Lien vers ce message 18 Octobre 2015, 23:55
http://mastakongo.com/english/images/Articles_photo/October2015/baby.pngLa raison du plus fort est toujours la meilleur

Dans le Coran, le prédicateur rapporte l’anecdote d’un pêcheur dépourvu de tout et qui, pour calmer sa faim, s’était rendu à la pêche. Il en revenait avec l’unique gros poisson qu’il avait attrapé lorsque sur le chemin de retour, il rencontra un soldat qui lui demanda de lui vendre le seul poisson qu’il avait pêché. Le pêcheur lui répondit qu’il ne le pouvait pas, parce que de toute la journée il avait peiné pour n’attraper que cet unique poisson. S’il le cédait contre de l’argent, il passerait la nuit affamé pour la quatrième journée d’affilée.

Mécontent de n’avoir pas reçu par vente le poisson qu’il enviait, le soldat qui connaissait pourtant la situation désespérée du pêcheur, n’hésita pas de le lui prendre par la force. Le pêcheur ne put rien faire d’autre que de s’adresser au Maître de l’Univers, Juge Suprême infaillible.

De son côté, tenant précieusement le poisson arraché par le cou et par la queue à cause de son poids, le soldat eut le malheur de voir un de ses doigts sectionné par le poisson encore vivant. Il ne put dormir toute la nuit. Il s’empressa d’aller à l’hôpital le matin pour s’entendre dire qu’il lui fallait se laisser amputer de la main, puisque la gangrène risquerait d’attaquer le bras. Il y consentit, mais le bras fut néanmoins attaqué. On procéda à lui amputer l’avant-bras. Mais le mal ne fut pas jugulé pour autant. Il fallait amputer tout le bras au niveau de l’épaule. Le regardant droit dans les yeux, le médecin lui posa la question de savoir s’il ne se souvenait pas d’avoir, dans un passé récent, commis un crime. L’homme avoua avoir arraché à un pauvre pêcheur affamé, le poisson qui constituait son repas de quatre jours. Le médecin lui conseilla de rechercher le pêcheur pour obtenir son pardon. Le pêcheur retrouvé répondit au soldat : « Si Allah te pardonne, je ferai de même ».

Transposée dans la géopolitique « Occident – Tiers-Monde », l’anecdote conduit à l’indignation non seulement des hommes et des femmes du Tiers-Monde, mais aussi de certains occidentaux de bon sens. Depuis plus d’un siècle, en effet :

1) L’Occident se croit la mesure de la politique et la culture du monde ;
2) L’Occident parle et décide à la place des peuples du monde ;
3) L’Occident se croit le gendarme du monde ;
4) L’Occident se moque de la multipolarité des politiques et cultures du monde ; veut tout uniformiser selon son modèle ; veut un monde formaté à son image et à sa ressemblance et ayant intériorisé ce que l’on appelle communément et abusivement « standards internationaux » alors qu’il s’agit des standards occidentaux ; veut un monde qui, à l’instar d’un miroir, lui renverrait sa propre image. Cette image, hélas, est une image de laideur, de mutilation, de violence aveugle, d’imposition des dictateurs dans le Tiers-Monde au gré de ses intérêts et par abus de sa position dominante en armement, détournant ainsi des acquits scientifiques et techniques dont la vocation est de rendre l’humanité solidaire dans son bonheur, de ce noble objectif.

Dans les dix derniers jours du mois de septembre 2015, des discours des Occidentaux sont venus à la rescousse de notre critique à l’égard de la géopolitique négative de l’Occident.

Le premier discours est celui des contrepoids au discours triomphaliste et impérialiste de l’Occident officiel. L’Occident officiel ne semblant pas avoir appris de ses erreurs, puisque continuant à pratiquer une politique à géométrie variable au gré de ses intérêts dans le monde, a provoqué des contrepoids :

Le plus grand contrepoids est la Russie de Poutine. Poutine est cohérent, en actes et en paroles.

