Lien vers ce message 11 Septembre 2016, 16:11
DOSSIER DES ABSURDITES CONGOLAISES1. « Voici des siècles que l’Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire ; des siècles qu’au nom d’une prétendue « aventure spirituelle » elle étouffe la quasi-totalité de l’humanité
La phase bourgeoise dans l’histoire des pays sous-développés est une phase inutile. Quand cette caste sera anéantie, dévorée par ses propres contradictions, on s’apercevra qu’il ne s’est rien passé depuis l’indépendance, qu’il faut tout reprendre, qu’il faut repartir à zéro ».
Ainsi s’exprimait Frantz Fanon, dans « Les Damnés de la terre » il y a quelques années.
De fait, en R.D Congo, depuis l’indépendance il ne s’est rien passé ou plutôt il y a eu à tous les égards une vertigineuse et étonnante régression.

2. Comme chez le glorieusement célèbre René Dumont dans « L’Afrique étranglée », nous adressons ces quelques absurdités en dédicace aux paysannes oubliées d’Afrique tropicale, éternelles porteuses d’eau, de produits vivriers et de bois sur la tête ou à dos d’homme ; aux jeunes des campagnes et des bidonvilles urbaines applaudisseurs des « Présos », nouveaux riches d’un système de prédation à grande échelle, mais qui sont quand même l’espoir de l’Afrique. « Pour qu’ils n’acceptent JAMAIS l’étranglement de l’Afrique et du Congo. »

1.1 Il y a quelques deux décennies et demies environ, une conférence des bailleurs des fonds pour les entreprises africaines s’était tenue à Abidjan. Un délégué zaïrois y a fait connaissance avec un délégué ghanéen. Ce dernier demande au zaïrois le but de sa présence à cette conférence. Ce dernier lui répond qu’il était là pour chercher un financement pour ses entreprises commerciales. Cette réponse provoqua l’étonnement du ghanéen qui lui dit : « Dans les livres de géographie de l’époque coloniale, toutes les ressources naturelles, minières et végétales, avaient comme premier grenier en Afrique tropicale, le Congo Belge. Qu’en avez-vous donc fait pour être réduits à une si honteuse mendicité aujourd’hui ? » La réponse était à chercher du côté, depuis 1946 :
  • d’une industrialisation accélérée en occident et de son corollaire qu’est la société de consommation de masse, source de terribles gaspillages et grande braderie des ressources naturelles ;
  • d’une gestion prédatrice due, en interne, à la vertigineuse médiocrité de la classe politique zaïroise hier, congolaise aujourd’hui ; érigée en nouvelle bourgeoisie accaparatrice de tout ce qui est utile dans le pays.

1.2 Parallèlement à ce qui s’était passé à la conférence d’Abidjan, à Rome, les Evêques congolais étaient en visite canonique dite « ad limina » au Vatican. Dans les contacts qu’ils eurent aussi avec la Conférence épiscopale italienne, ils demandèrent à celle-ci une aide financière pour la promotion de leurs projets de développement. Deux à trois jours plus tard, nouveaux conntacts avec l’Episcopat italien. On leur montra des édifices construits avec de l’argent provenant des ressources naturelles puisées au .Zaïre avec cette interpellation : « Excellences les Evêques, c’est nous, Evêques d’Italie, qui avons besoin de votre aide. Pensez-y à l’avenir ».

3. Il y a moins de dix ans environ, Monsieur Kibanda professeur congolais de l’Université de Kinshasa, travaillant avec des chercheurs allemands, nous a édifiés en nous révélant que leurs recherches donnaient une évaluation de vingt-quatre mille milliards de dollars ou Euros de réserves de ressources naturelles du Congo, mettant ainsi la R.D Congo en première position dans le monde, loin avant l’Arabie Saoudite dont les réserves pétrolières étaient évaluées à dix-huit mille milliards de dollars ou Euros ( ?) et autant que les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne pris ensemble.

Paradoxe étonnant : en indice de développement humain, la R.D Congo trône majestueusement à la queue des pays du monde.
Conséquences pour le peuple : Pain, Famille et Terre sont au cœur des préoccupations journalières du peuple congolais, clochardisé et chosifié, n’ayant plus de pain ; famille secouée et destabilisée ; vendant terres domaniales pour survivre.
« Trop, c’est trop »

Vers 1985, après le Synode, le Pape Jean-Paul II affirma dans l’exhortation apostolique « Ecclesia in Africa » : « L’Afrique est un continent où d’innombrables humains … sont étendus, en quelque sorte, sur le bord de la route, malades, marginalisés et abandonnés … Il faut les aider à rassembler leurs énergies pour le bien commun ».
En ce mois d’août 2016, après un –ième massacre de nos compatriotes à Beni, le Pape François est revenu à la charge en interpellant ceux qui ont fondé l’ONU comme organe de la Paix dans le monde pour leur silence honteux devant ce chapelet de crimes de sang. A qui profitent-ils ? Quelle incompétence ou quelle complicité pour un gouvernement de ne pas protéger sa « soi-disant » population durant les 15 ans de son pouvoir ? Il se trouve être ainsi auteur ou co-auteur avec l’Ouganda, le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Burundi et l’Angola de la disparition programmée de la R D Congo de la carte de l’Afrique et du monde.

4. Lors de son périple à travers le Haut-Katanga, et le Kasaï Central, il a rappelé à ces populations qu’en 2011, elles avaient refusé de voter le numéro 3, numéro de Joseph Kabila. A son âge, il est revanchard. Ce rappel d’un homme encore en construction culturelle et expérimentale, voulait sans doute dire à ces populations : « Vous ne m’avez pas voté, n’attendez rien de moi ».
Notre peuple a-t-il des oreilles pour décrypter ce message ?

