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2.3 La Centrafrique :

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Des militaires français accusés de viols sur des enfants en Centrafrique

par MUAKA MATADI Le 15/04/2016

La Centrafrique peine à payer ses fonctionnaires et à faire démarrer son économie alors que ses minerais, correctement exploités, peuvent lui donner les moyens de sa politique. Il s’agit là d’un pays qui a connu de nombreux remue-ménages dus à l’intervention étrangère. Barthélémy Boganda y fut assassiné vers 1959 au profit de David Dacko. Celui-ci fut évacué du pouvoir au profit d’un soldat Jean-Bédel Bokassa, qui devint empereur, comme son cousin Joseph Mobutu au Zaïre, qui devint Maréchal sans avoir gagné aucune guerre. Puis on installa Bozize, aux yeux fatigués ; suivi de Zotodia, le malin qui réussit à s’enrichir rapidement. La nomenklatura trouva son compte dans la gestion du pays alors que le peuple attend toujours la concrétisation des promesses de l’Indépendance. Or, la question fondamentale est : quel type de société peut offrir à l’homme la possibilité d’un accomplissement personnel ?

3. Domaine judiciaire :

3.1 Au Rwanda :

En 1994, l’Occident – la France exceptée – s’émut du sort des Tutsi qu’il avait armés (le Pentagone) et qu’il voulait voir reprendre le pouvoir, comme l’avait écrit un certain Bernard dans un livre intitulé « Le retour du Mwami ». Et pour que le Mwami Tutsi revienne, il fallait vider le Rwanda des Hutu en envoyant ceux que l’opération française « Turquoise » avait pu sauver au Congo et en s’opposant depuis 1995 à leur retour au Rwanda, peu importe que le Kivu devienne le théâtre du chaos qu’on y voit depuis 20 ans, avec des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité non punis et les auteurs de ces crimes, notamment le M23, émanation du RCD d’Azarias Ruberwa et bras armé du Rwanda au Congo, dans la nature, le pouvoir de Kinshasa ayant été sommé de les amnistier. Le complot d’évacuation des Hutu du Rwanda est confirmé par ces propos d’Aldo Ajello ancien représentant de l’Union Européenne dans les pays des Grands-Lacs, sur TV5-Afrique le 13/10/2010 : « Pour que la guerre cesse au Rwanda, il faut que l’une des deux ethnies principales du Rwanda aille s’installer ailleurs », sous-entendu : « Les Hutu venus au Congo y restent pour laisser le Rwanda aux Tutsi ».

Tout cela, parce que le rapport démographique au Rwanda donnait environ 80% des Hutu, environ 18% des Tutsi et environ 2% des Batwas. Dans une démocratie normale où le système de vote a pour principe « une personne, une voix », les Tutsi ne peuvent pas accéder à la magistrature suprême, sauf à recourir à des arrangements politiques spéciaux. Et alors pour que le Mwami Tutsi qui est revenu au pouvoir au Rwanda s’y maintienne, il faut éloigner les Hutu du Rwanda et les mettre dans une zone de transhumance au Congo et éviter d’avoir au Congo un régime qui puisse soulever le problème de leur retour au Rwanda. C’est la thèse d’Aldo Ajello comme dit plus haut et de Sarkozy ; sans doute aussi de Louis Michel et des politiciens wallons majoritairement. C’est sans doute aussi la thèse des Etats-Unis. Pourtant, il y avait eu, en 1995, deux résolutions des Nations-Unies, jamais annulées mais jamais exécutées, qui exigeaient le retour au Rwanda dans la dignité, des rescapés Hutu de l’anti génocide sur le sol congolais. Prises sous Boutros Boutros Ghali qui vient de mourir et qui était alors Secrétaire Général des Nations-Unies, ces deux résolutions auraient-elles été le motif de l’opposition des Etats-Unis au deuxième mandat de Boutros Boutros Ghali, eux les contributeurs majoritaires au budget de cette organisation ? En s’opposant au retour des Hutu au Rwanda en 1995, l’Occident, partisan des Tutsi, a donné à ces derniers le prétexte de maintenir leur occupation et pression sur le Congo au motif d’empêcher les génocidaires de se réarmer contre le Rwanda. Ce faisant, l’Occident a passé au compte « profits et pertes » les sept millions des congolais tués et quatre cents mille femmes violées et/ou mutilées durant les deux guerres du Rwanda et ses alliés contre le Congo. C’est bien de décorer le Dr Mukwege pour son travail en faveur des femmes du Kivu violentées, mais c’est mieux d’avoir un tribunal spécial pour l’hécatombe du Congo, bien au-delà du prétendu génocide rwandais qu’exploite Kagame pour mettre à genoux l’Occident ; bien loin des victimes (3.000) en Côte-d’Ivoire pour lesquelles Gbagbo est à la Haye ; bien au-delà des victimes dénombrées en Syrie, autour desquelles l’Occident fait un vacarme infernal. Ainsi, si on ne connaît pas le complot visant à maintenir les Hutu au Congo, on ne peut décrypter les raisons du refus de rapatrier au Rwanda les FDRL démobilisés.