En Ukraine, l’Occident a approuvé la mise hors-jeu politique du Président de la République élu Victor Janukovic, par le camp pro-occidental. La mise à l’écart en Egypte, de Morsi, ami des Occidentaux, est qualifiée de « coup d’Etat militaire » alors que l’armée s’est interposée entre les camps pro-Morsi et anti-Morsi pour ramener la sérénité dans le pays. Devant ces événements, le discours de l’Occident est celui des enchères, de provocation. Par rapport à ces événements, Moscou tient à sauvegarder ses intérêts. Et pour le cas de l’Ukraine, l’Occident, par ses sanctions économiques contre Moscou, s’est tiré une balle dans les pieds. Il a donné à la Russie qui a pris des contre-sanctions, l’occasion d’évaluer les faiblesses de son économie et d’y mettre fin. D’ici à trois ou quatre ans, la Russie qui favorise un monde multipolaire, n’aura plus besoin de fruits et de viande d’Occident. Tout au moins dans les quantités lui fournies avant les contre-sanctions. Et dire que pour l’Occident, le marché russe lui était favorable, puisque hautement solvable.

Et l’Occident de multiplier des accords commerciaux avec d’autres régions du monde : notamment avec les ACP (pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique), avec l’Amérique latine ; des accords de libre-échange avec les Etats-Unis d’Amérique, etc..

Qu’importe ! Le refus par la France de vendre les deux bateaux militaires commandés par la Russie à ce pays a fait comprendre à cette dernière qu’il est temps qu’elle développe sa propre technologie en ce domaine. Les sanctions financières occidentales contre la Russie ont fait comprendre à ce pays qu’il fallait se tourner dorénavant vers les BRICS (groupe de pays composé de Brésil, Russie, Inde, Chine et Sud-Afrique, pays dits émergents).

L’attitude complaisante des Etats-Unis d’Amérique à l’égard des crimes d’Israël contre les Palestiniens et par rapport à son arsenal d’armes nucléaires a amené les peuples asiatiques à s’opposer particulièrement aux Etats-Unis d’Amérique. Mais ceux-ci ne semblent pas avoir appris de leurs erreurs. Ils ont une vision politique de court terme. Le Viêt-Cong leur a infligé une défaite militaire historique en 1975 après une guerre de 30 en Indochine.

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Marines americain en afghanistan


En croisade contre les Talibans en Afghanistan, ils en sont partis en 2014, après 14 ans, sur la pointe des pieds sans résultat de longue durée, malgré quelques gesticulations après l’assassinat ciblé de Ben Laden.

En Somalie, le Général AIDID a infligé aux USA une grande humiliation en 1993, le corps du pilote US Force tué traîné dans les rues de Mogadiscio ; à la suite de quoi les Schébabs se sont levés pour s’opposer à l’Occident et rendre ingouvernable la Somalie. L’intervention en Libye a amené le chaos que l’on connaît en Afrique du Nord et de l’Ouest.

L’appui aux monarchies arabes exerçant l’oppression sur leurs peuples a rendu ces peuples hostiles aussi bien à leurs monarques qu’à l’Occident. Et l’Iran, depuis Khomeiny en 1979, est le porte-étendard des peuples qui veulent se libérer, en Asie, de la domination occidentale et israélienne.

Non content de tous ses échecs du passé, l’occident viole la charte des Nations-Unies en appuyant militairement dans une politique à géométrie variable, les forces dissolvantes de l’Etat Syrien aujourd’hui, radicalisant ainsi des haines et des divisions internes. Il est paradoxal et illusoire de prétendre chercher à former un gouvernement de tous les Syriens dans ces conditions sans laisser les Syriens se parler entre eux. Et écarter Bachar El Assad n’est pas une solution du moment que son idéologie peut continuer à influencer une bonne partie de l’opinion syrienne. On peut tuer des hommes, détruire toute une dynastie comme on cherche à le faire avec Kadhafi et Gbagbo, on ne saura pas tuer leurs idées.

Au sein de l’Union Européenne, il y a des contrepoids à la politique suicidaire à long terme du Quai d’Orsay.

Interrogée le 29/09/2015 dans « mardi politique » sur les antennes de Rfi, Marine Le Pen, présidente du Front National en France, déclare ceci :

Au sujet des réfugiés qui ont envahi l’Europe depuis janvier 2015, elle a déclaré n’être pas d’accord avec la diplomatie française inconstante qui déclare tantôt qu’en Syrie, on ne peut exclure personne de la Table de négociation, tantôt que Bachar El Assad ne peut y participer, puisqu’on ne peut mettre ensemble le bourreau et ses victimes. Or, que fait la Justice ? La justice veut justement un débat contradictoire entre les plaignants et l’accusé.

