Lien vers ce message 24 Septembre 2016, 18:11
L'armée contrôle l'aéroport après les affrontements avec la milice de Kamwina-Nsapu

RDC - Heurts à Kananga: Un fort sentiment «anti-rwandais»

Des miliciens du chef Kamwena Nsapu, tué en août par les forces de l’ordre, ont attaqué l’aéroport de Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), vendredi 23 septembre, selon des sources concordantes.

« Il y a eu du grabuge à Kananga, mais le calme est revenu en fin d’après-midi », a assuré à l’AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Selon des bilans contradictoires compilés par l’AFP, les heurts ont fait au moins dix morts et peut-être plusieurs dizaines. « Nous avons enregistré sept morts du côté de l’armée et quarante dans les rangs des assaillants, miliciens du chef Kamwena Nsapu », a déclaré sous le couvert de l’anonymat un membre du cabinet du gouverneur de la province du Kasaï-Central, dont Kananga est la capitale.

Interrogé sur ce bilan de plusieurs dizaines de morts, M. Mende a déclaré : « Le calme est revenu, peut-être à ce prix-là. » « Nous sommes en réunion d’évaluation » pour faire toute la lumière sur cette affaire, a-t-il ajouté. Selon une source militaire occidentale, « il y a eu certainement plus de dix morts », mais « on est en dessous de vingt ».

Les versions divergent sur le contrôle de l’aéroport

La situation est restée confuse toute la journée à Kananga. L’enchaînement des événements était difficile à retracer depuis les premiers affrontements de la veille. Néanmoins, selon des sources concordantes, les rebelles ont réussi à prendre le contrôle de l’aéroport. M. Mende a précisé qu’une hôtesse de la compagnie aérienne publique nationale Congo Airways avait été tuée.

Le porte-parole du gouvernement a assuré que les forces loyalistes ont repris le contrôle de l’aéroport, situé en bordure de quartiers habités dans l’est de la ville. Deux journalistes et un responsable d’ONG, joints par téléphone de Kinshasa, ont, eux, affirmé le contraire, précisant que les soldats encerclaient l’aéroport mais qu’ils n’étaient pas parvenus à y reprendre pied.

Le doute persistait pour la source militaire occidentale, selon qui « l’aéroport serait sous le contrôle de l’armée », mais celle-ci ne semblerait pas contrôler tous les quartiers alentour.

Selon cette source, des renforts de l’armée dépêchés par voie terrestre étaient attendus dans la ville mais on ne pouvait dire avec précision quand ils arriveraient compte tenu de l’état « catastrophique » des routes de la région, dépourvue d’infrastructures de base comme pratiquement tout le reste du pays.



Un fort sentiment « anti-rwandais »

A l’origine de ces affrontements, il y a un homme. Médecin dans la force de l’âge, le chef de la tribu Kamwena Nsapu a été tué dans une opération de police en août. Revenu dans le pays en avril après avoir habité un certain temps en Afrique du Sud, il aurait commencé à contester le pouvoir central et ses représentants locaux.

A la suite de ce qu’il a présenté comme le viol de sa femme par des « Rwandais » (éléments rwandophones de l’armée régulière originaires de l’Est de la RDC), le chef Kamwena Nsapu a lancé un appel à l’insurrection et à la « libération du Congo » dans un appel audio qui lui est attribué et qui circule sur les réseaux sociaux.

Selon les sources de l’AFP, un fort sentiment « anti-rwandais » s’exprimait à Kananga depuis 48 heures. L’aéroport est pratiquement le seul moyen de désenclaver une ville et une région extrêmement reculée du pays.

Kananga est une ville historiquement rebelle au Congo. Dans les premiers jours de l’indépendance du pays en 1960, la ville, qui s’appelait alors Luluabourg, avait été la capitale d’une éphémère République kasaïenne.

Message du chef KAMUENA-NSAPU



Les FARDC contrôlent totalement l’aéroport de Kananga depuis le début de l’après-midi après les violents affrontements qui les ont opposés aux milicienss du chef Kamwina-Nsapu. Selon des témoins, les militaires ratissaient les quartiers environnant l’aéroport en procédant à l’interpellation de certains jeunes. Certains habitants des quartiers Kabanza et RVA notamment ont fui leurs domiciles pour trouver abris dans la partie Ouest de la ville.
Des affrontements entre miliciens du chef de Kamwina-Nsapu et les militaires étaient signalés depuis ce vendredi dans la matinée aux abords de l’aéroport de la ville de Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central. Des sources sur place font provisoirement état d’un décès à la suite de ces affrontements intermittents.

La victime serait, selon ces sources, employée d’une compagnie aérienne congolaise. Elle a été lynchée par les miliciens aux abords de l’aéroport de Kananga alors qu’elle fuyait avec ses collègues leur avancée.

Les mêmes sources font également état des dégâts matériels importants dans ces affrontements. Dans leur tentative de se rapprocher de l’aéroport de Kananga, les éléments du chef de Kamwina-Nsapu ont également incendié un véhicule anti-incendie de la RVA.

Sur place, la situation est extrêmement tendue. Les habitants de la périphérie de l’aéroport de Kananga sont quant à eux terrés depuis ce matin dans leurs maisons, craignant d’être touchés par de balles perdues. D’autres ont réussi à quitter leurs habitations avec leurs dépendants.

Dans les quartiers non affectés par les affrontements, les commerces ont été fermés et les taxi-moto quasi invisibles, rapportent des sources concordantes précisant que tout le monde est sur le qui-vive.

A lire:

>> RDC - KASAI: JOSEPH KABILA A EXECUTE LE CHEF KAMUENA-NSAPU





Le Monde.fr avec AFP Le 24.09.2016 à 01h44

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Message édité 2 fois, dernière édition par root, 24 Septembre 2016, 18:30  
 

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