Lien vers ce message 19 Juin 2015, 12:20
Par MUAKA MATADI 15/06/2015

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Le plus grand regret dans cette crise est qu’il y a eu mort d’hommes. Le plus grand regret en Afrique est que les chefs d’Etat sacrifient continuellement des vies humaines afin de garder indéfiniment le pouvoir.

Selon notre entendement, les torts sont partagés :

D’une manière générale,, l’arrimage de la classe politique africaine sur des courants politiques occidentaux privilégiant un rapport de force avantageux des uns sur les autres a conduit à l’absence de confiance entre les acteurs politiques de divers bords et, par conséquent, au dysfonctionnement d’une communication susceptible d’apaiser les tensions.
En observateur lointain de la crise burundaise, nous avons perçu un malentendu profond entre le camp présidentiel et l’opposition.
Le nœud du problème : la candidature de Pierre Nkurunziza est-elle constitutionnelle ou anticonstitutionnelle en cette année 2015 ?

Pour l’opposition, elle est anticonstitutionnelle, puisqu’il s’agirait d’un troisième mandat, non autorisé par la constitution burundaise ;
Pour le camp présidentiel, il s’agirait d’un deuxième mandat constitutionnel, le soi-disant premier mandat étant un mandat consensuel lui accordé selon les accords d’Arusha et non suivant la constitution, au suffrage universel.

Comment départager les deux parties devant ce nœud gordien ?

http://www.la-croix.com/var/bayard/storage/images/lacroix/actualite/monde/burundi-face-a-la-crise-politique-les-occidentaux-demandent-un-report-des-elections-2015-05-11-1311284/42656588-1-fre-FR/Burundi-face-a-la-crise-politique-les-Occidentaux-demandent-un-report-des-elections_article_popin.jpgNotre opinion est qu’il existe une jurisprudence africaine en cette matière.

Cas de la RD Congo :

Lorsque Laurent Kabila a mystérieusement disparu, le nommé Joseph Kabila s’est, selon l’agenda de ses mentors, imposé de 2001 à 2003 ; puis, conformément aux accords de Sun City, de 2003 à 2006. Ces 5 ans passés au sommet de l’Etat n’ont pas été comptabilisés comme premier mandat. Il est indéniable qu’il va épuiser en 2016 ses deux mandats constitutionnels commencés en 2006. Pierre Nkurunziza n’a été constitutionnellement élu au suffrage universel qu’une fois. Cette fois-ci, s’il est élu, ce serait la deuxième fois correspondant au deuxième mandat constitutionnel au suffrage universel. Pourquoi donc ces tiraillements qui ont conduit à la crise ?

La faute, à notre humble avis, revient à Pierre Nkurunziza lui-même pour avoir tenté de modifier la constitution. Cette tentative-là a conduit à voir que lui-même avait une certaine confusion dans son esprit et qu’il ignorait la jurisprudence africaine dont le cas RDC évoqué ci-dessus. Cette regrettable confusion en lui-même a jeté encore plus de confusion dans l’esprit des masses populaires qui voient son actuelle tentative de briguer un autre mandat comme un passage en force.

Devant ces faits, la solution de sagesse aurait été de s’en aller embrasser le poste que la FIFA lui offrait. On aurait ainsi évité des pertes humaines et il en serait sorti grandi. Mais hélas !
 

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