Lien vers ce message 24 Avril 2016, 4:12
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On n’a pas besoin de lire dans une boule de cristal les intentions cachées de Mr Kabila, Quiconque observe les faits et gestes de l’intéressé découvre rapidement les intentions profondes du nommé Kabila, tenez. A l’occasion d’une interview inédite accordée en avril 2009 à un organe de presse à Kigali, Joseph Kabila s’exprimant en Kinyarwanda avait déclaré qu’il garderait le pouvoir pendant plus de 40 ans en vue de battre, ce faisant, le record détenu jusque-là par le Président Bongo du Gabon. Le même Kabila, selon David Van Reybroeck dans « Congo une histoire », a mis sur pied, depuis 2009, une commission chargée d’examiner si le mandat présidentiel ne pouvait pas passer de 5 à 7 ans et si la limitation constitutionnelle à 2 mandats ne pouvait pas être supprimée pour que le président soit éternellement rééligible.

http://www.mastakongo.com/news/images/Articles_photo/2016/February/Boshab-livre.pngLe livre du professeur Boshab qui se prononce clairement contre la restriction constitutionnelle des mandats présidentiels à deux ne s’inscrit-il pas dans la droite ligne de la mission confiée à la commission créée en 2009 dont question ci-haut. La tentative de modifier la loi électorale de façon à subordonner la tenue des élections au recensement préalable de la population a eu pour effet d’exaspérer le peuple congolais et entraîner la révolte du 19 au 22 janvier 2015 ayant provoqué le massacre des dizaines de personnes. Il ne faut pas posséder un don particulier pour appréhender les intentions cachées de Kabila à travers le dialogue politique qu’il appelle de tous ses vœux dont, selon la thématique développée par ses thuriféraires patentés Lambert Mende et Kin-Key Mulumba, l’objectif poursuivi a cessé depuis longtemps d’être un tabou.

« Ironie de l’histoire, vous présentez cette charge musclée contre le Président Kabila et son régime comme le symbole de la grande compassion que vous éprouveriez à l’égard de notre peuple dont manifestement vous ignorez,’ l’histoire, les réalités et les conditions. En témoignent, votre rengaine sur les thèses d’une certaine opposition extrémiste et somme toute peu représentative de l’opinion des Congolaises et des Congolais ainsi que votre méconnaissance du fait avéré que des contraintes réelles pèsent sur notre processus électoral ».

Pour avoir perdu le sens de la compassion pendant son parcours dépourvu de la sympathie et de la clémence, Lambert Mende qui a côtoyé le Corps des Volontaires de la République à l’aube du règne de Mobutu, a exercé les fonctions de ministre de l’Information au sein de l’équipe gouvernementale du Premier Ministre E. Tshisekedi avant de rentrer au pays dans les bagages et sous l’étiquette du RCD dont la barbarie à l’Est du pays a laissé des souvenirs indélébiles dans la tête des congolais épris de paix et de tendresse. Son passage au RCD de Azarias Ruberwa explique manifestement le mauvais sang que l’intéressé se fait de voir le sénateur américain exprimer sa grande compassion à l’égard de la population congolaise chosifiée par le régime Kabila. En sa qualité de valet inégalé du régime, Mende s’attribue la médaille en or du mérite civique comme détenteur exclusif de la vérité sur l’histoire et les réalités de ce pays. Il rejette pour autant le rapport qu’une certaine opposition extrémiste et peu représentative aurait remis au sénateur précité. Mende donne l’impression d’ignorer que les réalités de ce pays ainsi que les conditions de vie que nous connaissons sautent aux yeux et qu’on n’a pas besoin d’être représentatif pour les décrire. Quel rôle la mission diplomatique des Etats-Unis d’Amérique joue-t-elle dans ce pays elle qui a la possibilité de sillonner le territoire de ce pays sans se référer au ministre Mende, super porte-parole du gouvernement soit-il.

