Lien vers ce message 29 Juillet 2014, 0:51
Certains contraceptifs oraux ont un effet contre l'acné qui n'est pas exploité par les laboratoires.

http://sante.lefigaro.fr/sites/default/files/media/field_media_image/PHO231bcae6-1416-11e4-9bca-8038900675ac-805x453.jpgLa pilule contraceptive pourrait être plus largement prescrite pour traiter l'acné chronique féminine, affirme un article du Journal de l'Académie américaine de dermatologie, selon lequel «la contraception hormonale peut constituer une stratégie de première intention appropriée pour certaines patientes». L'étude parue en mai montre que certaines associations œstro-progestatives sont aussi efficaces que les antibiotiques pour soigner l'acné, les deux traitements réduisant respectivement de 55 % et 53 % les lésions après six mois.
À travers une revue de la littérature scientifique, les chercheurs ont examiné l'efficacité de certaines pilules de deuxième, troisième et quatrième générations qui ont un pouvoir anti-androgénique. «Ces contraceptifs freinent la stimulation des glandes sébacées et réduisent la production de sébum qui bouche les pores de la peau. Cela entraîne une régulation de l'acné à long terme», confirme le Dr Marie Aléos, vice-présidente du Syndicat national des dermatologues vénérologues.
http://www.lefigaro.fr/medias/2014/07/25/PHO1f5b6838-1413-11e4-9bca-8038900675ac-600x446.jpg«Une pilule contraceptive peut être proposée à des femmes souffrant d'une acné légère à modérée et souhaitant prendre un contraceptif oral, mais seulement après un échec des autres traitements», souligne-t-elle. Les antibiotiques, qui réduisent l'inflammation, sont utilisés en traitement d'attaque, dans le cadre de cures de trois mois. Leur mécanisme d'action est différent de celui des hormones.
Des dossiers en cours
Les dermatologues hésitent à prescrire une pilule pour traiter l'acné et préfèrent orienter leurs patientes vers un gynécologue ou un médecin généraliste. «On a bien vu, avec le débat sur les risques thromboemboliques liés à la contraception hormonale, que cette prescription suppose un interrogatoire et une surveillance particulière», indique le Dr Aléos.
En outre, une seule pilule est commercialisée en France avec une double autorisation de mise sur le marché (pour ses propriétés contraceptives et dans le traitement de l'acné). Il s'agit du Triafemi, qui n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale. «D'autres pilules pourraient obtenir la double indication, précise-t-on toutefois à l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Encore faut-il que le laboratoire en fasse la demande et que des études bien conduites démontrent une efficacité sur l'acné». Plusieurs dossiers sont en cours d'examen. Quant à Diane 35, c'est, à l'inverse, un traitement contre l'acné qui s'avère avoir en plus une action contraceptive pour laquelle le laboratoire n'a pas fait de demande d'autorisation de mise sur le marché. Il ne s'agit donc pas officiellement d'une pilule.
En attendant de nouvelles recommandations, attendues pour la fin de l'année, les médecins rappellent que la prise en charge de l'acné est graduée et dépend de sa forme: une hygiène stricte et des traitements locaux pour les dermatoses légères à modérées, une approche thérapeutique spécifique (notamment par isotrétinoïne) en cas d'échec. Environ 70 % des adolescents et 20 % des adultes sont touchés, à des degrés divers, par cette maladie de peau qui peut avoir un retentissement important.

LeFigaro
 

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