5. A Beni, combien de fois a-t-il promis la paix et aussitôt après, pendant que la population relâche sa vigilance, on vient la massacrer.



6. Quelques absurdités pour terminer :

1) Communication

DOSSIER DES ABSURDITES CONGOLAISESVers 1990, c’est un rwandais Tutsi, du sérail de Léon Lobitch, alias Kengo wa Dondo, qui introduisit la première société de communication du Zaïre dénommée « Télécel ».
Ses téléphones portables, signes de richesse, furent l’apanage des membres du gouvernement Kengo. La minute coûtait alors chez lui quinze USD. Les ministères utilisaient exclusivement les téléphones Télécel et on peut s’imaginer, au coût de quinze dollars la minute, l’enrichissement qui a pu accompagner, non seulement le promoteur de Télécel, mais aussi le « Tutsi Power », à travers le gouvernement Kengo. Vint ensuite Comcell, société de communication initiée par Jeannot Bemba Saolona, avec un coût à la minute de cinq dollars. Colère du promoteur de Télécel qui ne put rien. Mais ce fut une bagarre d’éléphants. Ce fut là une belle manière de piller la prétendue République du Zaïre à travers Télécel, aujourd’hui Africell.

2) Vingt-six ans plus tard, aux Kengo se sont joints d’autres acteurs rwandais en ce terrain conquis qu’est la R.D Congo tels les Kamerhe, Ruberwa, Kanambe, Jaynet, Zoé … qui, en l’espace de 15 ans ont rempli leurs comptes dans des paradis fiscaux, avec le soutien d’un certain occident affairiste notamment Sarkozi et Chirac, successeurs du troubadour du roi qu’était Jacques Foccart à l’époque des indépendances africaines ainsi que d’une valetaille congolaise, avide d’argent et d’honneurs. Et le peuple n’a ni argent, ni pain, ni eau, ni électricité. Comment peut-on développer une nation sans électricité, sans eau ?

7. Essai d’interprétation des motivations :

1) Sur le plan psychologique :

Le psychologue Piaget avait dit : « Tributaire de son milieu culturel ambiant, la première influence culturelle chez l’être humain l’accompagne le reste de sa vie et influence profondément ses actes et ses pensées ».
Enfants des pauvres, favorisés par le choix d’un parti politique alimentaire, notre tendance en arrivant au pouvoir est celle d’un enrichissement rapide et facile. Au Congo, nous sommes des maîtres en ce domaine depuis Mobutu jusqu’à Kanambe Hippolyte aujourd’hui.

DOSSIER DES ABSURDITES CONGOLAISESLeon Lobitch Kengo wa Dondo et Paul Kagame

2) Constat de Colette Braeckman :

« Le drame du Congo, c’est que le Congolais et la Congolaise veulent :
  • gérer sans être contrôlé, sinon on corrompt le contrôleur ;
  • dépenser sans égard pour les contraintes budgétaires ;
  • s’enrichir sans travailler ;
  • jouir sans efforts ».

Donc, aucune notion du Bien Commun.

3) Constat des Rwandais :

Le Congolais est B.M.W, signifiant :

B : Beer : Le Congolais est facile à corrompre avec la bière. « In vino veritas » disaient les Romains. Un petit verre de bière de trop fait sortir de la bouche d’un congolais tous les secrets de l’Etat congolais.
M : Money : avec un peu d’argent de corruption, le congolais peut vendre sa patrie.
W : Woman :Avant d’attaquer le Congo en 1996, les Rwandais avaient jeté dans les bras des congolais de petites jolies filles Tutsi. Par elles, ils ont contrôlé la marche de l’Etat

4) A l’indépendance, on avait dit : « Le pays a accédé à une indépendance ratée, parce que précipitée, les cadres universitaires compétents n’ayant pas été formés avant ». « 56 ans après l’indépendance, avec des milliers d’universitaires formés, le pays ne marche toujours pas.



Où est le goulot d’étranglement ?

A deux endroits :

1) Il y a d’abord le rapport de forces politique, scientifique, organisationnel et militaire favorable à l’Occident, donc totalement asymétrique.
L’Occident qui ne peut survivre sans le reste du monde veut à tout prix maintenir l’actuelle division internationale du travail qui fait de lui le capitalisme du centre et le Tiers monde le capitalisme périphérique à l’instar d’un électron gravitant autour d’un noyau et ne pouvant s’en échapper sans causer des dégâts. D’où imposition des sous-fifres pour régner par eux et piller le Congo selon des lois dictées par eux (Code minier, Code des investissements, Code forestier, Code du travail…) ou dans des zones franches (sans lois du tout).

2) Embarqués dans un tel contexte, les Universitaires sans emploi, sans ressources, sont réduits à se prostituer intellectuellement. C’est donc sous condition de leur loyauté au système prédateur que des postes leur sont confiés. Ainsi, « La science sans la Conscience devient ruineuse. A contrario, la conscience sans la science est insuffisante ».
Pour toutes ces raisons, cette fois-ci et cette fois-ci ou jamais, l’Accord politique doit respecter la Constitution, notamment les articles 70 et 220. C’est-à-dire, sans Kabila au Pouvoir en cas de transition. Ne pas respecter la Constitution sur ce point va conduire au chaos provoqué par Mobutu après son maintien par la Conférence Nationale Souveraine et par le maintien de Kabila après le Dialogue Intercongolais de 2002 en Afrique du Sud. 1992 – 2016 : 24 ans de gâchis.



30/08/2016 MUAKA MATADI

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