Lien vers ce message 03 Juin 2015, 1:02
Par Louise Horvath Publié le 02-06-2015 à 15h55 sciencesetavenir.fr

L'intelligence sociale des fourmis fascine depuis toujours. Pour transporter ce mille-pattes, les insectes font une fois de plus preuve d'une ingéniosité remarquable en utilisant les lois de la physique à leur avantage !

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Ces fourmis du genre Leptogenys forment des chaines qui leur permettent de tirer des proies bien plus lourdes qu'elles. © BeesUnlimited/YouTubeCes fourmis du genre Leptogenys forment des chaines qui leur permettent de tirer des proies bien plus lourdes qu'elles. © BeesUnlimited/YouTube


CHAINES. Ni les prédateurs gigantesques ni les travaux herculéens n'arrêtent les fourmis. En coopérant, les insectes dépassent les quelques désavantages dont la nature les a doté, notamment leur petite taille. Dans ces vidéos tournées en Asie, des fourmis du genre Leptogenys montrent un comportement déroutant : pour porter un myriapode beaucoup plus grand qu'elles, elles abandonnent le traditionnel transport par agglomération autour de l'animal capturé et forment de véritables chaînes! Les mandibules d'une seconde fourmi s'ancrent au gaster (la partie terminale de l'abdomen) de la première. L'ensemble forme une cordée puissante, dont la force surpasse celle des formations au coude à coude, car là les forces des insectes se cumulent. La technique est si efficace qu'elle permet même aux animaux de porter leur lourde charge à la verticale !



© BeesUnlimited/YouTube

A première vue, il semblerait pourtant plus simple de découper le mille-patte tropical et transporter les morceaux obtenus. Mais en vérité, il n'en est rien ! Car le découpage est une opération lente, "elle peut durer une heure, donc permettre à un oiseau de leur voler la proie", explique Alain Dejean, Professeur à l’université Paul-Sabatier Toulouse III et myrmécologue. Les Leptogenys choisissent donc de mettre l'animal à l'abri au plus vite. Quitte à devoir redoubler d'ingéniosité.

Cet abri n'est pas une fourmilière. "Elles n'ont pas de vrai nid, mais un bivouac provisoire" précise le myrmécologue. Un pseudo-nid vivant créé chaque soir dans les renfoncements d'un tronc ou dans un terrier par l'empilement des fourmis en une formation ronde. Ces insectes présentent en effet un comportement dit "légionnaire" : elles sont cycliquement nomades et chassent en grand nombre le jour puis se restaurent la nuit dans les bivouacs qu'elles forment. Ceux-ci obéissent à une configuration particulière : au centre se trouvent les œufs et la reine. Puis, de plus en plus vers la périphérie : les jeunes travailleuses, les travailleuses âgées et les soldats. Le bivouac ne se pose que quelques semaines le temps qu'une génération de fourmis atteigne sa maturité et que l'autre soit pondue puis devienne larve. La course reprend alors, jusqu'à la prochaine ponte.

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© "Army ant Eciton Burchelli" /Polytechnic University of Milan/ "Enrica Lo Cicero, DensityDesign Research Lab"/ CC BY-SA 4.0/ Wikimedia Commons

 

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