En cherchant à écarter Bachar, la France est allée ramasser un soi-disant déserteur de l’armée de Bachar, qui, comme par hasard, aurait été chargé de la garde des prisonniers du régime et qui aurait fui, emportant des photos compromettantes pour le régime. « Qui veut noyer son chien l’accuse de rage ». Des preuves, on peut les fabriquer. L’invasion de l’Irak par Bush-fils en 2003 relevait d’une escroquerie, les preuves étant inventées. L’invasion de la Libye relevait aussi d’une escroquerie, le vote des Nations-Unies étant manipulé par la France et la Grande-Bretagne. Pour Marine Le Pen, la Russie, critiquée en Occident pour son appui diplomatique et militaire à Bachar, agit selon le Droit international. Elle vient au secours de Bachar et à la demande de ce dernier, puisque jusqu’à l’heure actuelle, c’est ce dernier qui représente l’Etat Syrien. L’attitude de l’Occident, appuyant des forces centrifuges, est totalement subversive et contraire au Droit international. Elle est une ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat sans mandat international. Signalons enfin que la Russie de Poutine n’a pas d’instruction à recevoir ni de la France ni des Etats-Unis sur ce qu’elle a à faire en Syrie. Ce comportement cavalier de l’Occident ne peut trouver son origine que dans la bêtise et la stupidité qui caractérisent la nature humaine. En effet, le monde est gouverné par deux logiques :

. D’une part, la logique économique tendant à unifier le marché du monde au profit du plus fort ;
. D’autre part, la logique politique et culturelle, prônant des valeurs sur lesquelles sont édifiées les sociétés humaines et qui postulent la multipolarité.

La société occidentale, elle, fonctionne selon la logique économique et le principe du tiers exclu. Selon ce principe, de deux propositions contradictoires, si l’une est vraie, l’autre est fausse. Ainsi pour l’Occident, puisque la logique économique est celle qui garantit sa survie et ses intérêts, la logique des valeurs prônant la multipolarité doit lui être subordonnée et être au service de l’économie du Centre, c’est-à-dire de l’Occident. Toutes les autres économies et leurs valeurs sont des économies périphériques, accompagnant l’essor de celle du Centre. A partir de cette fiction, le Centre que se veut l’Occident, se croit habilité à fixer :

. les règles du Droit international ;
. les règles de l’économie politique, bref, ce que l’on appelle les « standards internationaux » du comportement humain en Bien et en Mal.

Le fondement de tout ceci est que, pour l’Occident, le fait d’être le plus fort durant ces 5 derniers siècles et d’avoir apprivoisé et formaté le monde selon son image et sa ressemblance, n’est pas un fait du hasard. Cela relève de la « loi » de la sélection naturelle qui veut que le plus fort seul vive et survive. En conséquence, « la loi du plus fort est toujours la meilleure ». Le reste du monde doit donc se conformer aux diktats de l’Occident politiquement, culturellement et économiquement.

CAS DE L’AFRIQUE


Le Tchad :

http://mastakongo.com/english/images/Articles_photo/October2015/mitterrand-hissen-habre.jpgHissen Habré et Mitterand

On juge aujourd’hui Hissen Habré pour des crimes réels et non fictifs. Mais comment était-il arrivé au pouvoir au Tchad ? N’est-ce pas avec l’appui de la France ? Le divorce entre lui et la France n’était-il pas intervenu à la suite du refus par lui de se conformer aux diktats de la France sur le rôle qu’il devait jouer en Afrique ?
Son successeur Idriss Débi, est-il plus intègre sur le plan des droits de l’homme que son prédécesseur après un pouvoir sans partage qui dure depuis 25 ans ? L’aide militaire apportée à la France au Mali, au Nigeria dans le combat contre Boko Haram, dans la mise à l’écart de Zotodia en Centrafrique lui vaut aujourd’hui l’appui de la France, très critique contre lui à l’avènement du président Hollande. Comme quoi, le monde tel qu’il fonctionne aujourd’hui, est un monde des intérêts, cyniquement.