3.2 Venons-en au procès de Jean-Pierre Bemba :

Bemba est un homme comme les autres. Il a ses qualités ; il a aussi ses défauts. Il a fait des bêtises dans sa vie et il est susceptible d’en faire d’autres. Mais dans le cadre de son procès, il y a ceci à voir :

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1° Le contexte de la commission des crimes qui lui sont reprochés :

En Centrafrique de cette époque-là, toutes les parties en guerre avaient commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. La Justice sélective de la C.P.I, dans son acharnement contre Bemba, ne s’explique pas, comme disent certains médias d’Occident, par le budget limité de la C.P.I. Cela n’a aucun sens. Quand on monte une institution judiciaire internationale, on doit veiller à mettre à sa disposition tous les moyens administratifs, techniques et financiers de sa politique, afin d’éviter de voir ce que nous voyons aujourd’hui : on privilégie les uns et on désavantage les autres. Là, il n’y a plus de justice.
Ainsi, prétendre que le verdict de Bemba a valeur de symbole. Mais, pour qui ? Car le commun des mortels sait que, en Côte-d’Ivoire, au Congo Kinshasa, au Rwanda et en Centrafrique, des criminels courent les rues pendant que certaines vies sont brisées par la Justice des vainqueurs !
La vraie raison de l’acharnement contre Bemba, comme contre Gbagbo de Côte-d’Ivoire, est que, dans le contexte de la politique du Congo où le vrai élu de 2006 était Bemba, mais ce dernier avait accepté de céder son pouvoir à Kabila qui était le choix des Occidentaux, dans des arrangements opaques qui ont conduit au maquillage des chiffres : 58% pour Kabila, 42% pour Bemba, il fallait éloigner ce dernier de la scène politique congolaise et du pays, afin de réduire son influence sur les institutions et permettre à Kabila de travailler sans pression. Le moyen le plus approprié, pour les Occidentaux, fut de lui faire porter le chapeau des crimes commis en Centrafrique en les imputant à ses hommes et ainsi l’immobiliser à la C.P.I.

2° Dans un procès normal, Ange Patassé qui l’avait invité devait se trouver lui aussi à la barre.

3° Un corps expéditionnaire en pays étranger, mises à part les troupes des Nations-Unies et de l’U.E qui ont un commandement autonome, est placé sous le commandement de la hiérarchie militaire du pays d’accueil. Et, selon certains rapports, les 1.5OO hommes de Bemba qui étaient loin de couvrir les besoins militaires d’un pays grand comme la France et la Belgique réunies, avaient des uniformes centrafricains, touchaient la solde en FCFA, avaient une nourriture fournie par les autorités centrafricaines et étaient naturellement soumis à la discipline des autorités centrafricaines. Si ces dernières avaient jugé les crimes des hommes de Bemba si extraordinaires, elles auraient pu les renvoyer à Bemba lui-même puisqu’ils n’étaient qu’un support de l’armée régulière centrafricaine !

4° On dit que Bemba était militairement responsable. Mais, de quelle manière, puisqu’il n’était pas sur le champ de bataille. Pénalement, il est difficile de raccrocher ces crimes à sa personne.

5° Pour contourner cette difficulté, on dit qu’ayant été mis au courant des crimes imputés à ses hommes, il n’a pas pris des mesures suffisantes. La question est de savoir en quoi les mesures prises n’ont pas été suffisantes : n’auraient-elles pas permis de maintenir l’ordre public ou n’auraient-elles pas eu un effet dissuasif sur les troupes ? Ce sont là des supputations qui ne peuvent convaincre que des naïfs.
Pour nous donc, le verdict de la C.P.I condamnant Bemba le 21/03/2016 selon les échos que nous en avons eus, inaugure une très mauvaise et regrettable jurisprudence. Le Tribunal d’Appel devrait s’empresser de dire le droit en vue d’une jurisprudence normative.



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Message édité 3 fois, dernière édition par kabondoma, 28 Avril 2016, 18:40  
 

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