Lien vers ce message 06 Juillet 2015, 17:00
Une simple biopsie de tissu musculaire permet de préciser la date de la mort d'une personne jusqu’à 10 jours après son décès, contre un maximum de 36 heures avec les techniques actuelles.

Par Sylvie Riou-Milliot Publié le 06-07-2015 à 16h34

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ette technique repose sur une simple biopsie (analyse) de tissu musculaire et permet de remonter… jusqu’à 10 jours après le coup fatal. © MARTIN BUREAU / AFPCette technique repose sur une simple biopsie (analyse) de tissu musculaire et permet de remonter… jusqu’à 10 jours après le coup fatal. © MARTIN BUREAU / AFP

AUTOPSIE. A quand remonte le décès de la victime ? Cette question revient quasi systématiquement lors des autopsies menées par les médecins légistes lors d’affaires criminelles. Pour y répondre, plusieurs techniques sont à disposition de ces spécialistes de l’enquête post-mortem : prise de température du corps, appréciation de la rigidité cadavérique, présence ou non de lividités dites cadavériques, ces colorations violacées de la peau liées à un déplacement du sang vers le bas du corps qui débute dès l'arrêt du cœur, et donc de l'écoulement du sang dans l’organisme. Mais ces techniques ont une limite majeure : elles ne permettent pas de remonter avec précision au-delà de 36h après le décès. Une nouvelle méthode développée par une équipe de l'université de Salzbourg devrait donc, à terme, changer la pratique... et donner un grand coup de pouce aux enquêteurs !

L’observation de la dégradation post mortem de certaines protéines

Cette nouvelle approche vient d’être présentée à la Société de biologie expérimentale. Elle repose sur une simple biopsie (analyse) de tissu musculaire et permet de remonter… jusqu’à 10 jours après le coup fatal. Tout est parti de l’observation de la dégradation des protéines et des enzymes post mortem. Certaines (tropomyosine, actinine) ne commencent en effet à se dégrader que 240 heures, soit 10 jours, après le décès. Et les chercheurs sont parvenus à reconstituer finement, en fonction du temps, leur apparition dans les muscles, ce qui permet aux légistes de calculer le temps écoulé depuis la mort. Les chercheurs ont ensuite pu travailler directement sur des cadavres humains et vérifier ainsi leurs premières données observées chez l’animal.

Principal avantage à cette biopsie : sa facilité de mise en place. Les tissus musculaires sont en effet très abondants dans le corps humain, les protéines dosées déjà connues, et la méthode d’analyse n’excède pas 24 heures. Si déterminer l’heure précise de la mort ne suffit pas à résoudre l’enquête, elle permet cependant de mieux cerner les circonstances et de déterminer – ou d’innocenter - de façon plus précise d’éventuels suspects !
 

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