Lien vers ce message 22 Septembre 2016, 11:40
VIDEO. A Kinshasa, au siège de l'UDPS et au tribunal de Ndjili, brûlés et vandalisés

RDC Des personnes brûlées ont été évacués au siège de l'UDPS
Dans le quartier de Ndjili, le tribunal de paix a été attaqué et brûlé, le 20 septembre 2016 à Kinshasa.
© RFI/Sonia Rolley


Au cours de cette deuxième journée de troubles en RDC, plusieurs bâtiments de l'Etat ou résidences privées proches du pouvoir ont été attaqués et incendiés dans les quartiers populaires, sur fond de contestation du maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. Plusieurs sièges de partis politiques également notamment celui de l'UDPS, principale force de l'opposition.

Lundi, ce sont trois partis politiques qui participent au dialogue politique en cours qui ont été visés, dont un siège du parti présidentiel. Et dans la nuit de lundi à mardi, ce sont cinq sièges de partis qui ont été incendiés.

L'attaque du siège de l'UDPS a fait des victimes et depuis, les environs de la résidence d’Etienne Tshisekedi, proche du siège, sont bouclés par les forces de sécurité, ce que le parti dénonce. « Ça, ce sont des gardes de la permanence...». Des gardiens saisis par le feu, cadavres calcinés au milieu des décombres. Le siège de l'UDPS a été entièrement brûlé. « Un corps ici, un autre corps là-bas...», nous montre notre guide.

Des bacs d'eau pour tenter de t'éteindre les braises qui continuent de fumer. La mission des Nations unies est sur place, équipe médicale, police onusienne et bureau conjoint de l'ONU pour les droits de l'homme. Il y a encore des tirs autour de la permanence et l'UDPS dénonce le fait que, depuis l'attaque au milieu de la nuit, la police leur ait interdit l'accès au siège, malgré la présence de blessés.

Un blessé par arme blanche reçoit les premiers soins. Deux grands brûlés attendent toujours d'être évacués quand un troisième est découvert. « Il est vivant ! ». De trop longues heures d'attente avant d'être évacué.



Pouvoir et opposition se renvoient la responsabilité

Mis en cause par l’UDPS, le gouvernement dément toute implication et dit condamner la violence d’où quelle vienne et la vengeance à titre privé. Le porte-parole Lambert Mendé a rappelé qu’une enquête était ouverte pour déterminer la responsabilité de chacun dans les actes de violences.

« Le pouvoir veut un affrontement avec le peuple, mais ce n’est pas son rôle. Le peuple n’a pas à provoquer le pouvoir et le pouvoir n’a pas à provoquer le peuple. Celui-ci veut que la Constitution soit respectée. Le peuple demande que la Céni nous montre une décision convoquant une élection présidentielle cette année », a réagi Martin Fayulu, le président de l’Ecide. Et d’ajouter : « Le peuple a reçu un devoir constitutionnel de faire échec à tout individu qui veut se maintenir au pouvoir en contradiction avec la Constitution. »

Les services de santé débordés

L’hôpital Saint-Joseph est au cœur de la zone d’affrontements. Et lance un appel aux dons de sang car les blessés ont souvent besoin d’être transfusés. « Nous sommes vraiment en difficulté parce que nous avons Kingabois d’un côté, nous avons Mombélé de l’autre côté, le quartier général de l’UDPS…, explique à RFI le docteur Djunes Ntadinga, directeur de cet hôpital. Et tout est concentré ici. Tous ces blessés viennent chez nous. Je n'ai pas pu rentrer chez moi à la maison depuis hier. Je suis venu depuis hier matin, j’ai passé la nuit ici. Aujourd’hui non plus, je ne peux pas non plus sortir. Nous sommes dans une situation très difficile. Avec le peu de moyens que nous pouvons disposer. L’hôpital se débrouille... Le problème est que tous ces gens-là qui viennent, ont besoin de sang parce qu’ils ont perdu du sang. Il faut faire des interventions chirurgicales. Ça demande des perfusions, ça demande des médicaments… Nous nous débrouillons avec le peu que nous pouvons trouver dans notre institution ».

«C'est pour montrer que nous sommes en colère !»

Autre quartier, celui de Ndjili dont le tribunal a été incendié et pillé. Les habitants, responsables de cette destruction, disent l’avoir fait parce que c’est l’unique moyen qui leur reste pour exprimer leur mécontentement.

«Va à l'hôpital, tu verras les corps, les balles perdues !» Ecoutez le reportage de notre correspondante sur le site du tribunal de Ndjili
21-09-2016 - Par Sonia Rolley




Du tribunal, il ne reste que les murs. Le toit n’existe même plus. Tout a brûlé, toutes les archives, explique à RFI un témoin. Dehors, c’est l’attroupement, on se bouscule pour justifier. « C'est pour montrer que nous sommes en colère ! », explique un homme. « C'est nous le peuple qui avons donné le pouvoir à Joseph Kabila et c'est nous le peuple qui allons le lui retirer ! », s'exaspère un autre.

Voitures et tribunal incendiés, boutiques pillées : un officier de police stationné non loin s’agace : c’est juste pour piller, ce n’est rien d’autre, estime-t-il.

RDC Des personnes brûlées ont été évacués au siège de l'UDPS
Des secouristes sont évacués les personnes blessées, pour la plupart grièvement brûlées, du siège de l'UDPS vandalisé le mardi 20 septembre 2016. © REUTERS/Kenny Katombe

Par RFI Publié le 21-09-2016

http://www.mastakongo.com/news/images/arrow-blue-right.pngSUIVANT - Le cousin d’Elizabeth II a révélé aux Anglais qu'il est GAY
 

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