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Veolia vient d’inaugurer la première unité de production de biocarburant à partir d’huile de friture. Jusqu’ici pratiqué de façon artisanale, ce recyclage d’un résidu alimentaire atteint le stade industriel.

Par Loïc Chauveau Publié le 30-07-2015 à 15h30

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Le procédé de transformation des huiles usagées en biocarburant passe enfin à l'échelle industrielle ©CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA

FRITURE. Depuis quelques années, les bricoleurs amateurs d’économies à la pompe, ont appris à filtrer l’huile de friture détournée des restaurants pour alimenter leur moteur diesel. Interdite par la réglementation mais tolérée, la pratique tend à se diffuser un peu partout en France, notamment via Internet. En théorie cependant, seuls les agriculteurs utilisant une huile végétale pure (HVP) issue de leurs récoltes et les gérants de flottes propres comme les collectivités ou des industriels bénéficiant de dérogation comme Mc Donald France qui recycle les résidus de ses restaurants, peuvent rouler à l’huile alimentaire usagée.

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L'usine de Limay. ©Veolia

En inaugurant son usine de Limay (Yvelines), la multinationale Veolia donne pour la première fois une dimension industrielle à ce recyclage très vertueux. Chaque litre d’huile de restaurant valorisée permet en effet d’éviter l’émission de 3 kilos de CO2. Ce biocarburant n’entre en aucune façon en compétition avec la production alimentaire de l’agriculture. C’est enfin un moyen élégant pour les restaurateurs de se débarrasser d’un déchet autrement qu’en le déversant dans l’évier, geste dommageable pour le bon fonctionnement des égouts ainsi que l’ont démontré lors de l’hiver 2014 les services d’assainissement de la ville de Londres.

Une huile purifiée qui n'abîme pas les moteurs

RECYCLAGE. Veolia assure ainsi qu’elle n’aura aucune difficulté à collecter les 20 000 tonnes d’huiles usagées nécessaires à alimenter l’usine. 20 000 restaurants et cantines d’entreprises font partie d’un réseau de collecte d’autant plus efficace que tout producteur de plus de 60 kilos d’huile de friture par an a l’obligation de trouver une solution de recyclage. A l’arrivée sur le site, les huiles sont filtrées et lavées. En ajoutant de la soude et du méthanol (procédé d’estérification), on obtient un ester méthylique d’huile usagée (EMHU) pouvant être brûlé par n’importe quel moteur diesel en toute sécurité. Le procédé fournit un sous-produit, la glycérine, qui est utilisée par l’industrie chimique.

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Procédé de fabrication de biocarburant à partir des huiles alimentaires usagées. ©Veolia

Au final, les 20 000 tonnes d’huiles usagées produisent 20 000 tonnes de biocarburant, une goutte par rapport aux 32 millions de tonnes de gazole consommées tous les ans en France. Mais cet apport permet d’aider à remplir les objectifs européens d’incorporation de 10% de biocarburant dans les réservoirs d’ici 2020 tout en se débarrassant d’un polluant. A noter que depuis 2013, l’usine Estener au Havre recycle selon le même procédé, 80 000 tonnes de graisses animales non alimentaires issues d’abattoirs.
 

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