http://mastakongo.com/english/images/Articles_photo/October2015/rose-croix-amorc-egyptien.jpgD’une manière générale, rares sont les peuples africains qui ont des présidents et dirigeants politiques relevant du choix souverain de leurs peuples. Dans la majorité des cas, il s’agit des dirigeants imposés par des puissances néocoloniales de l’Occident pour veiller sur les intérêts de ces dernières dans leurs pays : livrer en pâture leurs ressources naturelles et permettre la résorption du chômage en Occident. Et la plupart des dirigeants ainsi imposés font allégeance à une des sociétés secrètes occidentales : Franc-maçonnerie, Rose-Croix, Illuminati, Prima-Curia…où ils sont subordonnés au Grand Maître de ces sociétés secrètes et obéissent aux directives que leur donnent des gouvernants occidentaux, leurs chefs au sein de ces mêmes sociétés secrètes. Et quand le rôle qui leur a été assigné est terminé, on pourvoit à leur remplacement par d’autres Jokers issus des mêmes rangs. Ainsi, l’Afrique est à l’heure actuelle, l’otage de l’Occident. Une des preuves est que tout nouveau dirigeant africain effectue son premier voyage officiel en Occident pour aller remercier ses parrains Occidentaux plutôt que de visiter ses voisins africains. A cet égard, l’infantilisation de l’Afrique francophone est aussi à plaindre que celle de l’Afrique arabe à laquelle l’Europe veut faire croire qu’elle n’est pas africaine, mais partie intégrante de l’Occident méditerranéen. Or, dans les faits, l’arabe comme le noir sont généralement méprisés en Europe et objets de fortes discriminations : les clichés de l’arabe menteur et du noir primitif semblent avoir encore de belles années devant eux.

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Le Mali

La France y a bien combattu les Djihadistes, mais elle n’a curieusement pas fait ce job à Kidal, où Gislaine Dupont et son collègue de Rfi ont perdu la vie. Et Kidal reste aujourd’hui une épine sous les pieds des autorités maliennes. Pourquoi cette exception ? Aux Africains de répondre.

En Centrafrique

On a fait du bruit depuis deux ans qu’on allait assainir la situation. On a fait du bruit qu’il faut vite aller aux élections. Malheureusement, les conditions permissives d’une élection libre et transparente ne sont pas encore réunies :

. L’insécurité bat son plein à travers tout le pays ;
. On n’a pas désarmé les milices de tous les bords ;
. On n’a pas neutralisé les pêcheurs en eaux troubles que sont les Bozize et ceux qui ne se voient pas demain aux commandes du pays si les élections sont libres et transparentes ;
. On n’a pas formé une armée nationale républicaine ;
. Les Forces des Nations-Unies ont la réputation d’être derrière de petites filles centrafricaines, mineures en plus ;

Tout semble mis en œuvre pour que même après les élections, le blocage soit total. La question est : quel est l’agenda de la soi-disant Communauté internationale pour la Centrafrique ? Et à qui profite ce désordre savamment entretenu ? En tout cela, déchirée par ses contradictions internes, l’Union Africaine se tait.

En R.D Congo

http://mastakongo.com/english/images/Articles_photo/October2015/congo.jpgLe piège s’est refermé sur ce pays dès la première semaine de l’Indépendance :

