Lien vers ce message 28 Avril 2016, 18:57
« Ô peuple ardent, par les labeurs,
Nous bâtirons un pays plus beau qu’avant,
Dans la paix…

Hymne National de la RDC


Serment non tenu. Pour quelles raisons

http://www.mastakongo.com/news/images/Articles_photo/2016/April/john-kerry-joseph-kabila.JPGJohn Kerry, Joseph Kabila, Edem Kodjo et Moise Katumbi

Edem Kodjo, le facilitateur désigné par l’UA, coopté aussi, semble-t-il, par les Nations-Unies, a défini le format de la Commission préparatoire du dialogue : 12 délégués pour la Majorité Présidentielle, 12 pour l’opposition politique, 6 pour la société civile. Tous, au chevet de l’éternel moribond qu’est le Congo.
Il s’agit ici du format de la Commission Préparatoire. Quant au dialogue lui-même, il sera inclusif selon le vœu des Nations-Unies. Car il s’agit essentiellement d’une crise d’hommes, de la qualité médiocre de la majeure partie des opérateurs politiques. Le peuple n’est plus dupe.
Mais déjà, autour de la Commission préparatoire ainsi définie se posent deux problèmes :

  • Le premier problème est que la Société civile si multiforme, dont on se demande si certaines plateformes ne sont pas inféodées à certains partis politiques, demande un quota de 12 délégués. Ce quota répondrait sans doute mieux à sa diversité et ses sensibilités.
  • Le deuxième problème est que, selon les chuchotements, l’UDPS réclamerait tout le quota de l’opposition pour répartir les 12 délégués entre elle et ceux qu’elle juge habités par l’idéal du changement qualitatif de la situation du Congo.


D’aucuns pourraient se scandaliser de cette démarche de l’UDPS. Mais de l’avis des observateurs avertis, le problème des problèmes au Congo, c’est la médiocre qualité et l’opportunisme des opérateurs politiques capables, au gré des facilités dont ils peuvent bénéficier, de jouer tous les rôles de la « Comédie Humaine » d’Honoré de Balzac dont les personnages n’ont que deux passions : nouer toutes sortes d’alliances, même les plus contradictoires, et l’argent, sans souci pour les intérêts du Congo et de son peuple.

On raconte d’ailleurs que le gestionnaire français de la société Transco, société de Transport en commun, aurait été remercié par le premier ministre pour le remplacer, semble-t-il, par un proche à lui. C’est cela aussi le Congo. En effet, la classe politique actuelle est majoritairement le fruit de la politique de « rigueur » ou d’austérité imposée au pays, à travers le Programme d’Ajustement structurel mis en place par le tandem Mobutu – Kengo, d’ordre du FMI, comme remède à l’insolvabilité du Zaïre, après qu’ils aient mis le pays financièrement à genoux par leur gabegie financière. Ce programme provoqua, dès 1987, le dégraissement de la Fonction Publique en personnel. Parallèlement à ce programme, on testa également l’application du libéralisme débridé de la mondialisation économique qui impacta négativement l’économie du Congo sur 3 points :

http://www.mastakongo.com/news/images/Articles_photo/2016/April/ELECTION-EN-RDC.jpg
  • Le premier point : c’est le dégraissement des sociétés privées et du Portefeuille en personnel, avec tentative, réussie sous Joseph Kabila aujourd’hui, de privatiser les sociétés du Portefeuille, par euphémisme qualifiées de « sociétés commerciales » ;
  • Le deuxième point : la fermeture des sociétés comme le Groupe Unilever, la Sominki et la mise en veilleuse de la Gécamines, de la SNCC et de l’OKIMO, de l’ONATRA et de la MIBA, entre autres, toutes vaches à lait du pouvoir depuis Mobutu ;
  • Le troisième point : la réclamation par des banques créancières américaines des sociétés du Portefeuille comme compensation des dettes contractées par le Zaïre et non payées. La privatisation tardive vient d’avoir lieu, sous Joseph Kabila, sous forme de « sociétés commerciales ».
    La guerre de razzia de 1996 à 2016, sous diverses formes, a sonné le glas de l’économie du Congo, lequel est soumis à des pillages systématiques aujourd’hui. Ainsi, le Congo justifie amplement le qualificatif de « laboratoire du monde » qui lui est collé.


Aujourd’hui, l’unique employeur sûr pour tous les cadres éjectés de la Fonction Publique, de la Magistrature, du Portefeuille, des diplômés d’université et instituts supérieurs, est désormais la Politique. Ils y entrent massivement sans vocation politique nécessairement, mais pour les besoins du ventre. Piéton le matin, Ministre ou mandataire de l’Etat l’après-midi, logé et véhiculé, ne payant ni eau ni courant électrique, grâce à la magie de l’ordonnance présidentielle.
Décidément, la politique au Congo nourrit bien son bonhomme. Mais quelle politique !

La conséquence en est qu’aujourd’hui, formatés par le système Mobutu, coulés dans le moule Kanambe Hippolyte entouré de mobutistes, deux valets de l’occident impérialiste et boulimique, beaucoup de nos opérateurs politiques, à la recherche d’un carnet d’adresses et de position sociale dominante, sont devenus la bouche des multinationales et des flibustiers de la haute finance internationale plutôt que du peuple qu’ils sont censés représenter ; de sorte qu’il n’y a aucune préoccupation pour des intérêts congolais. On croirait avoir à faire à une association de malfaiteurs complotant contre le pays. Et chaque blanc ou asiatique vivant au Congo a ses petits policiers et politiciens nègres pour le protéger contre des congolais réclamant leurs droits.
Il s’avère ainsi que la médiocrité de la majeure partie de notre classe politique, clientéliste, rentière et prédatrice, n’est que trop évidente.
A cause de cela, les résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (C.N.S) n’ont pu être traduites dans les faits au cours de la dernière décade du XXè siècle.
A cause de cela, le Dialogue Intercongolais (D.I.C) en Afrique du Sud connut un déroulement de kermesse tellement enfantin :

  • que le facilitateur, Ketumile Masiré, au courant du complot d’anéantissement du Congo, fut scandalisé par la légèreté inexplicable de la majeure partie des délégués congolais ;
  • que ce type de comportement mesquin conduisit à la mise en place du schéma imposé par le soi-disant Comité International d’Accompagnement de la Transition, C.I.A.T en sigle, en réalité


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