Lien vers ce message 24 Juillet 2015, 21:39
Des collyres contenant une substance naturellement présente dans l'œil réduiraient la sévérité de la cataracte in vivo sur des chiens et des lapins.

Par Lise Loumé Publié le 24-07-2015 à 14h01

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Ce traitement à base de collyres pourrait remplacer la chirurgie. © JOEL SAGET / AFP

CATARACTE. Touchant plus de la moitié des personnes âgées de plus de 65 ans, et plus des deux tiers de celles de plus de 75 ans, la cataracte est une opacification progressive du cristallin (la lentille située à l'intérieur de l'œil - voir schéma ci-dessous), qui entraîne une baisse progressive de la vision associée à une éblouissement à la lumière vive. Sans traitement, la cataracte peut provoquer une perte de la vision : elle représente la troisième cause de cécité en France après la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) et le glaucome.

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La cataracte correspond à une opacification du cristallin. À gauche : un œil sain, permettant une vision nette. À droite : un œil présentant un cristallin opacifié caractéristique de la cataracte, entraînant une vision floue. © Inserm, Frédérique Koulikoff

450.000 interventions chirurgicales chaque année

Même s'il existe quelques médicaments qui ont une autorisation de mise sur le marché dans le traitement d'appoint de la cataracte, le traitement de référence de la cataracte reste la chirurgie. Avec environ 450.000 interventions chaque année, la cataracte est même la première cause de chirurgie en France. Pour éviter d'en passer par là, des chercheurs chinois proposent une autre alternative dans la revue Nature : un traitement par collyres, qui réduirait la sévérité de la cataracte in vivo sur des chiens. Ces gouttes contiennent du lanostérol, une substance produite naturellement par l'œil et la clé pour prévenir la formation de la cataracte, selon les chercheurs chinois. Le lanostérol réussit à s’opposer au lent processus de dénaturation des cristallins et de formation d’agrégats dans l’œil, conséquences d'une cataracte.

Les scientifiques ont testé ces gouttes sur des chiens souffrant naturellement de cataracte. Après six semaines de traitements, l'opacité du cristallin des chiens malades a diminué, réduisant la sévérité de la maladie. Même constat pour les lapins naturellement atteint. Cette recherche pourrait déboucher sur "le premier traitement préventif de la cataracte chez l'homme", a déclaré l'expert indépendant américain Fielding Hejtmancik, dans un commentaire séparé publié par Nature. Reste à tester ce traitement chez l’homme pour prouver son efficacité.
 

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