Lien vers ce message 16 Juillet 2014, 12:14
Homme macho, femme bimbo : la télévision continue de véhiculer des stéréotypes sexistes. Les héroïnes sont souvent des employées et, lorsqu'elles ne sont pas dévoyées, elles sont dociles et cherchent un mari, selon des études du CSA publiées en juillet.

Elles sont 25, jeunes et belles, offertes à un « parfait gentleman ». Ça se passe sur NT1. Zap. Sur NRJ12, les « anges » bimbos, cheveux exubérants et vocabulaire modeste, rêvent d'entrer dans le showbiz à l'aide de leurs décolletés. Zap. Sur TF1, une marâtre féroce juge les filles qui convointent son fils, apprenti macho. Zap. http://belleetcultivee.com/wp-content/uploads/2014/01/telerealite.jpegPendant ce temps dans d'autres séries, Alice Nevers et Julie Lescaut combattent l'injustice. Autant dire que la femme, sur le petit écran, c'est un peu la maman ou la putain.
Caricatural ? À l'extrême, mais il est de bon ton de minimiser l'impact de ces images souvent dégradantes d'un « Ce n'est que du divertissement ! » Et chacun d'évoquer le second degré. Pourtant, ces stéréotypes influencent et conditionnent l'image de la femme auprès des jeunes générations. Les ados des années 1980 avaient 21 Jump Street, ceux des années 1990, Beverly Hills. Quid de la nouvelle génération, née avec Loft Story ?
Les programmes de divertissement nuisent-ils à l'égalité des sexes ? Pour Ségolène Hanotaux, du collectif Prenons la une !, qui veille à une juste représentation de la femme dans les médias, ils sont loin d'être innocents. « Ces émissions sont vues par des jeunes filles, mais aussi par des jeunes garçons. Ils cherchent des modèles dans la réalité mais aussi dans la fiction pour se construire eux-mêmes. Sauf qu'à la télé, on voit surtout des bimbos. » Nabilla, souvent raillée, serait en effet la nouvelle idole des jeunes. « Le rêve des petites filles, aujourd'hui, c'est de passer à la télévision pour divertir, sans autre but que d'être une star. »

http://www.stars-actu.fr/wp-content/uploads/2013/02/lesanges5_candidats.jpgJustement, que sert le petit écran comme menu à nos enfants ? À y regarder de plus près, une piètre image de la femme. Plusieurs études du CSA, publiées en juillet, confirment que ces programmes « sont particulièrement vecteurs de stéréotypes, que ce soit par les profils mis en scène ou par les rapports hommes-femmes qui y sont présentés ».

La femme de la téléréalité : une bimbo dans un harem
Pour réaliser ces études, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a décortiqué plusieurs émissions diffusées entre janvier et mai « portant sur des jeux de séduction, sur l'apparence physique ou qui suivent au quotidien des personnes dans leurs faits et gestes ». Le Conseil a ainsi passé au crible ces jeux où des prétendantes affichent une ambition qui ne dépasse pas celle de la femme moyenne des années 1950, à savoir mettre le grapin sur le gentleman du quartier, que ce soit dans « Bachelor le gentleman célibataire » (NT1), « Qui veut épouser mon fils » (TF1), ou « L'amour est dans le pré » (M6). D'autres émissions à base de starlettes recyclées, des « Anges de la téléréalité 6 » (NRJ 12) aux « Marseillais à Rio » (W9) sont également dans le viseur.

http://media.nrj.fr/436x327/2013/06/Les_Anges_de_la_Tele_Realite_5_:_les_garcons_posent_nus_!25.jpgConclusion sanglante : les émissions de célibataires en mal d'amour se fonderaient « sur l'assujettissement d'un groupe de femmes à la sélection drastique d'un jeune célibataire les jugeant sur des critères mêlant esthétisme et docilité ». Quant aux programmes réunissant dans une même demeure la crème intellectuelle de la téléréalité, ils délivrent une image de la femme s'adonnant « à l'oiseveté » et réduite à « des préoccupations futiles ». À chaque fois, la gent féminine est très largement valorisée au travers de son apparence physique, 85% des participantes étant perçues comme séduisantes. Le CSA note, par ailleurs, qu'elles sont essentiellement représentées dans la catégorie socioprofessionnelle des employés (23%) ou des personnes sans activité (15%), « les métiers les plus exposés étant ceux de serveuse et danseuse », détaille le Conseil. « Les femmes de pouvoir, intelligentes ou qui ont fait des études, on ne les voit jamais ! À la télé, on ne retrouve pas une femme qui correspond à la réalité », s'indigne Ségolène Hanotaux. Continue...

LeFigaro
 

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