Lien vers ce message 15 Aout 2015, 12:18
Nigeria: les funérailles du roi des Yorubas entourées de mystère

Publié le 15-08-2015 Par RFI

http://mastakongo.com/english/images/breaking_news/roi-yoruba-a-ife.jpg
Oba Okunadé Sijuwade Olubusé II est décédé en juillet, mais ses funérailles se sont déroulées dans le plus grand secret à Ifé, mercredi 12 août.
AFP PHOTO/PIUS UTOMI EKPEI


A Ifé au Nigeria, la communauté yoruba pleure son roi. Olubusé II, Ooni d'Ifé, est mort. Très malade, il s'est éteint en juillet à Londres. Ses funérailles ont eu lieu mercredi 12 août à Ifé dans la capitale de la culture yoruba. Un deuil général de 7 jours a débuté hier sur place. Quant aux funérailles, elles se sont déroulées dans un climat très particulier.

Oba Okunadé Sijuwade Olubusé II est le gardien des temples des Oduduwa, l'ancêtre des peuples yorubas à Ifé. Et quand le roi meurt, il se passe des choses étranges.

Mercredi à Ifé, la ville était sous couvre-feu. Les habitants ont reçu l'ordre de rester cloîtrer chez eux de 9h du matin jusqu'à 16h. Pas question d'assister à des rites ancestraux placés sous le sceau du secret et de la magie.

Remi Sonaiya est professeur de français à la retraite et, femme politique à Ifé. Elle revient sur l’étrange ambiance qui régnait dans la ville. « J’ai été condamnée à rester à la maison pendant que se déroulait une cérémonie secrète. Apparemment certains chefs yorubas allaient un peu partout, pour faire quoi ? Je ne sais pas. Il y a beaucoup beaucoup de mystères. Il y a des rumeurs. Les gens ont peur parce qu’on dit que lorsque le roi meurt, il ne peut pas être enterré seul. Il y a des gens qui doivent l’accompagner ! »

Remi Sonaiya est une Yoruba attachée à sa culture mais trés critique envers le culte du mystère qui entoure la cour royale. Les rois sont des hommes très riches, très puissants, considérés comme des dieux et, pour elle, il est temps d'évoluer.

« Je ne vois pas comment nous allons vraiment avancer dans le monde si nous continuons à maintenir certains aspects de notre culture. C’est ça le cœur de la question », estime Remi Sonaiya. Il y aurait 24 prétendants à la succession d'Olubusé II.
 

Commentez sur Facebook