. mutinerie dès le 05 juillet 1960 pour empêcher les nouvelles autorités de fonctionner ;
. sécession katangaise dès le 11 juillet 1960 pour les mêmes raisons ;
. massacre des populations civiles en déménagement interne à Bakwanga dès le 04 août 1960 par l’armée nationale sous l’ordre de Mobutu, le prototype des forces du chaos ;
. révocation du Premier Ministre Lumumba début septembre 1960 suivie de son arrestation et son assassinat au Katanga le 17 janvier 1961 sous l’impulsion de Mobutu, agent secret de l’Occident infiltré dans les Institutions publiques ;
. coup d’Etat de Mobutu, force négative au service de l’Occident, en novembre 1960 Mobutu qui, comme Brutus à l’égard de Cicéron dans la Rome antique, fut le tombeur de Lumumba, son naïf de bienfaiteur ;
. première Association des malfaiteurs, préparateurs du coup d’Etat de 1965, que fut le Groupe de Binza ;
. 1964, mutinerie à Kisangani et intervention des parachutistes belges pour protéger les Occidentaux de cette région (version officielle mais en réalité, il s’agissait de donner un coup de main à Mobutu pour neutraliser la rébellion qui occupait cette partie du pays sous le commandement de Gizenga) ;
. août 1964, promulgation de la première constitution congolaise en remplacement de la Loi Fondamentale mise en place à l’accession du pays à l’Indépendance. La Loi Fondamentale fut violée par le Président Kasa-Vubu dans la révocation du Premier Ministre Lumumba sans recours au vote de destitution par le Parlement, mais sous pression des chancelleries occidentales accréditées au pays ;
http://mastakongo.com/english/images/Articles_photo/October2015/mobutu-lumumba-1.jpgPatrice Lumumba et Mobutu
. 1965, violation de la Constitution d’août 1964 due au refus du Président Kasa-Vubu de désigner Tchombé formateur du gouvernement en tant que vainqueur des élections législatives de 1965. Ceci, à la suite d’une ruse de Mobutu qui lui avait conseillé de désigner Evariste Kimba formateur du gouvernement post-électoral de 1965 à la place du vainqueur des élections, tout en sachant Kimba sans majorité parlementaire pour être investi. Crise gouvernementale et prétexte pour s’emparer du pouvoir avec la bénédiction occidentale, le 24 novembre 1965 et défénestrer le Président Kasa-Vubu qui croyait Mobutu travailler pour lui, mais aussi Moïse Tchombé, gagnant des élections législatives de 1965 et pressenti futur Président de la République. Trente-deux ans de pouvoir mobutiste de gabegie financière, de démonétisations punitives, de destruction des forces vives de la Nation ; monde politique, monde ouvrier, monde universitaire, Eglise Catholique ; destruction des banques et de l’économie ; imposition du Programme d’Ajustement Structurel et mise au chômage des cadres de la Fonction Publique et du Privé ; graves violations des droits de l’homme ; République des copains assistant à des danses obscènes des semaines durant au stade Tata Raphaël en 1974 et grave dépravation des mœurs ; destruction des banques ; événement du voleur Bindo ; impunité ; transformation jusqu’à ce jour de l’armée républicaine en milices privées avec des caporaux comme généraux ; finalement départ forcé laissant derrière lui une dette publique de 12 milliards de USD et un enseignement sur quotas au rabais ; clientélisme politique et népotisme dans l’armée et l’administration ;
. un autre joker, Laurent Kabila, vint : un gros rire ; du whisky à gogo ; amoureux de la poétique du verbe ; cachant aux Congolais la présence des rwandais dans l’ossature de son armée ; vendeur des diamants ; cachant la vraie identité de Kanambe Hyppolite, alias Joseph Kabila ; mourant de manière ignoble, l’argent stocké dans un coffre-fort magnétique au Zimbabwe devenant, paraît-il, propriété du nommé Joseph Kabila, lequel, comme Mobutu pour avoir aidé à liquider Lumumba et Kasa-Vubu, a bénéficié d’un long règne (16 ans) pour avoir supprimé à son tour Laurent Kabila.
Et l’Occident ne voit aujourd’hui, comme remplaçants, que Kamerhe ou Moïse Katumbi. Il appartient aux Congolais de réfléchir, d’ouvrir les yeux et de se prendre en charge car, comme a dit Martin Luther King Junior : « La valeur d’un pays, d’un peuple, d’un homme, ne se mesure pas à des moments de prospérité et de vie facile, mais à des moments d’infortune, de défis et des contrariétés ».

Car, c’est depuis 100 ans selon Colette Braeckman et 500 ans, selon nous, que le Congo est victime d’une vaste aventure de truanderie de la part de l’Occident. Monguya, ancien gouverneur de Mobutu au Katanga dans « Autopsie de la barbarie au service du monde occidental », a vigoureusement stigmatisé le fait pour Mobutu de considérer que sa mission de chef d’Etat au Zaïre imposé par l’Occident, était de protéger les intérêts des multinationales occidentales au détriment de ceux du Congo.

« L’âme profonde de la classe dirigeante d’un peuple, avait déclaré Mandela, se reconnaît par la manière dont celle-ci traite ce peuple ». Il est possible de reconnaître l’âme profonde de la classe dirigeante d’un peuple à ses fruits. « Un politicien est celui qui, aussitôt élu, prépare déjà sa prochaine élection ». Par contre, « un homme d’Etat est celui qui est tout entier, consacré à créer les conditions du bien-être de son peuple ».

L’un est amoureux de la poétique du verbe : faire des annonces sans lendemains. L’autre est amoureux de la poétique de l’action constructive. L’un règne avec des conflits sociaux récurrents non résolus. L’autre règne en promouvant la paix.

