Lien vers ce message 27 Mars 2016, 15:05
Congo : 5 candidats appellent à contester la réélection de Sassou-Nguesso
Ils demandent à la population de participer à une "opération villes mortes" afin de protester contre la victoire du président, au pouvoir depuis 32 ans.

SOURCE AFP Publié le 27/03/2016 à 09:55 | Le Point.fr

http://www.mastakongo.com/news/images/Articles_photo/2016/March/denis-sassou-nguesso.jpgLe président sortant Denis Sassou Nguesso et son épouse Antoinette quittent mercredi soir le QG de campagne. Au terme d'un scrutin contesté, D. Sassou Nguesso a été déclaré réélu par la Céni avec 60% des voix.
© Marco Longari/AFP


Cinq candidats à la présidentielle du 20 mars au Congo ont appelé la population à une « opération villes mortes » dans tout le pays pour contester la réélection de Denis Sassou-Nguesso pour un quinquennat nouveau, après déjà 32 ans au pouvoir. Deux jours après la proclamation officielle des résultats ayant donné le chef de l'État vainqueur au premier tour avec plus de 60 % des voix, ses cinq principaux concurrents sont apparus unis samedi pour contester la régularité du scrutin, et pour appeler le peuple à des « actions pacifiques », conscients du risque de répression dans ce pays au passé violent.
La population congolaise reste hantée par le spectre des guerres civiles de la décennie 1990 - pendant laquelle Denis Sassou-Nguesso avait repris le pouvoir, en 1997 - et du début des années 2000. Plus récemment, des troubles meurtriers avaient terni la campagne pour le référendum constitutionnel d'octobre - ayant permis un changement de Constitution autorisant Denis Sassou-Nguesso à se représenter, et la présidentielle s'est tenue sous black-out, le pouvoir ayant fait couper tous les réseaux de télécommunications et internet.

L'opération prévue mardi

Dans une déclaration commune, les cinq opposants engagent « le peuple congolais à exercer pleinement sa souveraineté sur sa victoire démocratique à travers des actions reconnues par la loi : villes mortes et autres grèves, meetings et marches pacifiques jusqu'au respect du verdict des urnes ». La première « opération ville morte » est programmée pour mardi. Dans leur déclaration dite « du 25 mars », les cinq candidats ayant choisi d'affronter Denis Sassou-Nguesso par les urnes en dépit de leur opposition au changement de Constitution qualifient de « forfaiture » les conditions de la tenue du scrutin et les résultats annoncés par le gouvernement.
Unis par une alliance électorale forgée avant le vote de dimanche pour tenter de mettre fin au long règne du président sortant, ils annoncent leur intention de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle, car « la vérité », selon eux, est que Denis Sassou-Nguesso « a perdu l'élection présidentielle, malgré toute la fraude massive et grossièrement organisée dans un climat délétère ».

VIDEO. JOSEPH KABILA VOLEUR VIOLEUR


« Démarche responsable »

L'Agence France-Presse a obtenu samedi la confirmation que ce texte avait été signé par Guy-Brice Parfait Kolélas (arrivé deuxième avec plus de 15 % des voix, selon le décompte officiel), le général Jean-Marie Michel Mokoko (troisième avec près de 14 %), Claudine Munari, André Okombi Salissa et Pacal Tsaty Mabiala. Leur déclaration semble réaliser une synthèse entre les vues de M. Kolélas, qui avait fait savoir son intention de contester les résultats du scrutin par des voies légales, et celles du général Mokoko, qui avait exhorté jeudi la population à la « désobéissance civile », terme que les autorités avaient assimilé à une « insurrection » et qui n'apparaît pas dans l'appel « du 25 mars ».
Interrogé par l'Agence France-Presse, le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Moungalla, a jugé que la volonté annoncée de contester les résultats devant la Cour constitutionnelle était « une démarche responsable ». Sur l'appel aux autres actions populaires, il a déclaré que l'opposition avait lancé une initiative similaire après le référendum d'octobre, sans grand succès. « On va voir cette fois-ci si les choses se passent différemment », a-t-il ajouté, estimant que la population aspirait à un retour à une « vie normale ».

LIRE aussi:

>>> Anonymous a attaqué les gouvernements du Rwanda et d'Ouganda

>>> Congo-Kinshasa : Kabila a allumé la mèche

>>> RDC - L’ENTOURAGE QUI FAIT OMBRAGE A KABILA

>>> La réélection de Sassou-Nguesso contestée en France

VIDEO. LE dieu DE L'EGLISE CATHOLIQUE EST MORT


« Tourner la page » de l'élection

Après le vote de dimanche, Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale économique du pays, avaient offert le spectacle de villes désertées par une grande partie de la population craignant de possibles violences postélectorales. Venue à la veillée pascale de la paroisse Saint-Pierre Claver dans le quartier Bacongo de Brazzaville (quartier acquis à l'opposition), Rose Adelle, une commerçante, aspirait à la « paix » samedi. « Nous sommes venus pour fêter la Pâques, mais plus précisément pour la paix dans notre pays parce qu'à ce jour, ce que nous voyons, ça ne marche pas trop. »
Le ministère de l'Intérieur devrait déposer à partir de mardi les résultats officiels à la Cour constitutionnelle, qui aura alors 15 jours pour les valider, période pendant laquelle les signataires de la déclaration « du 25 mars » pourront déposer leurs recours. Les autorités ne cachent pas leur volonté d'aller vite pour « tourner la page » de l'élection.

VIDEO. Comment fabriquer la boule à résonance de l'Effet Dumas
 

Commentez sur Facebook