Lien vers ce message 16 Décembre 2016, 23:20
Obama annonce une riposte
Le ton monte avec Moscou qui a jugé "indécentes" les déclarations l'accusant d'être à l'origine des attaques qui auraient pu perturber l'élection.

USA : Piratage de la présidentielle. Moscou demande des preuves
Vladimir Poutine est accusé d'avoir été derrière les piratages informatiques. © RIA Novosti/ Alexei Druzhinin

C'est une partie de ping-pong diplomatique qui se joue vendredi entre deux superpuissances mondiales : les États-Unis et la Russie. La Russie est visée implicitement par des accusations américaines, après les piratages informatiques ayant perturbé l'élection présidentielle, mais un porte-parole du Kremlin exige des preuves. Plus tôt, le président Obama avait annoncé des représailles de l'administration américaine.
Les déclarations de la Maison-Blanche sont « indécentes », a estimé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Concernant la responsabilité présumée de Moscou dans ces piratages, « il faut soit cesser d'en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout ça est plus qu'indécent », a déclaré M. Peskov aux journalistes en marge du déplacement du président Vladimir Poutine à Tokyo.



Conférence de presse d'Obama

Barack Obama doit, lui, s'exprimer à nouveau lors d'une conférence de presse, avant de s'envoler pour ses vacances à Hawaï. Il devrait être longuement interrogé sur ces cyberattaques qui ont pu avoir une influence sur le scrutin ayant opposé la démocrate Hillary Clinton au républicain Donald Trump. Une certitude, les États-Unis ne resteront pas sans réagir, a déjà annoncé le président Obama dans un entretien à la radio NPR : « Il est clair que si un gouvernement étranger, quel qu'il soit, tente d'entacher l'intégrité de nos élections, alors nous devons agir », a plaidé Obama. « Et nous le ferons, au moment et où nous le déciderons », a-t-il lâché, en soulignant que « certaines [de ces représailles] seront explicites et publiques, d'autres ne le seront peut-être pas ».
Si le président Obama n'a pas mentionné Vladimir Poutine dans cet entretien, l'un de ses proches conseillers, Ben Rhodes, l'a fait, jeudi, sur la chaîne MSNBC : « Je ne pense pas que des événements aux ramifications aussi importantes se produisent au sein du gouvernement russe sans que Vladimir Poutine soit au courant [...], en dernier ressort, Vladimir Poutine est responsable des actions du gouvernement russe. »

Intentions partisanes ?

Donald Trump a de nouveau insinué jeudi que la Maison-Blanche avait des intentions partisanes en accusant la Russie de Vladimir Poutine d'être à l'origine des piratages informatiques contre sa rivale démocrate. « Si la Russie, ou toute autre entité, faisait du piratage, pourquoi la Maison-Blanche a-t-elle attendu si longtemps pour agir ? Pourquoi ne se sont-ils plaints qu'après la défaite d'Hillary ? » a-t-il écrit sur Twitter. « C'était un mois avant l'élection, cela n'avait rien d'un secret », a pourtant martelé il y a quelques jours Barack Obama dans une interview, en rappelant que ses services avaient publiquement pointé du doigt Moscou le 7 octobre, soit un mois avant le scrutin du 8 novembre.



En Russie, « il n'y a qu'un décideur, c'est Poutine », a renchéri l'élu démocrate Adam Schiff, membre de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants. Donald Trump apparaît de plus en plus isolé dans son insistance à épargner Vladimir Poutine, un homme dont il a souvent loué les qualités de leader et avec qui il croit possible de réchauffer les relations, alors que la Russie subit aujourd'hui des sanctions économiques imposées après l'annexion de la Crimée.

À l'encontre de son parti

Il est extraordinaire que les conclusions des services de renseignements américains, de la CIA au FBI, soient ainsi rejetées par un futur commandant en chef. Il va ainsi à l'encontre de son propre parti, la fibre anti-russe chez les conservateurs américains étant plus vivace que jamais. Les républicains du Congrès vont d'ailleurs lancer plusieurs enquêtes parlementaires sur le rôle de la Russie dans la campagne américaine. Pour l'ancien patron de la CIA Michael Hayden, Donald Trump est « la seule personnalité américaine à ne pas encore avoir concédé que les Russes ont lancé une grande campagne clandestine d'influence contre les États-Unis ».
Début octobre, l'administration Obama avait accusé la Russie d'avoir conduit des opérations de piratage contre des organisations politiques américaines – en fait, le parti démocrate et l'équipe d'Hillary Clinton – afin d'interférer dans le processus électoral américain. Dès cette date, la direction du renseignement américain (ODNI) avait estimé que « seuls de hauts responsables russes » avaient pu autoriser ces activités. Puis, après l'élection, un rapport de la CIA a fuité dans la presse, accusant cette fois directement le pouvoir russe d'avoir délibérément tenté de faire élire Donald Trump contre Hillary Clinton. « Qui à la CIA ? » s'est emporté un parlementaire républicain allié à Donald Trump, Peter King, en visite à la Trump Tower de New York. « Tous les services de renseignements qui nous ont parlé jusqu'à présent ont dit qu'ils ne savaient pas quel était le but, au-delà de la perturbation de l'élection et de créer le doute chez les Américains. »

Délibérations internes

Des dizaines de milliers de messages de responsables démocrates et du président de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta, ont été dérobés, puis mis en ligne en 2016, notamment dans le dernier mois avant le scrutin, jetant une lumière crue sur les délibérations internes du camp Clinton et brouillant le message de la candidate.
Dans l'entourage de Donald Trump, on assumait vouloir un nouveau départ avec les Russes. « Si on peut travailler avec eux sur des projets importants et nécessaires, tels que vaincre le terrorisme islamique radical ou stopper l'État islamique, et si la Russie peut se joindre aux États-Unis à cette occasion, nous les écouterons », a expliqué sur MSNBC Kellyanne Conway, conseillère de Donald Trump. Moscou a rejeté avec virulence les accusations visant Vladimir Poutine, un porte-parole évoquant des « absurdités ».



SOURCE AFP Publié le 15/12/2016 à 22:26 | Le Point.fr
 

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