Lien vers ce message 24 Mai 2014, 2:05
Prince Emmanuel de Merode, le conservateur du parc national des Virunga, est toujours en soins intensifs à Goma, mais sa vie ne serait plus en danger.

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Alors qu'il regagnait son bureau, situé à Rumangabo, au cœur du plus ancien parc d’Afrique, le directeur provincial de l’Institut congolais pour la conservation de la nature a échappé de justesse à une embuscade qui aurait pu lui coûter la vie : alors qu'il traversait la localité de Rwaza, située à 30 km de la capitale du Nord Kivu des hommes armés venus de la brousse ont tiré sur sa jeep. Touché à l’abdomen et au thorax, M. de Merode a été sauvé par des militaires congolais qui l'ont amené à l’hôpital Heal Africa, mais les assaillants ont réussi à prendre la fuite.

Cette attaque suscite une vive émotion à Goma : Belge d’origine aristocratique, de Merode a été nommé en 2008 à la tête de l’ex parc Albert qui s’étend sur 800.000 km2 et abrite les derniers gorilles de montagne. Anthropologue formé dans les meilleures universités britanniques, de Merode avait travaillé auparavant dans le parc de la Garamba et surtout au Kenya où il avait été à bonne école : son beau père n’est autre que Richard Leakey, l’homme qui, tout en les protégeant, a réussi à transformer les parcs nationaux du Kenya en véritable manne touristique. Ayant prêté serment devant le drapeau congolais, de Merode a rang de colonel dans l’armée nationale et il est le seul étranger à disposer de pouvoirs judiciaires. Ces attributions lui ont permis de tenter de remettre de l’ordre dans un parc qui, à son arrivée, accueillait des braconniers qui chassaient les hippopotames à la mitrailleuse et des groupes armés de tout calibre, « génocidaires » hutus, rebelles tutsis du M23, Mai Mai congolais.
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Short kaki, chemise impeccable, de Merode vit toujours sous la tente et il a réussi à transformer en véritable petite armée les 400 gardes du parc, formés par… d’anciens commandos belges. Même si les touristes commençaient à revenir, que 30% des recettes du parc bénéficiaient aux populations locales et que des projets concrets comme les adductions d’eau ou les centres de santé se multipliaient, le directeur, adulé par les populations locales, n’a cependant jamais manqué d’ennemis. En effet, ses gardes n’hésitent pas à engager le combat avec les groupes qui produisent du charbon de bois, un commerce dirigé vers Goma ou le Rwanda qui rapporte 3 millions de dollars par an mais contribue à la déforestation. Mais surtout, suivant les ordres de leur directeur, les gardes tentent d’empêcher la société pétrolière britannique SOCO de mener des prospections illégales dans le parc. Désormais, le pétrole, découvert sur les rives du lac Edouard, représente un nouveau cauchemar, pire encore que la guerre : Soco a réussi à convaincre les autorités, à Kinshasa comme à Goma, que ses royalties pourraient assurer le relèvement économique de la province sinistrée, bien plus vite qu’une manne touristique qui tarde à venir ou que les subventions versées par l’Unesco ou l’Union européenne à un parc classé « patrimoine de l’humanité ». Or noir contre or vert : la partie apparaît bien inégale… Lorsqu’il tomba dans une embuscade, de Merode venait de déposer sur le bureau du procureur de Goma un dossier dénonçant les activités illicites de Soco…


Source: Le Carnet de Collette Braeckman.

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http://www.iccnvirunga.net/wp-content/uploads/2011/08/Tourist-Strip1RD1.jpg

Visitez le site officiel du Parc des Virunga pour passer des vacances inoubliable.
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 24 Mai 2014, 2:09  
 

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