de Kabila, jamais élu, était déjà programmée pour qu’il continue à servir ses parrains, le reste n’étant que des mises en scène macabres.

Outre le fait qu’il était universitaire, les raisons personnelles de lui en vouloir furent sans doute celles dont quelques-unes sont ci-dessous citées :

En 1982, avec un groupe d’autres compatriotes qui, soit mourront au cours de leur long combat, soit descendront du train avant la destination, ils ont créé l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS en sigle :
Union : « L’Union fait la force » comme le signalent beaucoup de proverbes congolais et comme on le dit aussi en Belgique. Il s’agit de réunir les Congolais pour former un front commun de refus des antivaleurs, lesquelles détruisent le Congo, notamment la confiscation du pouvoir à des fins de pillages du pays, l’abrutissement du peuple congolais en le soumettant à une dictature féroce qui le muselle, le fait chanter et danser, un système scolaire en perdition, d’une part parce qu’inadapté, trop général et faisant plus appel à la mémoire ; d’autre part, à cause des frais de scolarité exigés d’un peuple sans emploi ; enfin, à cause des salaires non stimulants des enseignants.

RDC - ETIENNE TSHISEKEDI WA MULUMBA - Témoignage sur sa vie sa mort et son héritageLes pionniers de l'Udps

Démocratie : définie par Lincoln, président abolitionniste de l’esclavage des Noirs aux Etats-Unis « pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ». En RDC, le peuple vote pour la forme, l’Occident met à la Présidence son propre candidat, toujours en déphasage avec le peuple.

Dans ce contexte :
  • Permettre au peuple congolais souverain chez lui au Congo de restaurer le principe du pouvoir légitime en imposant ses choix politiques par la Non-Violence ;
  • Assurer ainsi l’avènement d’un Etat de droit, garantissant la sécurité des personnes et de leurs biens ainsi que la protection du patrimoine national ;
  • Garantir le fonctionnement normal de la Justice, d’une « justice pour tous » ; justice qui se trouve être un garde-fou contre l’arbitraire.
    A partir de là, les Congolais doivent décider souverainement quel étranger peut venir habiter en RDC et non recevoir des injonctions d’ailleurs pour accepter sur le sol congolais, à titre définitif, des contingents d’individus venus comme réfugiés et qui, finalement, se font prédateurs de la nationalité congolaise, du pouvoir au Congo, des richesses nationales du Congo ; mettent des passerelles aux frontières avec leurs pays d’origine pour faire passer les leurs qui viennent harceler des populations congolaises se trouvant aux frontières et exigent un territoire à eux au Congo.


Progrès : assurer, sur ce socle de démocratie, l’en-avant qualitatif et quantitatif, le mieux-être de la population, concrètement vérifiable par l’indice du développement humain.
Social : un progrès qui ne laisse personne sur le bord de la route ; un progrès par le travail valorisant, de plus en plus qualifié, de plus en plus technique, faisant appel de plus en plus à l’esprit créatif des Congolais, dans un environnement garanti par de vrais crédits et une vraie capacité de remboursement de la part des bénéficiaires ; une espèce de synthèse entre une économie de type socialiste et une économie de type capitaliste keynésien et non miltonien avec sa mondialisation prédatrice ; mais favorisant davantage un marché intérieur intense avec des voies de communication internes consolidées. Une économie plus intravertie qu’extravertie.
Démocratie et Etat de droit tels que les entendait Etienne sont opposés aux désidératas d’un certain Occident machiavélique, affairiste, destructeur de l’autorité hier ancestrale traditionnelle et aujourd’hui politique, instaurateur de la Jungle afin de « pêcher en eaux troubles ». Comment un tel Occident aurait-il pu supporter de voir Tshisekedi Président du Congo ?

En 1990, après le discours de « démocratisation » du 24 avril prononcé par un Mobutu en pleur (« Comprenez mon émotion »), désavoué par le peuple dit « zaïrois » à travers la consultation populaire de 1989, au cours de laquelle le peuple dut s’exprimer librement sur la gestion du dictateur Mobutu, le hasard des agendas fit qu’Etienne Tshisekedi et Jean Nguz se trouvèrent à Bruxelles en mai 1990. Un journaliste belge wallon, Monsieur Bastin, en profita pour les inviter à un débat contradictoire. Vers la fin du débat, Monsieur Bastin posa au Président Tshisekedi l’insidieuse question de savoir quel parti politique en Europe parrainait le mouvement politique d’Etienne Tshisekedi. Réponse sans ambiguïté du Président Tshisekedi : « Monsieur Bastin, le temps où les partis politiques africains se faisaient parrainer par les partis politiques européens est révolu. Nous nous croyons assez adultes pour nous prendre en charge et assumer notre destin nous-mêmes ». Nerveux, Bastin lui coupa la parole en disant : « Monsieur Tshisekedi, on a compris votre idée ». Et se tournant vers Nguz, il lui dit sur un ton amical, cherchant manifestement consolation : « Vous du moins vous êtes parrainés par les libéraux, n’est-ce pas ? » Ce que Nguz s’empressa d’acquiescer avec un grand sourire. Et d’ajouter : « Monsieur Bastin, lors de la tenue de notre congrès à Kinshasa, nous vous enverrons une invitation ».