« Pour votre gouverne ces contraintes sont de divers ordres, notamment :

législatif: retard dans l’adoption de certaines lois dans les chambres parlementaires;
technique: vol des kits d’identification électorale pendant la guerre d’agression des dernières années contre notre pays grâce auxquels des réseaux mafieux fabriquent des cartes d’électeurs dans quelques pays voisins;
logistique et financière: rétrécissement des ressources budgétaires de l’Etat du fait de la chute des cours de nos principales matières premières et insuffisance des moyens proposés par la solidarité internationale, A ce propos, il n’est pas inutile de noter que sur les 1.200.000.000 USD sollicités par la centrale électorale pour le financement du processus, les USA votre pays n’ont promis qu’une contribution de 20.000.000 USD dont personne n’a encore vu jusqu’à ce jour le moindre sou vaillant. »


Le double jeu de la MP


http://www.mastakongo.com/news/images/Articles_photo/2016/February/General-Bosco-Ntaganda.jpgGeneral Rwandais Bosco Ntaganda

Concernant la contrainte d’ordre législatif :

Le retard enregistré au niveau législatif n’est pas du tout imputable au pouvoir législatif mais bien au pouvoir exécutif. Il faut rappeler à ce sujet que la majorité des lois se rapportant aux élections ont été conçues par le gouvernement sous forme de projets de loi avant d’atterrir sur le bureau du parlement pour examen avant adoption. La loi qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive est celle portant répartition des sièges pour les nouvelles provinces. Après adoption par l’Assemblée Nationale, le projet de loi a été renvoyé au gouvernement par le Senat pour toilettage. Mais incapable de rectifier les incohérences mises en évidence, le gouvernement a dû faire usage du passage en force pour le faire adopter moyennant une prime spéciale en toile de fond. Il est un fait évident que l’adoption tardive des lois que Mende relève dans son argumentaire est plutôt totalement imputable au gouvernement qui, conformément à sa stratégie visant le report sine die des élections, n’avait fait que trainer les pieds pour justifier le glissement.

Concernant la contrainte d’ordre technique :

A moins d’une erreur ou omission de notre part, la guerre d’agression est celle déclenchée en 1998 par les frondeurs de l’AFDL suite à la mésentente consécutive au partage du pouvoir jugé non équitable par une partie des membres de la coalition des aventuriers. Les kits électoraux ont été emportés au Rwanda en 2013-2014 par les combattants du M23 qui ont, du reste, bénéficié de l’amnistie de la République en dépit de nombreux crimes commis sur des congolais impuissants. Qu’à cela ne tienne, quand est-ce que la disparition de ces kits a été constatée ? Un gouvernement responsable et digne de ce nom doit-il se contenter de crier au voleur sans engager aucune action corrective ? Quelques kits électoraux ayant été volés, basta les élections, telle semble être l’opinion du gouvernement selon son porte-parole.

Concernant la contrainte d’ordre logistique et financier :

http://www.mastakongo.com/news/images/Articles_photo/2016/February/boshab_pprd.jpgA propos de la chute des cours mondiaux des produits miniers de RD Congo, le gouvernement souffle le chaud et le froid en déclarant :

- Tantôt, ne pas être en mesure de réaliser le projet de FC 537,8 milliards correspondant à USD 584,5 millions dont 543,4 millions sur ressources propres et USD 41,1 millions sur ressources extérieures,
- Tantôt, le premier ministre affirme haut et fort « que le Gouvernement mène une série des politiques sectorielles afin d’amortir cette contrainte (la chute des cours mondiaux des produits miniers congolais d’exportation) en procédant à une transformation progressive d’une économie de rente actuelle vers une économie productive, notamment par la diversification des secteurs de production. C’est à ce titre qu’un accent particulier est mis sur le développement de certains secteurs stratégiques, à savoir : les secteurs agricole, énergétique, manufacturier et financier ».
Pour gagner ce pari, celui de la faible mobilisation des ressources devenue chronique pour constituer l’enveloppe budgétaire, Matata Ponyo en appelle à l’implication de tous les services générateurs des recettes, à la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale, etc. Des efforts devront, selon le premier ministre, être conjugués pour la maîtrise des coûts et le respect des procédures de passation de marchés. A l’occasion de son allocution de présentation de la loi des finances 2016, le premier ministre congolais a juste effleuré le volet des produits pétroliers importés par notre pays avec à la clé la chute de USD 100 le baril à moins de USD 30 au jour d’aujourd’hui. Que faut-il retenir de ce qui précède étant donné qu’au niveau du parlement le processus électoral est formellement budgétisé à hauteur de USD 250 millions l’an soit une pactole de USD un milliard pour la période de 2012 à 2015. Où est donc parti cet argent que la CENI ne reconnaît pas avoir reçu. Quel crédit accorder au régime de J. Kabila dont l’incompétence crève les yeux étant donné qu’un pays comme le nôtre qualifié de « scandale géologique » n’arrive pas à réunir, au bout de 5 ans, la modique somme de USD 1,2 milliard requise pour tenir les élections.

http://www.mastakongo.com/news/images/arrow-blue-left.png http://www.mastakongo.com/news/images/arrow-blue-right.pngCONTINUER A LA PAGE 3
 

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