Lien vers ce message 01 Aout 2015, 9:52
Les comportements non-éthiques pourraient être dus à un excès d'hormones, affirment des chercheurs américains. Explications.

Par Hugo Jalinière Publié le 31-07-2015 à 12h37 sciencesetavenir

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Une anti-sèche de pro. ©Hariadhi, Wikimedia CommonsUne anti-sèche de pro. ©Hariadhi, Wikimedia Commons

TRICHEURS. Adepte de la triche au Monopoly ? C'est peut-être un "problème" d'hormones... C'est en tout cas ce que rapporte une équipe de chercheurs des universités du Texas et de Harvard qui publient une étude dans la revue Journal of Experimental Psychology concernant l'impact du système endocrinien sur notre tendance à adopter des comportements non-éthiques. Ainsi, une petite expérience réalisée sur 117 personnes leur a permis d'associer une plus forte propension à s'arranger avec la réalité avec un niveaux plus élevé de deux hormones : la testostérone et la cortisol, l'hormone du stress. "Bien que la science des hormones et celle du comportement soient nées au début du 19e siècle, ce n'est que récemment que la recherche a révélé à quel point le système endocrinien est en mesure d'influencer les comportements humains", explique le professeur Robert Josephs de l'université du Texas.

Un niveau élevé de testostérone diminue la crainte des sanctions tout en augmentant la sensibilité à la récompense" - Pr Robert Josephs


Il a été demandé à ces participants d'effectuer une série d'exercices de mathématiques et, une fois les solutions données, de se noter eux-mêmes et de rapporter le nombre de problèmes correctement résolus. Pour mettre un peu de piment, ceux qui présentaient les meilleurs résultats devaient toucher une récompense en espèces sonnantes et trébuchantes. À partir d'échantillons de salive collectés avant et après les tests, les chercheurs ont établi que les individus avec des niveaux élevés de testostérone et de cortisol avaient plus tendance à exagérer le nombre de problème correctement résolus.

L'explication ? D'un côté, "un niveau élevé de testostérone diminue la crainte des sanctions tout en augmentant la sensibilité à la récompense", explique le Pr Robert Josephs ; de l'autre, "un niveau élevé de cortisol est lié à un état de stress important". Or face à un problème, le niveau de stress est plus élevé. Ainsi "la testostérone fournit le courage de tricher tandis que la cortisol offre une bonne raison de tricher" : se soulager de son stress. Car de fait, les participants ayant triché présentaient après l'expérience des niveaux plus faibles de cortisol comme si le fait de tricher les avait libérés. "La réduction du stress est accompagnée d'une forte stimulation du circuit de la récompense dans le cerveau. Ainsi, ces modifications physiologico-psychologiques ont pour malheureuse conséquence de renforcer les comportements contraires à la morale", précise le Pr Josephs.

"Le message à retenir est que les injonctions fondées sur l'éthique et la morale tout comme celles reposant sur la menace de sanctions ne seraient en fait pas efficaces pour prévenir la fraude", poursuit le chercheur. Ces travaux mettant en lumière de nouveaux mécanismes sous-jacent à ce type de comportements pourraient ainsi ouvrir la voix à de nouvelles stratégie comme "méditer pour réduire son niveau de stress" par exemple. En attendant, vous saurez quoi répondre la prochaine fois que vous serez pris la main dans la banque au Monopoly.
Message édité 3 fois, dernière édition par mishd, 01 Aout 2015, 10:01  
 

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