Cet événement est porteur d’un grand message : pour un certain Occident, l’infantilisation du Noir doit demeurer d’actualité jusqu’à la fin des temps. Par conséquent, des éveilleurs de consciences comme le Président Tshisekedi, comme Lumumba, comme Sankara, gênent l’abrutissement de l’Afrique et ne sont sûrement pas en odeur de sainteté chez cet Occident machiavélique.
Démocratie, Etat de droit et refus de l’infantilisation de l’Africain aux fins de pillage de ses ressources naturelles, rejet de la peur et des antivaleurs, courage d’assumer son destin en période de crise politique en dénonçant le mal, engagement à privilégier le peuple pour son bien-être en tout état de cause, esprit de pardon, main tendue exigeante aux adversaires politiques pour secouer leur arrogance et les amener à servir réellement le peuple, discipline personnelle à ne jamais répondre à l’injure par l’injure, acceptation d’un certain esprit de sacrifices : telles sont, nous semble-t-il, les valeurs auxquelles Etienne Tshisekedi a consacré son combat politique. Le Congo et l’Afrique lui en savent gré parce qu’il a ainsi contribué à faire avancer le combat vers l’émancipation de l’Afrique.



Tel est, nous semble-t-il, son héritage, intériorisé en RDC et en Afrique, reconnu dans le monde.
Il a eu enfin le dialogue qu’il réclamait depuis 2012 et dans la forme respectueuse des attentes du peuple congolais. Le Rassemblement des forces politiques proches du peuple qu’il a amené à la Cenco, la disponibilité totale de la Cenco, la volonté personnelle enfin du nommé Joseph Kabila d’atteindre les résultats positifs et l’Accord du 31/12/2016 peuvent, à juste titre, être considérés comme des pierres d’attente de la refondation du Congo pour des lendemains qui chantent.

Ainsi, comme Moïse mort après avoir aperçu la terre promise de loin, Etienne Tshisekedi meurt après avoir aperçu le Congo lumineux de demain. Il meurt comme Gandhi, le Mahatma = le Guide, qui a conduit l’Inde à l’Indépendance, mais n’a pu goûter aux délices du pouvoir. Il meurt comme Mandela dont la famille fut totalement déstabilisée par vingt-sept ans de prison et, sorti de là, n’exerça qu’un mandat de consolation avant de mourir.

Il est de la constellation des révolutionnaires authentiques tels que le médecin argentin Ernesto Che Guevara, de l’avocat Fidel Castro, du courageux Marien Ngouabi, de l’agronome Amilcar Cabral, du gestionnaire rigoureux de l’Etat Modibo Keita, de l’économiste autonomiste Mamadou Dia, du pasteur baptiste américain en la personne du célèbre et intelligent Martin Luther King, Jr : « I have a dream » « J’ai fait un rêve …», et de bien d’autres qui ont eu la vision de l’Etat et ont donné leur vie pour le bonheur des autres, « Nul n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ceux qu’il aime » Jean 15, 13.
On a dit de lui qu’il était rigide, qu’il ne faisait pas de concessions. Voilà le type de discours très légers et très superficiels, des gens pressés dans la vie.

Tout d’abord, il n’a jamais dit : « Tenez bon, Tshisekedi vaincra », mais bien « Tenez bon L’UDPS vaincra ». C’est dire qu’il ne combattait pas pour sa gloire, pour ses honneurs, mais se considérait comme un éveilleur de consciences, afin que le peuple congolais se prenne en charge et conquière son bonheur et sa dignité sur la terre de ses ancêtres, son unique Patrie.
Comment aurait-on voulu le voir danser devant l’acharnement machiavélique contre le Congo pour lui arracher ses richesses et en réduire l’aura dans le monde par la balkanisation programmée et mise en œuvre par le truchement de l’agression ougando-rwandaise depuis 1996, il y a déjà vingt-et-un ans ?
La main tendue à la Majorité Présidentielle depuis environ trois ans est un démenti de cette affirmation. De même la composition du Rassemblement et les grandes concessions faites à la Cenco pour l’intérêt supérieur de la Nation.
Il s’est ainsi fait violence malgré le fait que les auteurs de la crise actuelle d’une stupidité avérée qui a inutilement fauché des vies humaines sont connus et identifiés comme auteurs des abus des biens sociaux et qui, en restant au pouvoir, veulent jouir de l’impunité. Et ce sont eux qui ont violé la charte démocratique qui permet « le vivre ensemble » dans un Etat et favorise la cohésion nationale. Au lieu de s’assagir, ils continuent de faire les surenchères. A leurs dépens in fine. L’un des leurs avait eu l’imprudence de déclarer à la télévision et à visage découvert que Tshisekedi ne reviendrait pas vivant et que le Rassemblement ne lui survivrait pas.
D’une part, cette déclaration alimente la rumeur d’un décès criminel ; d’autre part, le Rassemblement devra prouver sa maturité en gérant convenablement la nouvelle mise en place et le maintien de ses objectifs. Et la Cenco devrait continuer à jouer les bons offices. On ne peut plus laisser le pays à des canailles. Quant à la cause véritable du décès, les révélations concernant son médecin traitant de Belgique sont troublantes. Elles méritent d’être approfondies.

