Lien vers ce message 14 Juillet 2015, 17:35
Cinq ans après l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana, le procès en appel devant la Haute cour militaire de République démocratique du Congo donne lieu à de nouvelles révélations. Une mystérieuse « troisième victime » aurait été tuée le 1er juin 2010 et, selon les parties civiles, il s’agit d’un policier qui en savait trop.

Publié le 14-07-2015 Par RFI

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Les cinq policiers accusés du meurtre de Floribert Chebeya. Au premier plan, le colonel Daniel Mukalay, chef adjoint des services spéciaux de la police.
RFI / Bruno Minas


Le mystère sur la troisième victime du 1er juin 2010 serait en train d’être levé. Lors de l’audience de ce lundi 13 juillet devant la Haute cour militaire de RDC sur l'assassinat de Floribert Chebeya, défenseur des droits de l’homme et directeur de l’ONG la Voix des sans-voix (VSV), et de son chauffeur Fidèle Bazana, l’un des avocats des parties civiles a affirmé qu’il s’agissait d’un policier de la police nationale, l’agent Kabongo, qui était affecté à la brigade canine à l’époque des faits.

Selon Me Jean-Marie Kabengela, du collectif des parties civiles, le nom de ce policier est apparu dès le « premier degré » de l’affaire. « On a parlé d’un APJ [agent de police judiciaire, ndlr] Kabongo qui revenait du camp, où il a été cherché du sel pour faire la cuisine chez les policiers... Depuis lors, on n’a jamais retrouvé l’APJ Kabongo », souligne l’avocat, qui demande à la Haute cour militaire d’enquêter sur le cas de ce policier disparu.

Le nom du policier apparaît effectivement dès la première instance, notamment dans le compte-rendu d'une audience de décembre 2010 dressé par l'ONG Action contre l’impunité pour les droits humains. L'ONG stipule que le policier Kabongo devait être entendu le 30 décembre 2010, mais qu'il n'a « pas été atteint ».

Les parties civiles demandent une nouvelle instruction

Pour Me Jean-marie Kabengela, le motif de cette dispartion est clair : « Nous sommes en droit de croire que la troisième personne qui devait être assassinée ce jour-là, c’est l’APJ Kabongo, parce que, de son retour du camp Kokolo et ayant vu ce qu’il se passait, il s’était caché. Et de sa cachette, il observait tout ce qui se passait contre Floribert Chebeya », estime Me Kabengela.

Mais il est difficile à la Haute cour militaire de s’intéresser à ce cas à ce stade de la procédure. En appel, la cour ne peut en effet examiner le dossier que tel qu’il a été transmis par le juge. Pour Me Richard Bondo, autre avocat membre du collectif des parties civiles, il faudrait pouvoir reprendre le procès en première instance, pour enclencher une nouvelle instruction.

Par ailleurs, au cours de la même audience de ce lundi 13 juillet, l’ancien chauffeur du colonel Daniel Mukalay, Kalala Kalao, a affirmé que certains de ceux qu’il accuse d’être les assassins de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana auraient été exfiltrés vers la province du Katanga par le général John Numbi Banza, l'ancien inspecteur de la police nationale congolaise, qui leur a confié de nouvelles affectations.
 

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