Lien vers ce message 09 Juillet 2014, 9:54
L'audit présenté mardi établit à 74,5 millions d'euros la dette financière fin juin et préconise des coupes sévères.

Un verdict sans appel. Les représentants du cabinet AdVolis ont présenté mardi au triumvirat des anciens premiers ministres -Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon-, puis au bureau politique, les conclusions de leur enquête sur l'état des finances de l'UMP. http://www.lefigaro.fr/medias/2014/07/08/PHO43c0552e-06b4-11e4-aed2-839a52b01cd8-805x453.jpgFin 2013, la dette financière de la première formation d'opposition était de 79,1 millions d'euros, avec un solde négatif des fonds propres de 40 millions d'euros. En clair, le total des arriérés représente plus de deux fois le budget annuel du parti. Cette dette se répartit en deux principaux postes sensiblement équivalents: «le financement des pertes sur les exercices antérieurs» et celui de «l'acquisition immobilière» du siège, rue de Vaugirard à Paris.

«L'UMP n'est pas du tout en cessation de paiement si on poursuit le plan de redressement»

Depuis la fin de l'année dernière, un léger mieux aurait été constaté. Un emprunt d'environ 6 millions d'euros, contracté à l'automne pour joindre les deux bouts, aurait déjà été remboursé, et le parti serait même parvenu à dégager un excédent d'environ 3 millions. Au 30 juin, la dette aurait ainsi été ramenée à 74,5 millions. Autant d'éléments qui augurent une éclaircie dans le ciel lourd de l'UMP. Selon le cabinet AdVolis, «la situation de trésorerie de l'instance nationale, positive à fin juin 2014, devrait lui permettre d'éviter de recourir à des facilités de trésorerie sur l'exercice en cours». Contrairement aux craintes de certains cadres du parti, la menace d'une cessation de paiement ne serait pas fondée. À au moins une condition cependant: que la direction s'engage dans «un pilotage resserré des dépenses du parti», selon la formule de l'audit. «À réduire drastiquement la voilure», selon l'expression d'un cadre. Pour cela, le directoire des anciens premiers ministres et le secrétaire général Luc Chatel disposent de trois leviers qu'ils devront actionner en même temps.

Regagner la confiance

D'abord, il faut «maintenir» les dépenses de fonctionnement du siège national - «masse salariale comprise», précise l'audit - «à un niveau annuel de 15 M€, en diminution de 20 % par rapport à 2013». Le départ de certains cadres et les procédures engagées contre l'ancien directeur général, Éric Cesari, la directrice financière, Fabienne Liadzé, et le directeur de la communication, Pierre Chassat, pourrait y contribuer, Luc Chatel excluant le recours à un plan social.
Deuxième levier: les dépenses plus spécifiquement «politiques». La coupe est là très sévère. Pour les trois années à venir, l'UMP devra se contenter de 19 millions d'euros, en tout et pour tout, pour «l'animation politique». Cela comprend la propagande, les campagnes électorales, mais également l'organisation des manifestations du parti. Les dernières réunions du conseil national - le parlement du parti qui est convoqué au moins une fois par an - étaient budgétées entre 2 et 3 millions d'euros à elles seules. À titre de comparaison, sur les exercices 2002-2007 et 2007-2012, l'ensemble de ces dépenses était d'environ 40 millions: l'UMP devra boucler le quinquennat en cours avec moitié moins.
Le dernier levier, enfin, est peut-être le plus délicat à manier. Il s'agit, a minima, de conserver un niveau de dons et de cotisations constant. Adhérents et donateurs s'étaient fortement mobilisés pour éponger les dettes de la campagne présidentielle après le rejet des comptes de Nicolas Sarkozy en 2013, mais sont depuis passablement agacés par les nouvelles péripéties. L'UMP devra regagner leur confiance.
Autant de mesures qui devraient permettre de ramener la dette à 55 millions fin 2017. Une «renégociation des échéances bancaires» permettrait alors les moyens nécessaires à la prochaine campagne présidentielle. Au bureau politique, Alain Juppé a résumé la situation: «L'UMP n'est pas du tout en cessation de paiement si on poursuit le plan de redressement.» Le prochain président de l'UMP est prévenu.

LeFigaro
 

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