L’héritage du Président Tshisekedi est que mêmes les enfants de rue, les shégués, savent désormais ce que dit la constitution au sujet de la durée du mandat du Président de la République ; ce que c’est que l’alternance politique ; ce qu’est une bonne gestion de la chose publique ; qui est bon dirigeant et qui ne l’est pas. Sans peur malgré les intimidations. Et surtout, le Congolais a pris conscience qu’il n’a qu’une Patrie et qu’il doit désormais la défendre contre des agresseurs internes et externes.
L’héritage du Président Tshisekedi est le point qui met d’accord les gens du pouvoir et les gens de l’opposition qui, presque tous, s’en réclament. Mais, comme avait dit Etienne Tshisekedi lui-même, très perspicace :
  • Certains s’étaient rasé la tête pour entrer dans le bal des chauves, mais quand les cheveux ont poussé sur la tête, ils se sont éclipsés.
  • D’autres sont montés à bord du train UDPS. Mais la longueur du chemin à parcourir, chemin exigeant fermeté, persévérance, constance, cohérence, intégrité morale, force de caractère, sacrifices et espérance, beaucoup sont descendus à des gares les plus proches.
  • D’autres encore, manipulés par des forces obscures, ont provoqué un climat de querelles et de divisions au sein du Parti. Ils ont été exclus et se sont auto exclus et, de l’extérieur, ils ont insulté et cherché à jeter le discrédit sur le Parti. Ils se sont ainsi rendu un mauvais service, car la suite des événements finissait toujours par leur donner tort.
  • Les fidèles sont les « Parlementaires debout » chez lesquels on trouve des universitaires au chômage, des jeunes toutes catégories confondues sans emploi.
  • Il y a aussi une portion de la classe politique qui oscille entre la Majorité et l’Opposition pour venir s’adosser à l’Opposition à l’approche des élections.
  • Il y a enfin le peuple profond, apparemment apathique, mais qui a un sens profond de détection du bon côté et, quand il s’y engage, il accepte tous les sacrifices jusqu’au résultat final positif.
  • Au vu du comportement actuel de ce peuple, nous pouvons dire que le Congo a atteint ce degré de masse critique de conscience nationale qu’il ne pourra plus reculer devant la défense de son patrimoine foncier ou en ressources naturelles.

Notre étonnement aujourd’hui est de voir la polémique suscitée par le lieu d’enterrement d’Etienne Tshisekedi. L’UDPS a laissé au choix de Joseph Kabila un certain nombre de sites avec la motivation à la base de la sélection de ces sites à savoir :
  • Devant le Palais du Peuple qui est le Temple de la Démocratie à l’avènement de laquelle il a consacré son combat politique ;
  • Au Pont Kasa-Vubu où un certain 17/01/1988 ( ?). Voulant tenir un meeting en l’honneur de Patrice Lumumba, il fut arrêté, molesté, mis en prison avec quelques combattants. Le Dr Loseke, approché par Mobutu pour le déclarer cliniquement fou, respecta son serment d’Hippocrate, base de la déontologie professionnelle ;
  • Devant le Palais de la Justice, car il fut le premier avocat sorti d’une université locale, l’Université Lovanium et il y avait travaillé de 1961 à 1965 comme Directeur Général de l’Ecole Nationale de Droit et d’Administration (ENDA en sigle).
  • En face du Stade des Martyrs, sur le terrain compris entre l’Avenue de l’Enseignement et le boulevard dit triomphal, à nommer désormais, selon la demande, boulevard Tshisekedi ;
  • A l’entrée de la 10ème rue Limete, comme « Temple de la Résistance aux dictatures successives ».



RDC - ETIENNE TSHISEKEDI WA MULUMBA - Témoignage sur sa vie sa mort et son héritageLe porte-parole de l’UDPS a fait remarquer récemment sur la chaîne de télévision CK que l’Accord du 31/12/2016 devait être considéré comme le Testament politique d’Etienne Tshisekedi à la Nation congolaise. Il devait aller au contrôle depuis novembre 2016, mais il est resté au pays jusqu’à fin janvier pour s’assurer que les négociations entre lui et Kabila par la Cenco interposée allaient apporter la paix au peuple congolais et cela a été bien le cas.

En allant en Europe, il a laissé cette paix et ce testament entre les mains de Joseph Kabila. Si celui-ci est réellement garant de la Nation, alors qu’il préserve cette paix en amenant les fous du roi de son camp à la raison sur trois points :
  • Obtenir la démission du gouvernement Samy Badibanga pour qui nous sollicitons auprès des fous de l’UDPS la possibilité d’assister aux funérailles de son papa. Tshisekedi fut un homme de pardon et de paix ;
  • La nomination du Premier Ministre du Rassemblement pour mettre le pays au travail sans délai ;
  • La désignation du site approprié pour l’enterrement du Patriarche dans la Paix, puisqu’il fut lui-même un homme de paix.






17/02/2017
MUAKA MATADI

 

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