Lien vers ce message 21 Novembre 2016, 20:17
Elever des larves de mouches pour recycler les déchets, un pari d'avenir ?

Qui aurait pu imaginer que la mouche soldat noire pourrait être un investissement d'avenir ? L'entomoculture est pourtant bel et bien en train de se développer comme nouvelle filière industrielle. Les raisons à découvrir ici.

La mouche soldat noire pour recycler les déchets
La mouche soldat noire, une ressource plein d'avenir

"L'insecte, l'avenir de l'Homme" : la start-up "Green-soldier" en Loire-atlantique n'y va pas par quatre chemins pour présenter son projet dans sa levée de fonds sur la plateforme de financement collaboratif Wedogood. L'idée? industrialiser l'élevage de mouches dites black soldier fly, originaires des zones subtropicales du continent américain et entièrement consacrées à la reproduction.

Tout est bon dans la larve

Ces dernières seraient d'une véritable utilité à tous les stades de leur vie qui ne dure pourtant que quelques jours. Leurs larves, dénommées Hermetia illucens, se nourrissent uniquement de déchets organiques, faisant d'elles d'excellentes machines pour réduire le volume de ces derniers. Leurs asticots constituent une excellente source de protéines qui pourraient servir d'alimentation pour animaux. Leur graisse, riche en acides gras, peut servir aussi à l'alimentation ou avoir des applications techniques. Le "digestat" de ces larves peut en outre produire du compost à revendre. Même le matériau qui constitue leur cuticule, la chitine, est exploitable : traitement des eaux, film plastique, pansements, fils cicatrisants...

Comme expliqué dans la vidéo ci-dessous, le projet de la société est donc de conserver une partie de ces larves pour reproduire ces cycles utiles dans la réduction du volume des déchets organiques. Et récupérer leurs digestats pour le compost. Selon le président Franck Bourgeois, il est possible avec une simple poignée d'œufs de réduire en quelques jours une dizaine de tonnes de déchets sur moins de 15 m2. L'autre partie des larves serait transformée en laboratoire pour récupérer tout ce qui fait sa richesse : les protéines et l'huile pour l'alimentation animale et le biocarburant, ainsi que la chitine pour le domaine biomédical. "On ne produit aucun déchet, tout est valorisé", souligne t-il fièrement. Placide, inoffensive, non vecteur de germe (une fois devenue mouche, elle n'a pas d'appareil buccal donc ne passe pas d'un milieu affecté à un autre), cette larve est idéale à cultiver.



Un courant en plein envol

Il n'est pas le premier à se lancer dans cette conquête. C'est un mouvement international qui se met en place depuis ces cinq dernières années. En Afrique du sud, AgriProtein Technologies avait même remporté le prix de l'innovation pour l'Afrique en 2013 décerné par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique et de la Fondation africaine pour l'innovation. Entre 7 et 8 millions de mouches y sont élevées de manière semi-industrielle sous un toit de 9 000 m2. Et la société va bientôt se munir d'un laboratoire de 500 m2 pour y mener ses recherches. En France, dans la Vienne, NextAlim, par exemple, a commencé l'expérience il y a déjà plusieurs années et a aujourd'hui un prototype pour tester l'industrialisation du procédé.

MYASES. Certains obstacles font encore de l'ombre à l'épanouissement de toutes ces opportunités en France, notamment la réglementation qui est pour le moment très restrictive en matière de produits carnés pour alimenter les animaux d'élevage terrestres. Par ailleurs, le développement massif de l'utilisation de cette larve pourrait inquiéter. Des études ont rapporté des cas de myases intestinales, comme au Costa Rica et en Malaisie. Un étude scientifique s'interrogeait également sur la possibilité que cette espèce puisse se développer dans la peau, causant ainsi des myases dites cutanées. Mais ces cas qui se comptent sur les doigts de la main en un siècle, sont pour le moment trop isolés pour faire d'une mouche un éléphant.

Sur le web : Ces inventeurs recyclent les déchets plastiques en matériel pour imprim



Le 21.11.2016 à 13h59 sciencesetavenir.fr
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 21 Novembre 2016, 20:19  
 

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