http://mastakongo.com/english/images/Articles_photo/October2015/Patrice-Lumumba-Joseph-Kasavubu-Baudouin-1er.jpgJoseph Kasavubu et le roi des belges Baudouin 1er, (premier plan), en arrière-plan, Joseph Ileo, Patrice Lumumba et son ministre des affaires etrangères Justin Marie Bomboko
La classe politique aux commandes du pays depuis Mobutu, donc depuis 50 ans, est celle majoritairement des politiciens pilleurs du pays par contagion. Du temps de Mobutu, aucune limitation de mandats n’était dans la Constitution. Dans la Constitution de 2006, la durée fixée à 5 ans du mandat présidentiel et la restriction constitutionnelle à deux mandats ne sont pas du goût de Joseph Kabila. Ce dernier, selon David Van Reybroeck in « Congo une histoire », a mis sur pied, depuis 2009, une commission chargée d’examiner si le mandat présidentiel ne pouvait pas passer de 5 à 7 ans et si la limitation constitutionnelle à 2 mandats ne pouvait pas être supprimée pour que le président soit éternellement rééligible. Position que le même Joseph Kabila avait exprimée dans l’organe de presse à Kigali en avril 2009, s’exprimant en Kinyarwanda. Ladite commission serait peut-être à l’origine du livre du professeur Boshab qui avait fait débat pour avoir postulé le déverrouillage de l’art. 220 de la Constitution congolaise limitant à 2 les mandats présidentiels ainsi que de la tentative en janvier 2015 de supprimer cette limitation au Parlement, tentative qui a vu l’exaspération populaire se muer en révolte du 19 au 22 janvier 2015, entraînant des dizaines des massacrés par le régime.

Les déclarations des émissaires de Kabila sur l’alternance en 2016 sont démenties par le comportement de « Joseph Kabila » lui-même. Ceux qui lui demandent de respecter la Constitution deviennent ses ennemis ; la mise sur pied de 26 provinces non viables faute de volonté politique à une année de l’élection présidentielle alors qu’il faut 3 à 5 ans pour asseoir une nouvelle province ; la non mobilisation d’un budget pour les élections durant la législature qui s’achève ; la volonté de lancer un recensement qui va durer 5 ans à une année de l’élection présidentielle ; le verrouillage du fichier électoral. Voilà autant des points qui en disent long sur l’intention de Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir sans élections en 2016. Dans ces conditions, il est illusoire de prétendre qu’aller à de mauvaises élections plusieurs fois créera une dynamique de responsabilisation pour une bonne gouvernance. Bien au contraire, « les élections vont devenir un rituel creux qui donne à des régimes autocratiques un fin vernis de légitimité ».(David Van Reybroeck, o.c., p. 549). C’est là la consécration même de la mauvaise gouvernance. Un régime autocratique comme celui de Kabila est d’expérience, insensible aux souffrances du peuple congolais auquel lui et ses parrains occidentaux demandent d’accepter, pour un pays de 70 millions d’habitants, d’une superficie de 2.345.409 km², pillé à longueur de journées et mal géré, un budget de 7 milliards de $US par an, montant qui représente le tiers du budget de l’armée égyptienne pour ne citer que ce pays. Donc, pas d’emplois, pas d’aménagement d’infrastructures, pas d’enseignement de qualité et pas de santé de qualité pour la population. La RDC devient ainsi un laboratoire de l’Occident en matière de libéralisation de l’économie dans le cadre de la mondialisation. Au même moment où le budget de la RDC est insignifiant, on verse à la Grèce, en plus, 86 milliards d’Euros, totalisant, en 5 ans, plus de 300 milliards d’Euros lui versés pour son redressement. Quel écart et quelle différence de traitement ? Entretemps, avec une mission de maintien de la paix de près de 20.000 hommes, en 15 ans, on n’arrive ni à bloquer les infiltrations des rwandais, ni à désarmer les différentes milices, ni à protéger correctement les populations civiles. Et ceux qui se sont hier attaqué à Kadhafi et aujourd’hui à Bachar El Assad, sont les mêmes qui, en 2011, ont rehissé Kabila au pouvoir sans qu’il soit élu. La cause des malheurs du Congo, a dû ainsi régner 5 ans de plus sur les victimes. Aucune plainte à la CPI le concernant n’a abouti. Que veut-on faire de la RDC ? Les complices d’un bourreau ne sont-ils pas des bourreaux ? Le plus étonnant est que c’est d’eux que notre peuple attend ses solutions ? Sommes-nous conscients de l’incohérence de notre comportement infantile ? Le monde est fait pour être solidaire et complémentaire. Le regard structurant voit l’efficacité technique comme apport de l’Occident ; les valeurs spirituelles, de l’Asie ; la poétique du verbe, de l’Afrique. L’histoire nous apprend que Rome et le monde byzantin, au sommet de leurs civilisations, ont connu la décadence. Que l’Occident s’en souvienne.

MUAKA MATADI
15/10/2015
Message édité 4 fois, dernière édition par root, 19 Octobre 2015, 7:37  
 

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