Lien vers ce message 07 Aout 2014, 15:57
Des avions de surveillance américains ont repéré, au mois de juillet dans le nord du Nigeria, deux groupes de jeunes filles comptant environ 70 personnes. Elles pourraient faire partie des 219 lycéennes enlevées mi-avril par les islamistes de Boko Haram et dont on est depuis sans nouvelles fiables.

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/08/06/PHO0610e9bc-1d72-11e4-9af6-eccc63764a1a-805x453.jpgLes efforts déployés par la communauté internationale pour retrouver les lycéennes enlevées au Nigeria par des islamistes ont donné quelques résultats. Selon le Wall Street Journal, deux groupes de jeunes femmes ont été repérés par des avions de surveillance américains dans le nord-est du pays, la zone aux mains de Boko Haram. Une première photo aérienne, prise début juillet, a permis de détecter un groupe d'environ 60 à 70 jeunes filles au milieu de la campagne. Quelques jours plus tard, les militaires américains ont remarqué 40 femmes dans un autre champ. Lors des vols suivants, ces mystérieux regroupements avaient disparu. Les spécialistes américains ne sont certes pas en mesure d'affirmer que ces jeunes font partie des 219 étudiantes kidnappées mi-avril à Chibok par la secte. Mais les autorités nigérianes soulignent que ce genre de réunions est très inhabituel et qu'il est donc improbable qu'il ne s'agisse pas des disparues. Cela n'aurait rien d'une surprise. À Paris, on soulignait dès juin que les captives étaient sans doute toujours au Nigeria, séparées en plusieurs groupes et régulièrement déplacées. Les photos sont tout de même une bonne nouvelle. Elles confirment que les kidnappées seraient désormais considérées comme une monnaie d'échange précieuse et non comme des esclaves. Plusieurs proches de Boko Haram avaient déjà affirmé qu'Abubakar Shekau, le très éruptif chef de Boko Haram, avait changé d'avis. Après avoir menacé dans une vidéo de vendre les filles comme esclaves ou de les offrir à ses hommes en guise d'épouses, il entend aujourd'hui les échanger contre des militants prisonniers. Il aurait même donné des ordres pour qu'elles soient bien traitées. «Nous disons bring back our boys», a-t-il expliqué, en référence au BringBackOurGirls, slogan de la campagne mondiale lancée pour obtenir la libération des lycéennes.
L'avancée d'éventuelles tractations est en revanche mystérieuse. La piste d'une libération par la force semble, au moins ces dernières semaines, oubliée. «Comment libérer ces filles? On peut bombarder les lieux et ramasser les corps. Mais est-ce cela que nous voulons? Il faut être très prudent», a expliqué le président Goodluck Jonathan dans une interview au Washington Times. Le chef de l'État affirme privilégier la négociation: «Nous négocions depuis le premier jour, avec des équipes (…) mais pour l'instant nous n'avons aucun résultat». Ce dialogue, selon des proches du président Jonathan, n'est pas direct mais passe par des intermédiaires, des chefs tribaux ou religieux et des hommes d'affaires. Mais les parties semblent encore loin de s'entendre. Abuja exclut le moindre échange de prisonniers. «On n'échange pas des innocents contre des criminels», explique Reuben Abati, le porte-parole du président.
Face à ce blocage, les pays qui avaient envoyé soldats et spécialistes à Abuja pour aider à une solution se replient peu à peu. L'armée américaine ne fait plus qu'un survol de la zone par jour, et les drones un temps déployés ont été rapatriés. Sur le terrain, les tentatives des GI de former leurs homologues nigérians ne semblent pas couronnées de plus de succès. Pour John Campbell, ex-ambassadeur des États-Unis dans le pays et aujourd'hui membre du Council on Foreign Relations, un influent think-tank américain, c'est même un échec. D'après lui, le seul message reçu par les experts américains est: «S'il vous plaît, envoyez-nous du matériel. Et puis faites-nous un chèque».

LeFigaro
 

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